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Alors que des dizaines de cas supplémentaires de coronavirus ont été confimés sur le Diamond Princess, portant à ce vendredi à 61 le nombre de personnes infectées à bord du paquebot placé en quarantaine au Japon, les opérations deviennent de plus en plus compliquées pour les compagnies exploitant des navires en Asie. Depuis plus de deux semaines, tous les paquebots opérés au départ des ports de la Chine continentale sont à l’arrêt ou redéployés ailleurs dans la région. Quant à ceux qui y transitent, dans le cadre par exemple de croisières autour du monde, les itinéraires ont été modifiés. Mais de jour en jour les opérations sont un peu plus difficiles. Hong Kong, qui avait été jusqu’ici épargné, a désormais fermé ses terminaux croisière suite à des cas suspects sur le World Dream, qui est depuis mercredi placé en quarantaine à quai avec plus de 3500 personnes à bord.

 

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© MER ET MARINE - KI

Le World Dream à Hong Kong - archives (© : MER ET MARINE - KI)

 

Les passagers du Diamond Princess confinés dans leurs cabines

Au Japon c’est donc le Diamond Princess qui est sous le feu des projecteurs. Arrivé le 3 février à Yokohama, il avait été immédiatement mis à l’isolement afin d’être minutieusement inspecté par les autorités sanitaires nippones. Celles-ci avaient en effet eu connaissance qu’un passager présent sur le navire du 20 au 25 janvier avait développé la maladie six jours après son débarquement à Hong Kong. Les tests pratiqués ont révélé au moins d'abord 10, puis 20 et maintenant 61 cas de coronavirus à bord du Diamond Princess. Reparti brièvement en mer pour refaire de l’eau douce, le navire est revenu à quai hier. Les malades ont été débarqués et hospitalisés mais environ 3700 passagers et membres d’équipage sont bloqués à bord, sous le coup d’une période de quarantaine de 14 jours imposée par les autorités japonaises. Les passagers, laissés initialement libres de leurs déplacements à bord, sont maintenant confinés dans leurs cabines, tuant le temps comme ils peuvent.  

Le Westerdam refoulé des Philippines et du Japon à cause d’un cas suspect

Hier, les autorités japonaises ont refoulé un autre paquebot, le Westerdam d’Holland America Line, d’une capacité de 2000 passagers et qui a récemment fait escale à Hong Kong. Motif : un cas suspect à bord. Sans même attendre de savoir si le malade était ou non atteint du coronavirus, le premier ministre japonais a annoncé qu’aucun passager étranger ne serait autorisé à descendre du navire.

Taïwan ferme ses ports aux paquebots

Le Westerdam, qui n’avait déjà pas pu s’arrêter aux Philippines pour les mêmes raisons, reste en mer et navigue actuellement au large de Taïwan. Une île où les paquebots ne peuvent désormais plus s’arrêter, les autorités ayant interdit depuis hier les escales de navires de croisière dans les ports taïwanais, y compris ceux qui y sont exploités en tête de ligne. Ce qui réduit un peu plus les marges de manœuvre des armateurs, qui au rythme où les choses vont risquent de n’avoir bientôt plus d’options dans la région.

13% du marché mondial hors croisiéristes internationaux

Ce qui pose évidemment la question du futur proche de la croisière dans la région, et l’impact global de cette situation sur l’industrie. En 2018, le marché asiatique représentait 4 millions de passagers (dont 60% venant de Chine continentale) pour un total de 78 paquebots exploités dans la région au cours de l’année, de passage, exploités saisonnièrement ou y étant basés à l’année. Des chiffres prévus pour être au moins équivalents en 2019, ce qui représente environ 13% du marché mondial (30 millions de passagers). Et plus si on y ajoute les passagers internationaux voyageant sur les paquebots naviguant dans la zone.

Conséquences potentiellement sérieuses sur les compagnies

Pour les armateurs, en particulier les groupes très présents en Asie (Carnival, Royal Caribbean et Genting notamment), les conséquences ne sont donc pas anodines et les pertes vont être très importantes, surtout si la crise dure et les problèmes s’accumulent. D’autant que si l’épidémie de coronavirus est pour le moment essentiellement cantonnée en Chine, la psychose face à cette maladie et les mesures mises en place pour éviter qu’elle se répande dans le monde incitent de nombreux clients à différer leurs vacances. Un problème qui touche évidemment tout le secteur du tourisme actuellement. Plusieurs compagnies confirment, sans surprise, que les réservations sont en baisse, y compris en Europe. Un certain nombre de passagers craignent les risques d’infection, mais aussi de potentiellement devoir rester sur le quai au moindre signe de toux ou de fièvre, d’être confronté à des croisières perturbées par la découverte de cas suspects (comme sur le Costa Smeralda la semaine dernière en Italie) ou pire encore de se retrouver en quarantaine, à l’image des passagers du Diamond Princess.  

Cours de bourse à la baisse

Sur les places boursières, les compagnies cotées, qui avaient atteint des sommets fin 2019, subissent logiquement cette situation aux développements incertains. Même si pour le moment le pire des scénarios, à savoir un ou plusieurs paquebots mis en quarantaine en Europe ou aux Etats-Unis, est évité, les marchés se montrent méfiants. Ainsi, le cours de l’action Royal Caribbean est passé de 135.05 dollars le 17 janvier à 126.59 dollars le 23 janvier (jour où l’OMS a reconnu la transmission interhumaine du coronavirus apparu en décembre dans la ville de Wuhan) et à 117.39 dollars hier. Quant à celle de Carnival, qui était de 51.9 dollars le 17 janvier, elle était hier tombée à un peu moins de 44 dollars. Même le titre de NCLH, qui n’a pourtant plus de navire basé en Chine, est aussi orienté à la baisse, avec une action passée de 59.65 dollars le 17 janvier 55.10 dollars hier. Des niveaux qui restent cependant dans la moyenne des cours sur l’année écoulée.

 

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