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Hantise des compagnies de croisière, la découverte d’un cas de coronavirus sur un paquebot ne s’est pas encore produite. Mais les armateurs ont clairement senti le vent du boulet la semaine dernière lorsque le Costa Smeralda, avec 5027 passagers et 1628 membres d’équipage à bord, s’est retrouvé confiné le 30 janvier dans le port italien de Civitavecchia après une suspicion de contamination sur une passagère chinoise. Par chance, celle-ci n’était atteinte que d’une grippe commune et le navire a pu repartir avec 24 heures de retard, après le résultat des tests médicaux et ses opérations d’embarquement et de débarquement de passagers effectuées à Civitavecchia.

Dès le 31 janvier, l’association internationale des compagnies de croisière (CLIA), réunissant l’essentiel des acteurs du secteur, annonçait un renforcement des mesures de prévention déjà mises en place pour éviter qu’une personne malade monte à bord d’un navire. Cela, partout dans le monde. Ainsi, tout membre d’équipage ou passager étant passé par la Chine continentale dans les 14 jours qui précédaient s’est vu refuser l’accès à bord. Une période que certaines compagnies, comme MSC Cruises, ont même porté à 30 jours. Alors que les passagers remplissent depuis longtemps un questionnaire médical avant d’embarquer (qui ne repose cependant que sur la bonne foi de ceux qui les remplissent), les clients sont désormais tenus d’annoncer en plus s’ils se sont récemment rendus en Chine.

Des contrôles de température sur les passagers et les membres d’équipage, notamment par détecteurs thermiques, ont par ailleurs été mis en place aux embarquements. « Toute personne montrant le moindre signe ou symptôme de la maladie comme de la fièvre (≥38 C°), un état fiévreux, des frissons, une toux ou des difficultés respiratoires se verra refuser l’accès à bord », indique MSC Cruises. Chez Costa, on se montre un peu moins catégorique : « Tout signalement ou détection de symptômes de maladie lors du dépistage avant l'embarquement peut être géré par des professionnels de la santé afin de permettre au cas par cas de décider en connaissance de cause si un passager ou un membre d'équipage ne peut pas embarquer », explique la compagnie italienne, qui entend faire preuve de discernement. Car en pleine période hivernale, avec son lot de petits coups de froid ou de chocs thermiques pour ceux qui partent vers des destinations ensoleillées, les nez qui coulent sont fréquents, et il ne s’agit heureusement pas de coronavirus.

De telles mesures pourraient d’ailleurs coûter cher aux compagnies car elles risquent fort d’inciter une partie de la clientèle à reporter l’achat d’une croisière dans les temps qui viennent, plus par peur de ne pouvoir monter à bord au moindre éternuement qu’à cause du coronavirus.

Les armateurs n’ont cependant pas vraiment le choix car ils sont bien placés pour savoir qu’à bord d’un univers confiné tel un paquebot, les maladies se propagent très rapidement. D’où cette obsession constante du personnel pour le nettoyage et la désinfection. A plusieurs reprises, des épidémies de norovirus (gastro-entérite) ont d’ailleurs entrainé la mise en quarantaine de navires, certains se voyant refuser de faire escale dans les ports par les autorités locales. Par conséquent, compte tenu de la tension qui règne autour du coronavirus, les opérateurs redoutent plus que tout de se retrouver avec un bateau et plusieurs milliers de passagers confinés à bord sur une période plus ou moins longue. Ce qui aurait au-delà des enjeux sanitaires des conséquences économiques désastreuses.

Déjà, les armateurs exploitant des paquebots en Asie, comme Costa, RCCL, Genting ou MSC, subissent directement les conséquences de l’épidémie, les navires opérés au départ des ports chinois étant à l’arrêt depuis une dizaine de jours. Certains ont pu être repositionnés alors qu’une partie de la flotte a été contrainte d’adapter ses itinéraires en supprimant les escales considérées à risque.

 

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