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Le 28 avril, le nouveau navire de Croisières de France a été inauguré à Marseille. Plus de 1000 invités étaient conviés à découvrir l'Horizon, qui remplace le Bleu de France, vendu à la compagnie britannique Saga Holidays. Cette inauguration fut l'occasion d'apprécier l'Horizon, qui vient de subir une importante refonte à Marseille, mais aussi de faire le point sur l'évolution de la compagnie. Le moment était très attendu par les professionnels du tourisme car CDF, depuis son lancement au printemps 2008, s'est forgé une belle réputation avec le Bleu de France. Le remplacement de son unique navire, qui fut la base de son succès, est donc un challenge, une évolution qu'il convient de gérer avec un certain doigté, notamment avec les clients fidèles, qui doivent trouver de nouveaux repères. L'Horizon (© : CDF) Un navire plus grand et plus récent Long de 207 mètres pour une jauge de 46.800 tonneaux, l'Horizon dispose de 720 cabines, contre seulement 374 pour le Bleu de France, qui mesurait 200 mètres et présentait une jauge de 37.000 tonneaux. Cette hausse importante de la capacité va permettre à CDF de poursuivre sa croissance, avec 56.000 passagers attendus cette année, contre 35.000 en 2011. Pour Croisières de France (filiale de la compagnie espagnole Pullmantur, appartenant elle-même au groupe américain Royal Caribbean Cruises), le changement de navire offre d'autres avantages. D'abord, l'Horizon est plus récent, puisqu'il a été construit en 1990, alors que l'ex-Bleu de France date de 1981. Plus optimisé, le nouveau navire offre une meilleure rentabilité. De plus, il dispose de 68 cabines avec balcon, contre seulement 6 sur son prédécesseur, ce qui permet à CDF de répondre à une demande du marché, tout en élargissant sa gamme tarifaire au niveau des cabines et, ainsi, capter une clientèle plus large. L'Horizon dispose enfin d'une véritable salle de spectacle, avec un grand théâtre, ce dont était dépourvu le Bleu de France. Plus grand que son aîné, l'Horizon demeure cependant un navire à taille humaine, surtout si on le compare aux gigantesques paquebots mis en service ces dernières années. « L'Horizon est un navire sur mesure, parfaitement adapté. Il est plus grand que le Bleu de France mais ce n'est pas un gros navire. On peut donc conserver, à bord, une vraie convivialité. Par rapport à notre premier navire, il s'agit d'une évolution mais pas d'une rupture. Et nous sommes très contents des travaux de rénovation qui ont été réalisés à Marseille », se félicite Antoine Lacarrière, directeur général de Croisières de France. L'Horizon lors de sa refonte (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) La réception après refonte (© : CDF) Le pont piscine après refonte (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Une refonte presque parfaite Construit initialement pour Celebrity Cruises, également filiale de RCC, l'Horizon a été basculé en 2005 chez Island Star, une autre marque du groupe américain, avant d'être transféré en 2008 chez Pullmantur, où il a été rebaptisé Pacific Dream avant de reprendre son nom initial en 2010. Avant de faire ses débuts chez Croisières de France, le navire a bénéficié d'une importante refonte à Marseille, à l'issue de laquelle il arbore une livrée bleue et blanche. Les travaux, qui ont duré trois semaines, ont été importants et constituent, dans l'ensemble, une belle réussite. Les ponts extérieurs ont, ainsi, été refaits, avec du nouveau mobilier, un revêtement de sol vert « imitation pelouse » sur les niveaux les plus élevés et à la poupe (où l'on trouve de petits espaces assez intimistes), ainsi que l'ajout de grands pots avec des arbustes et plantes synthétiques, qui habillent parfaitement ces espaces. Le pont piscine, qui compte deux bassins et deux bains à remous, a également été rénové, avec un nouveau revêtement plus gracieux. Alors que les transats vont recevoir des housses blanches, ce qui améliorera le confort, sur les côtés du Zéphir Bar & Lounge, CDF a eu l'excellente idée d'installer de petits salons, élégants, intimistes et très confortables, avec une vue imprenable sur la mer au travers des baies vitrées. Le pont piscines compte toujours une scène, où se produisent des orchestres, et un bar ouvert jusqu'à minuit, ce qui autorise des fêtes nocturnes en extérieur. L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : CDF) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) En allant vers l'arrière, le pont piscine donne sur le Marché Gourmand, qui n'est autre que le buffet du navire. Ce restaurant a été totalement remis à neuf pour offrir un joli espace bien agencé, confortable et plaisant. Il s'ouvre à l'arrière sur une vaste terrasse extérieure protégée du soleil, dotée d'un grill et permettant aux passagers de prendre leur petit déjeuner ou leur déjeuner en plein air. Là aussi, le mobilier a été changé, des plantes installées et le bois du pont bien poncé. Il est, également, désormais possible de dîner au Marché Gourmand, une partie du restaurant étant ouvert en soirée pour les passagers souhaitant profiter de la mer et de l'air libre, dans une ambiance plus décontractée qu'au restaurant principal. Ce dernier, baptisé le Splendide, a lui aussi bénéficié de la refonte, avec une nouvelle décoration, là aussi très réussie, et une nouvelle organisation des tables. On peut, ainsi, dîner en couple, à quatre ou à six, ce qui offre une configuration plus intimiste que les grandes tablées faisant souvent office de standard dans la croisière. Côté nourriture, la carte est élaborée par le chef parisien Francis Lévêque, la cuisine du bord étant placée sous la responsabilité de Pierre Le Boulluec. Ce que nous avons mangé à bord était dans la lignée du Bleu de France : simple, bon et efficace. L'Horizon : Le Marché Gourmand (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon : Le Marché Gourmand (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le Marché Gourmand (© : CDF) L'Horizon : La terrasse du Marché Gourmand (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon : La terrasse du Marché Gourmand (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon : La terrasse du Marché Gourmand (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon : La terrasse du Marché Gourmand (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le restaurant Le Spendide (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le restaurant Le Spendide (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le restaurant Le Spendide (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Les autres espaces intérieurs ont été profondément rénovés durant le passage au chantier marseillais. C'est le cas de la réception et du bureau des excursions, mais aussi du grand théâtre, qui compte 813 places assises sur deux niveaux, ainsi que du casino, qui a vu ses moquettes et sa décoration refaites. La remise a neuf a également concerné les bars, comme le très beau Café Moka, avec son salon à l'esprit yachting, où encore le Rendez-Vous, situé près du Splendide, où l'on peut prendre un verre avant de se rendre au restaurant. A l'arrière du pont 8, le navire compte un très bel ensemble arborant un design rappelant les navires d'antan, avec de jolies boiseries et une décoration classique. Il y a la salle de jeux de cartes, la bibliothèque très confortable et dotée de nombreux livres en Français, ainsi que le James. Ce dernier est un piano bar à l'atmosphère cosy où l'on peut apprécier des concerts de jazz et de blues, tout en dégustant des boissons de prestige. On notera que les consommations dans ce bar sont payantes. La réception (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'entrée du Théâtre (© : CDF) Le Théâtre (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le Théâtre (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le Café Moka (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le Café Moka (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le Bar Le Rendez-Vous (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Vers la bibliothèque, le James et la salle de cartes (© : CDF) Le salle de jeux de cartes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) La bibliothèque (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) La bibliothèque (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) CDF propose en effet une formule tout inclus sur une sélection de vins, ainsi que les boissons dans les bars et les restaurants. Seuls les vins et spiritueux haut de gamme ne sont pas concernés et font l'objet d'un supplément. Dans le prolongement du James, de la bibliothèque et de la salle de jeux de cartes, se trouve le Saphir, une vaste discothèque, d'ailleurs étonnamment grande pour un bateau de cette taille, avec un bar, une piste de danse et de nombreux canapés et fauteuils. On notera qu'il est interdit de fumer dans l'ensemble du navire, y compris le casino, les cabines et les balcons. Mais la plupart des espaces publics sont situés à proximités des ponts extérieurs, qu'il s'agisse des niveaux supérieurs ou du pont promenade, très dégagé et qui fait le tour du navire par la poupe. Les accros à la nicotine peuvent donc très facilement aller fumer une cigarette dehors. Le casino (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le casino (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le casino (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) La discothèque (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le pont promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Parmi les autres espaces dont dispose l'Horizon, on citera le centre de bien-être, installé au pont 12, à l'arrière et en haut du navire, où se situe également un vaste solarium où les passagers peuvent prendre un bain de soleil. CDF dispose enfin d'une vraie salle de sport, ce qui était l'un des points faibles du Bleu de France. Lors de la refonte, les machines ont d'ailleurs été remplacées par des équipements neufs. En revanche, le Spa est moins bien loti que sur le précédent navire. Il faut dire que, lors de sa refonte en 2008, le Bleu de France avait bénéficié d'importants investissements à ce niveau, avec la construction dans les fonds du navire d'un Spa flambant neuf, très réussi et doté d'une piscine, ainsi que de différents saunas et hammams. Dans le cas de l'Horizon, la compagnie devait composer avec des contraintes structurelles. La localisation et la configuration du centre de bien-être, en haut du bateau, ne permettait pas d'ajouter une piscine. Le Spa a donc été uniquement remis à neuf, ce qui lui donne assurément un coup de jeune. Il dispose d'un salon de beauté avec coiffeur, de salles de soins pour les massages et autres traitements, mais pas de hammams. On trouve néanmoins des saunas dans les vestiaires séparés hommes/femmes, les couples devant donc se séparer pour profiter de cette activité. Le solarium devant la salle de sport (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le solarium devant la salle de sport (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) La salle de sport (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Le coiffeur (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Salle de soins (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Vestiaire et sauna (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon est, également, doté d'un club pour les enfants et adolescents, avec une salle de jeux et un espace extérieur dédiés, une équipe d'animation, des activités en fonction des âges (3 - 7 ans, 8 - 12 ans, 13 - 17 ans), ainsi qu'une salle de jeux vidéos. Pour les adultes, des boutiques détaxées sont ouvertes lorsque le navire est en mer (comme le casino). Enfin, on notera la présence d'un espace Internet et d'une belle salle de réunion d'une trentaine de places, qui peut notamment servir lors de séminaires d'entreprises. Club Enfants (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Boutique (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Salle de réunion (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Coursive vers les boutiques (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) L'Horizon est doté de trois rangées d'ascenseurs (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU) Côté cabines, 11 catégories sont disponibles, de la cabine intérieure Découverte, accessible aux petits budgets, à la Suite Royale avec balcon. Au cours de la refonte, la literie a été changée et des éléments de décoration ajouté, alors que des écrans plats sont en cours d'installation dans les cabines. Celles dotées d'un balcon comportent sur celui-ci une table et des fauteuils permettant de profiter au mieux de la mer. La télévision donne accès à différentes chaines (dont France 24 et TV5 Monde), ainsi que des informations pratiques, complétant le journal de bord déposé quotidiennement en cabine et détaillant toutes les activités du jour. Dans l'ensemble, les cabines, bien que globalement plus petites que sur le Bleu de France (où les surfaces étaient en général très importantes au regard des standards actuels), sont confortables et agréables. Toutes n'ont, cependant, pas été totalement remises à neuf durant le chantier à Marseille. Suite Royale (© : CDF) Junior Suite avec balcon (© : CDF) Junior Suite (© : CDF) Cabine Prestige avec balcon (© : CDF) Cabine Prestige (© : CDF) Cabine Confort (© : CDF) Cabine Découverte Intérieure (© : CDF) Balcon d'une cabine prestige (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Balcon d'une cabine prestige (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Balcon d'une cabine prestige (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) C'est l'une des raisons pour lesquelles nous écrivons que la refonte est « presque » parfaite. Car, et c'est vraiment dommage compte tenu des très grands efforts consentis dans de nombreux espaces, tous les locaux n'ont pas bénéficié d'une rénovation. Ainsi, des cabines peuvent accuser leur âge sur certains points, souvent des détails, mais que les habitués des croisières remarqueront inévitablement. Le plus étonnant demeure toutefois l'absence de rafraîchissement des coursives donnant sur les cabines, avec leurs moquettes éprouvées et leurs cloisons d'origine, que de nouveaux tableaux ne parviennent pas à rajeunir. Espérons que, rapidement, la compagnie saura remédier à cette petite ombre sur un tableau globalement très réussis. Balcon d'une cabine prestige (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Un produit français dans un univers international Le concept de CDF porte sur des croisières « 100% francophones » destinées au marché hexagonal. Les cartes des restaurants et des bars, les journaux de bord, les panneaux d'orientation, les annonces et les animations sont en langue française. Sans oublier évidemment la cuisine aux saveurs tricolores. Ceux qui ont connu Croisières de France dès ses débuts remarqueront néanmoins que le produit s'est, au fil des ans, internationalisé au niveau de l'équipage. En 2008, la compagnie se distinguait par la présence à bord de nombreux Français, à commencer par un commandant, mais aussi des serveurs, barmen, artistes et même quelques cabiniers, même si, pour cette dernière catégorie, ce n'était pas la majorité du genre. Cette francisation du personnel était un vrai plaisir pour les passagers francophones, notamment du fait qu'elle facilitait la communication et donnait vraiment le sentiment d'être sur une compagnie tricolore. Quatre ans plus tard, les choses ont changé. Certes, le directeur hôtelier, le directeur de croisière, le chef cuisinier et quelques personnels, notamment au niveau de l'animation, sont Français. Mais l'énorme majorité des 650 membres d'équipage est internationale, à l'instar de ce que l'on constate dans la plupart des compagnies de croisière. Ainsi, sur l'Horizon, le commandant est Roumain, le second Cubain, le chef mécanicien Croate, le responsable des animations Espagnol, le responsable des restaurants et celui des bars Portugais, le responsable du Spa Maltais et celui des boutiques Péruvien. Quant à la troupe se produisant au théâtre (8 danseurs), elle est Brésilienne. Même le médecin du bord est originaire du Guatemala. Cela ne pose évidemment pas de problème de compétence, le professionnalisme n'ayant pas de frontière, mais pour un produit dédié prioritairement au marché hexagonal, on peut regretter qu'il n'y ait pas plus de Français à bord. Au niveau du service, comme on a pu le constater lors de l'inauguration, des efforts doivent encore être faits pour que tous les personnels au contact de la clientèle parlent mieux Français. Car, des fois, il est presque impossible de se faire comprendre autrement qu'en Anglais ou en Espagnol. Le fait que ce ne soit pas CDF mais sa maison-mère Pullmantur, depuis l'Espagne, qui gère le navire, explique sans doute cette situation. De plus, le travail des personnels navigants étant généralement très dur, il est difficile de trouver des Français volontaires pour occuper ces postes. « Les personnels sont sélectionnés depuis Madrid. Ce sont des contrats longs, de 5 mois, où l'on travaille 7 jours sur 7. En France, nous n'avons pas de formation pour les métiers de la croisière, qui ne sont pas valorisés ici, peu de jeunes voulant embrasser cette profession », reconnait Antoine Lacarrière. Reste que certaines fonctions symboliques, comme celle du commandant, auraient pu être confiées à des Français - il y a des officiers sur le marché - comme c'est le cas pour la direction hôtelière ou la cuisine. Le Bleu de France en 2008 (© : CDF) Une progression fulgurante depuis 2008 En quatre ans CDF a connu un très beau développement. Le nombre de passagers transportés (60.000 en 2013 contre 18.000 en 2008) et le chiffre d'affaires (non communiqué) auront été multipliés par trois en cinq ans. Le taux de satisfaction est pour l'heure très élevé, soit 92%, mais la compagnie ne dispose pas encore de chiffres concernant l'Horizon, qui n'a réalisé jusqu'ici que trois croisières, la première étant marquée par quelques aléas techniques après la sortie de chantier. Alors que CDF est devenue la seconde compagnie pour les embarquements à Marseille, le taux de remplissage a, également, fortement augmenté, dépassant les 100% pour la troisième année consécutive. En termes de réservations, l'introduction de l'Horizon est une réussite. Le navire, qui sera exploité pour le compte de CDF jusqu'en octobre (il passera l'hiver au Brésil), est selon la direction d'ores et déjà rempli à 90% jusqu'à la fin de la saison. Ce taux de remplissage élevé tient notamment au fait que CDF travaille beaucoup avec des groupes, qui représentent 40% des passagers embarqués. Ainsi, le navire a été retenu par le voyagiste marseillais TMR, qui affrétait auparavant des bateaux de Costa. Dans ces conditions, deux questions se posent. D'abord, la possibilité d'exploiter l'Horizon à l'année, c'est-à-dire également en hiver. En 2008, une première tentative aux Antilles avait été réalisée avec le Bleu de France. Cette saison hivernale n'avait pas rencontré le succès espéré, peut-être en raison du lancement timide de la compagnie, créée en août 2007 et dont les actions marketing sont restées presque confidentielles jusqu'à l'arrivée du Bleu de France en mai 2008. Peut-être, aussi, fallait-il laisser le temps au produit de se développer. Les Antilles demeurent en tous cas une destination très prisée, en métropole comme localement, et elles connaissent un fort développement de l'offre en termes de croisières. CDF pourrait donc y trouver sa place. « On se pose des questions. Nous aimerions notamment pouvoir proposer des croisières en hiver et il faudra y penser rapidement », confie Antoine Lacarrière. L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) La question du second navire Compte tenu du taux de remplissage actuel de l'Horizon, la question d'affecter un second navire à la compagnie est, également, clairement posée. « Pullmantur est très confiante dans le développement de la compagnie mais aucune décision n'est prise », assure Antoine Lacarrière. Sur cette hypothèse, le patron de CDF n'est pas très bavard. Ce qui n'empêche pas les observateurs de voir certaines pistes potentielles émerger. Ainsi, au printemps 2013, le Monarch of the Seas quittera Royal Caribbean International pour être versé à la flotte de Pullmantur, qui a déjà intégré l'un de ses deux sisterships, le Sovereing, début 2009. Pour mémoire, ces navires ont été construits par les chantiers de Saint-Nazaire et livrés en 1988 et 1991. Il s'agit de paquebots de 268 mètres, 73.200 tonneaux et 1200 cabines. CDF, qui commercialise aussi les croisières de Pullmantur en parallèle de son propre produit, a semble-t-il bien vendu le Sovereign en Méditerranée, avec des retours apparemment plutôt positifs. Alors que Pullmantur rencontre des difficultés sur le marché espagnol en raison de la crise, très dure, qui frappe la péninsule ibérique, le transfert l'an prochain du Monarch représentera peut-être une hausse de capacité complexe à gérer pour le groupe espagnol. De là à imaginer que le navire serait finalement versé à CDF, il n'y a qu'un pas qui, s'il n'est pas assuré, n'est pas non plus totalement hasardeux. Mais il y a aussi d'autres possibilités, comme un transfert du Sovereign, ou bien de l'Empress (ex-Empress of the Seas de RCI). Egalement construit en 1990 à Saint-Nazaire, ce navire a été transféré en 2008 à Pullmantur. Long de 211 mètres pour une jauge de 48.500 tonneaux, il dispose de 800 cabines, ce qui en fait une unité plus proche de l'Horizon en termes de taille. Il reste enfin la possibilité de transférer le Zenith (1992), une option encore plus logique puisqu'il s'agit du sistership de l'Horizon. Le Sovereign (© : PULLMANTUR) L'Empress (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Il conviendra donc de voir quelles décisions seront prises en Espagne quant à l'éventuel accroissement des moyens navals de CDF. La question n'est, en tous cas, pas si simple qu'il y parait. En effet, si le taux de remplissage de l'Horizon est excellent, ajouter un nouveau navire reviendrait, au minimum, à doubler la capacité de la compagnie, et même plus encore si l'on compte une saison hivernale. De 56.000 passagers, CDF devrait passer à plus de 100.000 clients à l'année, un saut qu'il sera extrêmement compliqué de mener à bien rapidement avec le seul marché français. Surtout que celui-ci, certes en forte croissance, fait l'objet d'une concurrence très vive. Dans ce contexte, le groupe Royal Caribbean, en plus de CDF, doit en outre assurer le développement en France de RCI, compagnie pour laquelle il a ouvert un nouveau bureau en 2011 et consenti d'importants investissements. Même si les produits sont différents, il convient pour Royal de prendre garde à ce que la montée en puissance trop rapide de l'une de ses filiales ne se fasse pas au détriment de l'autre. Le groupe devra donc jouer finement le développement de ses différentes marques, un rapprochement à terme des équipes parisiennes n'étant d'ailleurs pas à exclure. L'Horizon (© : CDF) L'ajout d'un nouveau navire pourrait, en tous cas, permettre à CDF de poursuivre sa croissance et de proposer de nouvelles destinations, notamment en Europe du nord. Quant au remplissage, les bateaux de la compagnie pourraient s'ouvrir à une clientèle internationale, avec par exemple des embarquements en Italie et en Espagne. Antoine Lacarrière ne s'y oppose pas : « Si l'on peut faire des embarquements à l'étranger, pourquoi pas. Nous ne sommes pas sur un produit 100% français, uniquement pour des Français, mais sur un produit 100% francophone. Nous ne sommes pas enfermés sur nous-mêmes et pourrions faire connaître à l'étranger la culture et l'art de vivre à la française ». La porte est donc ouverte, alors que de premiers embarquements en dehors de France pourraient débuter en 2013. Pour la compagnie, déjà ouverte aux Belges et aux Suisses, cette ouverture à des passagers étrangers francophones permettrait d'élargir la base de la clientèle et de répondre à un éventuel bond capacitaire lié à l'arrivée d'un nouveau paquebot. Mais, si tel est le cas, CDF devrait toutefois, pour conserver ses clients fidèles, faire attention à ne pas trop internationaliser son produit et conserver l'esprit qui, depuis quatre ans, fait son succès. L'Horizon à Marseille (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Des destinations plus variées en 2013 Côté destinations, pour sa saison inaugurale, l'Horizon réalisera une quarantaine de traversées au départ de Marseille. La plupart de ces croisières dureront 8 jours et 7 nuits, avec deux itinéraires en alternance. Plus culturelle, la croisière « Tutti Frutti » fait escale à Santa Margherita ( Portofino), Civitavecchia (Rome), Salerne, Tripani (Sicile) et La Valette (Malte), avant de revenir à Marseille. Baptisé « Paloma », le second itinéraire de l'Horizon, plus farniente, passe par La Maddalena (Sardaigne), Tunis, Ibiza, Mahon (Minorque) et Barcelone. En plus de ces traversées d'une semaine, CDF propose une dizaine de mini-croisières, toujours avec départ et retour à Marseille. D'une durée de 4 jours et 3 nuits, la « Sole Mio » fait escale à Livourne (Florence/Pise) et Santa Margherita (Portofino). Plus longue (5 jours et 4 nuits), la « Bella » rejoint quant à elle Ajaccio, La Maddalena et Santa Margherita. Grâce à ces mini-croisières, CDF espère élargir sa clientèle en touchant les petits budgets, mais aussi les vacanciers qui n'ont jamais fait de croisière et hésitent à tester le produit sur une semaine entière. Ces offres sont, en outre, de nature à séduire les groupes, notamment pour des séminaires. L'an prochain, CDF va se renouveler et faire évoluer sa programmation au départ de Marseille, ce qui permettra aux fidèles de découvrir de nouvelles destinations. D'une durée de 8 jours et 7 nuits, la croisière « Baila » touchera Barcelone, Valence, Mahon et Ajaccio. La croisière « Tosca » (8j/7n) proposera pour sa part des escales à Tunis, La Valette, Salerne, Civitavecchia et Gênes. L'itinéraire « Azzura » (8j/7n) passera quant à lui à Tunis, La Valette, Messine (Sicile), Civitavecchia et Ajaccio, alors que la « Médina » (8j/7n) s'arrêtera à Gibraltar, puis Casablanca et Tanger, au Maroc, avant de poursuivre vers Alicante et Palamos, en Espagne. Au programme également l'an prochain deux très belles croisières de 12 jours et 11 nuits. Baptisées « Odyssée », elles passeront à Messine puis rejoindront la Grèce, avec des escales à Katakolon, Athènes, Mykonos, Rhodes et Santorin, avant de revenir à Marseille via Salerne et Ajaccio. Enfin, les mini-croisières seront toujours d'actualité, avec la « Sole Mio » de 4 jours et 3 nuits avec escales à Gênes et Livourne, ainsi qu'une nouvelle traversée de 5 jours et 4 nuits vers les Baléares, baptisée « Olé » et permettant de découvrir Palma de Majorque, Ibiza et Mahon. A bord de l'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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