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Désarmer les navires les plus vieux et préparer l'arrivée de nouvelles unités. C'est, en substance, la stratégie que met actuellement en place Louis Cruises. A l'issue d'un important audit, la compagnie chypriote a décidé de remettre complètement à plat sa stratégie et son produit. Les décisions prises sonnent le glas des vieux navires, dont l'exploitation est devenue trop coûteuse et qui ne peuvent plus rivaliser avec les nouveaux paquebots géants arrivés en nombre en Méditerranée. Dès la fin de la saison, Le Calypso et le Coral, datant de 1967 et 1977, devraient être désarmés, alors que l'Orient Queen rejoindra le marché chypriote. En dehors de ce navire, Louis Cruises n'exploitera plus que les Louis Cristal et Louis Majesty, deux bateaux de 480 et 732 cabines âgés d'une vingtaine d'années et acquis en 2007 et 2009. Tous deux seront exploités en 2012 au départ d'Athènes, le premier sur des traversées d'une semaine et le second sur des mini-croisières de 3 et 4 jours vers les îles grecques. Pendant l'hiver, où la flotte était traditionnellement désarmée au Pirée, Louis Cruises a, par ailleurs, signé un accord avec Cuba Cruises pour l'affrètement du Cristal, qui naviguera dans les eaux cubaines durant l'hiver 2012/2013. A la recherche de nouveaux navires En attendant une nouvelle phase de développement, Louis Cruises se recentre donc sur son marché local. « Le marché de la croisière a évolué très vite ces dernières années et nous devons revoir complètement notre stratégie. Il y a énormément de nouveaux paquebots et, alors que le marché américain est plutôt stagnant, la Méditerranée fait office de solution pour tout le monde. Cela a un fort impact sur les prix dont le niveau a beaucoup baissé », explique Charis Papacharalambous. Dans un contexte de concurrence exacerbée, le directeur des ventes et du marketing de Louis Cruises explique que la compagnie préfère effectuer un retrait stratégique momentané sur ses positions historiques : « Nous allons retirer les anciens navires et quitter la Méditerranée occidentale jusqu'à ce que nous possédions de nouvelles capacités. Autour du Cristal et du Majesty, l'idée est d'homogénéiser la flotte, avec de nouveaux bateaux présentant un tonnage équivalent ». La compagnie est donc officiellement à la recherche de paquebots supplémentaires, plutôt sur le marché de l'occasion. « Nous réfléchissons toujours à des projets de constructions neuves, et il y aura sans doute des opportunités avec les chantiers dans les prochaines années. Mais ce n'est pas la priorité, d'autant que si nous construisions de nouveaux navires, nous aurions encore une disparité dans notre flotte. C'est pourquoi nous sommes plutôt, aujourd'hui, sur l'idée d'acquérir des navires de seconde main ». L'objectif serait de posséder une ou plutôt deux nouvelles unités vers 2013/2014. Rafraichir le produit D'ici là, le Cristal, et surtout le Majesty, devraient subir une modernisation. Pour le second navire, un ancien de NCL construit en 1992, l'ajout de balcons est évoqué sur certains ponts. Le paquebot devrait aussi bénéficier, peut-être dès cet hiver, d'une remise à niveau de certains espaces publics, qui n'ont pas été rénovés depuis longtemps. « L'idée est de rafraichir la décoration et de faire un bateau plus fin, accueillant et chaleureux », précise Charis Papacharalambous. Face aux mastodontes de la croisière, Louis Cruises estime avoir des cartes à jouer. « Nous sommes plus dans l'esprit traditionnel de la croisière, avec des navires à taille humaine. Dans les grandes compagnies, les navires deviennent la destination. Chez nous, cela reste les escales et nous avons de très beaux itinéraires en Grèce, que nous sommes les seuls à proposer ». Retour en France d'ici 2015 Le repositionnement stratégique de Louis Cruises va, malheureusement, impacter le marché français. Quelques mois seulement après avoir renforcé son équipe commerciale à Paris, la compagnie réduit la voilure. Il n'est, pour autant, pas question de retrait total. « Nous maintiendrons notre présence avec quelques personnes », assure Charis Papacharalambous. L'ampleur de la réduction d'effectifs en France, tout comme en Allemagne et en Grande-Bretagne, devrait être connue en fin d'année. Chez Louis Cruises, on reste quand même très attentif au marché français, qui a représenté cette année 40.000 passagers pour la compagnie, dont l'ensemble de l'activité devrait atteindre 225.000 passagers en 2011. Même si l'armement a annulé toutes les croisières prévues au départ de Marseille après la saison, « la France demeure un marché important et nous souhaitons y revenir d'ici 2015, une fois que nous aurons trouvé de nouvelles capacités ». Louis Cruises, qui doit maintenir sa participation dans le terminal croisière de Marseille, aux côtés de Costa et MSC, pourrait même, dit-on, revenir avant cette date. Tout dépendra évidemment des nouveaux navires et, surtout, du moment où ils seront acquis. On notera enfin qu'aucun changement n'est prévu avec les deux paquebots affrétés par Thomson. Les Destiny et Spirit donnent « toute satisfaction » à leur exploitant, qui a renouvelé le contrat d'affrètement jusqu'en 2014.

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