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Premier paquebot brise-glace de l’industrie de la croisière, Le Commandant Charcot a été livré le 29 juillet par le chantier Vard de Søviknes, en Norvège, à la compagnie française Ponant, dont c’est le treizième navire. Sa conception a aussi impliqué Aker Arctic et Stirling Design International.

Spécialement conçu pour évoluer dans les zones polaires reculées de l’Arctique et de l’Antarctique, jusqu’ici inaccessibles aux bateaux de croisière, Le Commandant Charcot est équipé d’une coque brise-glace qui lui permettra de franchir une épaisseur de banquise allant jusqu’à 2.4 mètres et des crêtes de compression (amoncellement au fil du temps de blocs de glace sous et au-dessus de la banquise) de plus de 10 mètres.

Long de 149.9 mètres pour une largeur de 28.3 mètres et un tirant d’eau de 10 mètres, le nouveau navire amiral de Ponant affiche une jauge de 31.700 GT et un tonnage de 26.300 tonnes. Il compte finalement 123 cabines et suites (contre 135 initialement annoncées), soit une capacité réduite à 245 passagers (au lieu de 270) mais un personnel plus important puisque l’équipage atteindra 215 personnes (au lieu de 190).

 

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© PONANT

Le navire pendant ses essais glace au large du Groenland (© PONANT)

 

Capable d’atteindre la vitesse de 15 nœuds en eaux libres, Le Commandant Charcot est le premier navire de la flotte de Ponant à être équipé d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL). Il est pour cela équipé de deux cuves à membranes GTT Mark III, l’une de 2564 m3, l’autre de 1946 m3, soit en tout une capacité de plus de 4500 m3. De quoi offrir une autonomie d’un mois et demi. Le GNL alimente six moteurs dual-fuel de la nouvelle série 31DF de Wärtsilä, qui fournissent l’électricité nécessaire à la propulsion et à tous les systèmes du bord, dont la partie hôtelière : quatre groupes de 7.7 MW et deux de 5.55 MW, pour une puissance totale installée de 41.8 MW. Equipé de deux pods de 17 MW chacun et deux propulseurs d’étrave de 2600 kW, il dispose aussi d’un parc de batteries lithium-ion Corvus de 4520 kWh pour optimiser sa consommation énergétique et pouvoir, sur de courtes périodes, fonctionner uniquement en mode tout électrique : d'après son armateur pendant une heure (3 MW) ou deux heures (1.5 MW) selon les besoins.

Le navire pourra embarquer un hélicoptère, logé dans un petit hangar avec ascenseur débouchant sur la plage avant, aménagée en piste de décollage et d’atterrissage. Il permettra d’effectuer des reconnaissances afin de trouver les chenaux via lesquels le navire pourra progresser le plus aisément à travers la banquise. 

En raison de la crise sanitaire, la saison inaugurale du Commandant Charcot, qui devait évoluer cet été au large du Groenland, jusqu'au pôle nord géographique, a été annulée. A ce stade, Ponant prévoit toujours de l'exploiter en Antarctique cet hiver. En attendant sa mise en service, le navire reste dans un premier temps en Norvège puis devrait rallier Le Havre en septembre (sont arrivée est semble-t-il prévu le 20 septembre) pour être placé en attente dans le port normand, où il devrait être officiellement inauguré.  

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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