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Après l’échec cinglant de la réouverture d’un bureau français en 2012, la compagnie américaine Royal Caribbean International reprend des couleurs sur le marché français. « Depuis cinq ans nous sommes en progression constante et nous enregistrons une progression à deux chiffres », se félicitent Emmanuel Joly et Stéphane Grillon, directeur Marketing de Royal Caribbean Espagne et France pour le premier et directeur des ventes de la compagnie dans l’Hexagone pour le second.

Couverture médiatique sans précédent depuis le QM2

Ils soulignent que la construction à Saint-Nazaire des deux derniers paquebots géants de la compagnie, l’Harmony of the Seas et le Symphony of the Seas, a eu un effet très net sur les ventes en France. « En 2017, l’Harmony a été notre premier produit sur le marché français, même s’il a été repositionné aux Etats-Unis fin 2016. Cet engouement s’explique notamment par l’excellente couverture médiatique dont le navire a bénéficié lors de son lancement et du fait qu’il a été exploité durant sa saison inaugurale au départ de Barcelone, qui est facilement accessible. Ensuite, les gens l’ont suivi. Aujourd’hui, nous assistons au même phénomène avec le Symphony, pour lequel nos ventes explosent, non seulement pour cette première saison en Méditerranée, mais aussi d’ores et déjà aux Caraïbes, où les clients commencent à réserver des croisières à bord de ce navire ».

A lui seul, l’Harmony of the Seas a bénéficié de plusieurs milliers de retombées presse, dont 12 heures de programmes télévisés, du jamais vu depuis la sortie du Queen Mary en 2003. Et son cadet semble bien parti pour battre ce record, ce qui est évidemment de très bon augure pour la compagnie.

Succès des packages vols+croisière

En plus de bénéficier d’une couverture médiatique exceptionnelle et de la curiosité des Français pour deux paquebots hors normes construits à Saint-Nazaire, RCI profite également de la mise en place, depuis la fin 2016, de packages incluant la croisière et l’acheminement. « Depuis Nice et Paris, nous proposons des départs à Barcelone, Civitavecchia, Venise, Amsterdam, Southampton ou encore Copenhague. Cette formule plait aux clients mais aussi aux agents de voyages, car nous prenons tout en charge, y compris s’il y a un problème, par exemple avec les avions. Grâce aux nouveaux navires construits à Saint-Nazaire et à ces packages, ce sont les destinations européennes qui tirent notre croissance sur le marché français alors que nous vendions surtout, auparavant, des itinéraires vers les Caraïbes ». Les embarquements aux Etats-Unis ne sont toutefois pas oubliés puisque depuis six mois, le groupe propose aussi des packages pour des croisières au départ de New York et Miami, comprenant une nuit d’hôtel sur place la veille du départ. Et cela marche pour les croisières classiques comme les mini-traversées de 3/4 nuits, à l’image des traversées proposées vers les Bahamas par le Mariner of the Seas. « Nous sommes au top des ventes sur ce genre de produits car la clientèle cumule ces croisières courtes avec des séjours terrestres. Les TO les vendent comme une expérience à Miami avec une extension aux Bahamas, ce qui nous permet également d’attirer d’autres types de clients vers la croisière », note Stéphane Grillon.

Séduire les familles et les jeunes

Pionnière dans de nombreux domaines, la compagnie mise évidemment toujours sur ses nouveautés et innovations, souvent spectaculaires, pour séduire ses clients ou des primo-navigants. Ce sera le cas en mai 2019 avec la rénovation complète de son île privée, Coco Cay, qui bénéficie d’un plan d’investissement considérable et va proposer une collection d’activités pour toute la famille, cible prioritaire de Royal Caribbean. Ce dernier est en effet mobilisé pour toucher les jeunes générations et ne cesse en la matière d’innover, le développement des croisières connectées étant en cela crucial. Il va par exemple déployer Excalibur, une toute nouvelle application qui va offrir aux passagers une multitude de services. « Cette application va par exemple permettre d’ouvrir sa cabine, de suivre l’acheminement de ses bagages au moment de l’embarquement, de réserver des excursions ou une table dans l’un des restaurants de spécialités du navire et même de commander un verre depuis sa chaise longue sans en bouger, le serveur pouvant vous trouver grâce à la géolocalisation du téléphone mobile. L’objectif est que les gens ne fasse plus la queue et profitent un maximum de leur vacances sans se stresser ni perdre du temps ».

Le groupe RCCL, qui regroupe Royal Caribbean International, Celebrity Cruises et Azamara Cruises,  se montre donc satisfait de la progression de ses marques sur le marché hexagonal, où sa notoriété devrait notamment continuer de croître au fil de la sortie de ses nouveaux paquebots de Saint-Nazaire. En cela, on notera d’ailleurs qu’il n’y a pas que les Oasis, dont trois unités supplémentaires sont attendues d’ici 2026. Celebrity Cruises, la marque premium du groupe, fait elle aussi réaliser ses nouveaux fleurons dans l’estuaire de la Loire, la tête de série du programme Edge devant être livrée en octobre prochain.

Pas encore assez de volume pour des départs français

RCCL ne donne comme à son habitude aucun chiffre précis sur le nombre de clients qu’il y réalise sur chaque marché, mais on peut estimer, par déduction, qu’il doit maintenant dépasser les 20.000 passagers par an, en grande majorité chez RCI. Un niveau intéressant mais qui n’est pas encore suffisant pour justifier, à ses yeux, le retour de croisières au départ d’un port français. « Il faut pour cela des volumes que nous n’avons pas encore atteint. Notre stratégie est aujourd’hui d’éviter les interportings (embarquements dans plusieurs ports durant une même croisière) pour assurer une continuité à la croisière. Pour cela, nous développons tous les marchés vers nos grands ports de départ, grâce aux packages croisière+avions. Et cela marche, en particulier sur les destinations européennes, où nous avons enregistré une croissance de plus de 50% ». En plus du Symphony of the Seas, qui sera basé jusqu’en octobre au départ de Barcelone pour des croisières d’une semaine en Méditerranée occidentale. Il fera notamment escale à Marseille chaque semaine, les autres ports visités étant La Spezia, Naples et Palma de Majorque. À partir de novembre, le paquebot sera positionné à Miami et effectuera des croisières de 7 jours dans les Caraïbes.

Des prix en rapport avec la qualité du produit

Concernant les prix, RCCL, y compris RCI, n’est pas réputé pour proposer les croisières les plus abordables, ce que l’on assume parfaitement au sein du groupe : « Les tarifs ne sont pas les plus économiques de l’industrie mais c’est ainsi que l’on conserve une grande qualité et que l’on peut innover. L’expérience que nous proposons est unique et nos clients le savent bien. Les taux de satisfaction sont d’ailleurs très élevés, en particulier sur les unités de la classe Oasis, où nous affichons des niveaux comparables à des marques comme Apple ou Disney », affirme Emmanuel Joly.  

 

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