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Le projet de création d'une nouvelle compagnie de croisière française, dont le navire serait basé à Saint-Nazaire, arrive à un stade crucial. D'ici la fin du mois de septembre, le tour de table financier doit, en effet, être bouclé. Le navire doit être acquis dans la foulée pour gagner Saint-Nazaire en octobre, y être refondu et entrer en service cinq mois plus tard, l'objectif étant pour Serenity Cruises de débuter son activité à l'occasion de la course La Solidaire du Chocolat, qui s'élancera de l'estuaire de la Loire en mars 2012. Pour l'heure, plus de 240.000 euros ont été réunis, sur les 280.000 nécessaires au lancement du projet. « Tout est prêt. La société a été créée en août 2010, le navire est trouvé, les travaux et le chantier sont déterminés et de nombreux clients nous ont déjà sollicités. Il ne nous manque plus que 35.000 euros pour boucler le tour de table financier et permettre aux investisseurs d'entrer dans la société via une augmentation de capital », explique Kevin Izorce, promoteur du projet. Loi sur la défiscalisation Initialement, le directeur de Serenity Cruises comptait lancer sa compagnie cette année. Mais deux imprévus ont retardé le projet. D'abord, en novembre 2010, il a fallu renoncer, au dernier moment, à l'acquisition du premier navire visé, qui était alors l'Aegean Glory, une unité de 68 mètres appartenant à un armateur grec. « Une semaine avant la signature, nous nous sommes rendus compte avec le Germanischer Lloyd, qui sera notre société de classification, que ce bateau, bien qu'exploité comme navire à passagers en Grèce, serait règlementairement considéré comme un yacht en dehors de ce pays », explique Kevin Izorce. Ensuite, le projet a souffert de la nouvelle loi sur les défiscalisations, entrée en vigueur le 1er janvier 2011 et réduisant significativement l'intérêt pour les investisseurs soumis à l'ISF de placer leur argent dans de nouvelles entreprises. « Ce fut un coup dur car le projet était prêt à être lancé mais, en quelques semaines, nous n'avons pas pu trouver un nouveau navire avant que la loi entre en vigueur. Nous avons donc perdu de gros investisseurs qui devaient faire partie du tour de table ». (© : SERENITY CRUISES) Changement de navire Après ce quasi-retour à la case départ, Kévin Izorce se met d'abord en quête d'un nouveau navire. Et il parvient à trouver une opportunité parmi les trois sisterships de l'Aegean Glory, dont deux sont en vente en Allemagne. « Le navire que nous avons retenu est finalement mieux car il dispose, par rapport au premier que nous avions visé, d'un propulseur d'étrave et de stabilisateurs, ce qui améliorera le confort des passagers ; ainsi que de dispositifs de sécurité bien supérieurs à ce qui est nécessaire pour l'utilisation que nous en feront. De plus, le tirant d'eau n'est que de 2.4 mètres, ce qui facilite la navigation dans la baie de La Baule ». Pour la refonte, Serenity Cruises s'est rapproché Eiffel Industries. Retenue pour mener la refonte, la société nazairienne a apporté une aide précieuse pour élaborer le plan des travaux. D'un coût de 700.000 euros, ceux-ci porteront sur la modification de l'étrave, la mise en peinture, ainsi qu'un important réaménagement des espaces publics, qui comprendront notamment un restaurant, deux salons et un Spa, les ponts extérieurs disposant d'une piscine à laquelle s'ajouteront des bains à remous. Une fois la refonte achevée, la capacité d'accueil du futur Serenity sera de 350 à 400 personnes, contre 750 actuellement. « L'objectif est de proposer un produit de qualité et la limitation de la capacité permet de gagner de l'espace pour améliorer le confort à bord ». Réceptions, croisières à la journée ou cabotage Devant être immatriculé au premier registre du pavillon français, le navire a pour objectif de proposer des croisières à la journée, par exemple vers Belle-Ile, ou des traversées en cabotage le long des côtes françaises. Dans ce cas, toutes les cabines étant réservées au personnel, les passagers dormiraient chaque soir dans les hôtels situés à proximité des ports d'escale. Serenity Cruises prévoit également une grosse partie de son activité dans le domaine des réceptions, comme les mariages, ou les séminaires d'entreprises. Le navire pourra, en effet, être privatisé et servir à quai ou en mer, une formule qui susciterait déjà de nombreuses demandes. A cet effet, la compagnie a passé un accord avec la ville de La Baule. « Le projet rencontre un vif intérêt de la part de la municipalité, qui nous apporte son soutien. Nous pourrons, ainsi, proposer des réceptions sur la plage de La Baule, au niveau du Yacht Club, puis transférer les clients sur le navire, afin de poursuivre les activités dans la baie, au mouillage ou en navigation ». Course contre la montre Côté financier, les nouvelles modalités sur la défiscalisation ont obligé la société à remettre à plat son tour de table. Le retrait de gros partenaires a été en grande partie compensé par l'entrée en lice d'un nombre plus importants de petits investisseurs, soit une vingtaine aujourd'hui, pour des montants allant de 2500 à 30.000 euros. S'il ne reste plus que 35.000 euros à trouver, il faut néanmoins faire vite car un second volet de la nouvelle loi sur la défiscalisation doit entrer en vigueur le 30 septembre. Et, comme en fin d'année dernière, cela pourrait faire office de repoussoir pour les investisseurs si le tour de table financier n'est pas bouclé d'ici là. Plan du navire (© : SERENITY CRUISES)

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