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Les ingénieurs et architectes du chantier STX France de Saint-Nazaire ont achevé les études préliminaires concernant les deux paquebots que souhaite construire la société Project Orient Limited (POL). Des liners destinés à remettre au goût du jour une ligne régulière entre Southampton et Sydney. C’est l’an dernier que ce projet a été dévoilé par la société, qui reprend les initiales de la compagnie britannique née de la fusion de P&O et Orient Line. Des armements qui ont exploité un service entre le Royaume-Uni et l’Australie jusqu’en 1974, surfant notamment sur la vague migratoire vers l’Australie initiée dans les années 60.  

 

 

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© P&O

Le Canberra de P&O (1961-1997), l'un des navires assurant le service vers l'Australie (© P&O)

 

 

Deux navires pour exploiter un service mensuel

 

 

Dirigée par l’homme d’affaires Asif Mashhadi, qui s’est entouré de professionnels du secteur de la croisière, POL  entend construire deux navires de 70.000 GT de jauge, armés par 800 membres d’équipage et capables d’accueillir 1600 passagers. Le tout dans un grand confort, le standard recherché étant du 4 étoiles +. Il ne s’agit pas de construire des paquebots de croisière, conçus pour réaliser des sauts de puce entre deux ports, mais de véritables liners, taillés pour les navigations océaniques. Car ce que proposent les promoteurs de ce projet, c’est bien un voyage maritime, et non une croisière. L’objectif est de réaliser le trajet en 25 jours seulement, afin d’offrir un service mensuel au départ de Southampton et de Sydney. Cela implique de limiter les escales au maximum. Les navires pourraient, ainsi, ne faire relâche qu’une ou deux fois durant le transit, par exemple en Afrique du Sud et à Singapour. Ou pourquoi pas au Moyen-Orient, si la ligne passe par Suez et la mer Rouge au lieu du cap de Bonne Espérance.

 

 

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© POL

Le design du projet Orient (© POL)

 

 

Capter 2% du marché aérien entre le Royaume-Uni et l’Australie

 

 

L’objectif de POL est de capter une partie des nombreux voyageurs transitant chaque année entre le Royaume-Uni et l’Australie. Cela représente 1.5 million de personnes, qui empruntent quasi-exclusivement l’avion. Un trajet aérien d’une vingtaine d’heures que ceux qui ont du temps devant eux pourraient convertir en traversée maritime d’un peu plus de trois semaines, profitant au passage d’une expérience unique à notre époque. « Nous visons 2% de ce marché pour un prix du billet un peu plus élevé qu’un aller simple en avion pour une place en classe business », a expliqué au journal britannique Telegraph Nigel Lingard, directeur des opérations de POL. Les prix débuteraient, ainsi, à partir de 2000 livres par personne (près de 2400 euros). Et il serait également possible de fractionner le voyage en débarquant dans les ports d’escale.

 

 

Le Queen Victoria, de Cunard, dans le port de Sydney (© CUNARD)

 

 

Un beau projet qui attend d’être financé

 

 

Le projet Orient est une très belle idée, qui n’est pas sans rappeler d’ailleurs celle du Nouveau France de Didier Spade, dont les premières études ont également été menées par STX France. Dans les deux cas, il convient néanmoins de trouver le financement, soit plusieurs centaines de millions d’euros par bateau. C’est ce que s’emploient à faire les dirigeants de POL actuellement. Un véritable challenge, dans le contexte actuel, où investisseurs et banques demeurent frileux quant aux dossiers considérés comme originaux et faisant donc office, à leurs yeux, d’aventures potentiellement risquées. Dans les colonnes du Telegraph, Nigel Lingard se veut malgré tout très optimiste et avance un calendrier ambitieux. « Si nous pouvions finaliser le financement cet hiver, STX pourrait découper la première tôle en 2014 pour une livraison début 2016 ». Ce serait évidemment une superbe nouvelle pour Saint-Nazaire et un projet passionnant puisqu’il s’agirait des premiers liners réalisés par le chantier français depuis le Queen Mary 2, livré il y a bientôt 10 ans. Il convient néanmoins de demeurer très prudent quant à cette commande potentielle, qui encore une fois devra, pour devenir réalité, réunir les financements nécessaires, soit d'après POL 450 millions de dollars par navire. C’est sans doute encore loin d’être gagné. 

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