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L’Antonio Marceglia, l’une des frégates multi-missions (FREMM) de la Marina militare, a fait une escale à Brest la semaine dernière. Une pause sur la route conduisant le bâtiment de la Méditerranée à l’Ecosse, où il va participer à l’exercice américain Formidable Shield, en compagnie de nombreux autres bâtiments, dont la frégate française Forbin. L’occasion de vous faire découvrir l’Antonio Marceglia, que Mer et Marine avait pu visiter précédemment.

Huitième des dix nouvelles FREMM de la flotte italienne, l’Antonio Marceglia, rattaché à la base navale de La Spezia, a été réalisé comme ses sisterships par le chantier Fincantieri de Riva Trigoso, où sa construction a débuté le 25 février 2015 avec la découpe de sa première tôle. Une fois achevée, sa coque a été convoyée par barge en février 2018 jusqu’à un autre site du constructeur italien, celui de Muggiano, dans la baie de La Spezia, où elle a été mise à l’eau et l’armement achevé. Après avoir débuté ses essais quelques mois plus tard, la frégate a été livrée le 16 avril 2019 à la Marina militare.

 

Diaporama orphelin : container

 

 

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© MICHEL FLOCH

L'Antonio Marceglia en rade de Brest (© : MICHEL FLOCH)

 

Deux versions pour cette série de frégates

Celle-ci avait réceptionné ses deux premières FREMM, les Carlo Bergamini et Virginio Fasan, en 2013. Ont suivi les Carlo Margottini (2014), Carabiniere (2015), Alpino (2016) et Luigo Rizzo (2017). Après l’Antonio Marceglia devaient suivre en 2020 et 2021 les Spartaco Schergat et Emilio Bianchi, mais ces deux bâtiments ont finalement été vendus à l’Egypte, le premier étant livré en décembre 2019 et le second en avril 2020, après avoir été renommés Al-Galaga et Bernees. Ils seront remplacés au sein de la flotte italienne par deux nouvelles FREMM, qui reprendront les noms de Spartaco Schergat et Emilio Bianchi. Leur construction a débuté chez Fincantieri en vue d’une livraison en 2024.

Pour ce programme, mené en coopération avec la France (qui a pour sa part construit dix FREMM, huit pour la Marine nationale et deux pour l’export – Maroc et Egypte), l’Italie a décliné ses frégates en deux versions : une spécialisée dans la lutte anti-sous-marine (ASM) et l’autre dite d’emploi général (General Purpose – GP), plutôt conçue pour l’action vers la terre. La variante à dominante ASM se compose de quatre unités, les Virginio Fasan, Carlo Margottini, Carabiniere et Alpino. Ces frégates sont dotées d’un sonar remorqué Captas 4 en plus du sonar de coque UMS 4110, de quatre missiles anti-sous-marins Milas (association d’un missile Otomat et d’une torpille MU90) et de tubes pour torpilles MU90, auxquels s’ajoutent 16 missiles surface-air Aster, deux tourelles de 76 mm, deux canons de 25 mm et quatre missiles antinavire Otomat/Teseo Mk2.

 

 

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© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

Deux FREMM italiennes, une ASM (Margottini) à gauche et une GP (Bergamini) à droite (© : VINCENT GROIZELEAU)

 

Nommé en hommage à l’un des auteurs du raid d’Alexandrie en 1941

Les autres FREMM sont dans la variante GP, avec des équipements et armements différents. L’Antonio Marceglia, que nous vous présentons aujourd’hui, appartient à cette version. Le bâtiment porte comme certains de ses sisterships (Schergat et Bianchi) le nom d’un ancien officier de la marine italienne qui s’est illustré dans la nuit du 18 au 19 décembre 1941 en attaquant la base navale d’Alexandrie, où stationnait le gros de la flotte britannique de la Méditerranée pendant la seconde guerre mondiale. Le commando cibla les principales unités de la Royal Navy présentes dans le port égyptien avec des « maiali », torpilles adaptées pour être pilotées, à partir desquelles les plongeurs italiens ont placé des charges sur plusieurs coques, dont celles des cuirassés HMS Queen Elizabeth et HMS Valiant. Ceux-ci furent mis hors de combat pour plus d’un an, privant temporairement la flotte de la Méditerranée de ses bâtiments de ligne, le pétrolier norvégien Sagona étant également coulé dans l’opération, son explosion endommageant au passage le destroyer HMS Jervis. Mené par Luigi Durand de la Penne, ce raid particulièrement audacieux impliqua trois maiali, chaque engin étant chevauché par deux plongeurs, dont Marceglia qui faisait équipe avec Schergat avec comme cible le HMS Queen Elizabeth. Les deux marins remplirent avec succès leur mission mais furent faits prisonniers par les Britanniques. Ils ne seront libérés qu’en 1944, à temps pour leur permettre de participer, aux côtés des Alliés cette fois, à la libération de l’Italie suite à la chute du régime fasciste et l’occupation allemande.  

 

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