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Le trois-mâts carré Libertad, qui réalise cette année sa cinquantième campagne d’instruction au profit des élèves-officiers et sous-officiers appelés à servir par la suite sur les bâtiments de combat de la marine argentine, a fait escale dans deux ports français cet été. Il est notamment venu pour la première fois à Saint-Malo les 2 et 3 août, puis a rejoint Toulon, où le grand voilier argentin est resté du 13 au 17 août. Il avait déjà séjourné dans la base navale varoise en 2007 dans la cadre de la Tall Ship Race, sa dernière visite remontant à 2016. Cette fois, il était amarré aux nouveaux appontements, à côté de la frégate multi-missions Auvergne. 

 

© FRANCIS JACQUOT

Le Libertad amarré au même appontement que la frégate française Auvergne, à Toulon. 

 

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Le Libertad à Toulon. 

 

Parti le 30 avril de Buenos Aires, où il doit rentrer fin septembre, le Libertad aura durant cette campagne fait escale dans onze ports, dont sept en Amérique et quatre en Europe : Fortaleza (Brésil), Castries (Sainte-Lucie), Saint-Domingue (République dominicaine), La Havane (Cuba), Veracruz (Mexique), Baltimore (États-Unis), Dublin (Irlande), puis Saint-Malo et Toulon, avant de mettre le cap vers Cadix (Espagne) et Salvador de Bahia (Brésil).

Lancé en 1956 aux chantiers de Rio Santiago et entré en service au sein de la flotte argentine en mai 1963, ce bâtiment de 3765 tonnes en charge affiche une longueur hors-tout de 103.7 mètres, une largeur de 13.8 mètres et un tirant d’air de 52.9 mètres au mât le plus haut. Offrant 2712 m² de voilure, le Libertad a été motorisé en 2006 avec deux diesels de 1200 cv, lui permettant de naviguer à près de 14 nœuds. La figure de proue, taillée en chêne rouge, représente la République d’Argentine. Il s’agit d’une œuvre d’art du sculpteur Carlos García González.

 

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Désigné comme frégate dans l'Armada argentina, le Libertad, qui est déjà venu à six reprises à Brest entre 1992 et 2019, a également plusieurs fois visité Boulogne-sur-Mer. Une ville dont le trait d’union avec l’Argentine est le général José de San Martin (1778 – 1850), considéré comme le libérateur du pays lors des guerres d’indépendance sud-américaines et qui a vécu ses dernières années dans la cité portuaire du Pas-de-Calais. Le sabre du « Libertador », comme l’appellent les Argentins, est d’ailleurs conservé à bord du Libertad, tout comme d’autres pièces historiques et des objets liés aux différentes escales que le voilier a réalisé depuis 60 ans.

Le Libertad sert à la formation des cadets de la marine argentine, qui connaissent à bord leur premier embarquement de longue durée. Ils y apprennent la vie en équipage, à développer leur sens marin sur un navire traditionnel et découvrent le monde. Ce grand voilier-école est aussi un navire de prestige, une véritable ambassade flottante qui, au fil de ses escales, permet de nouer ou renforcer les liens avec les pays visités. Il peut embarquer 110 élèves et est armé par un équipage de plus de 200 marins, dont le commandant Carlos Pedro Schavinsky Trinchero a pris la tête en décembre 2021.

 

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