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Thales a accueilli fin juin, sur son site de Brest, les représentants de 17 nations de l’Otan d’un groupe spécialisé sur les systèmes maritimes sans pilote (NATO MUSI, pour Maritime Unmanned Systems Initiative). L’occasion pour eux, mais aussi pour Mer et Marine, de se voir présenter les systèmes de drones du groupe français et, surtout, d’assister à une démonstration du système pionnier robotisé de recherche et de destruction des mines développé dans le cadre du programme franco-britannique MMCM (Maritime Mine Counter Measures), lancé en 2016 et dont un prototype est expérimenté par la Marine nationale, à Brest, depuis décembre 2021.

Premières livraisons l’année prochaine

Pour mémoire, après une phase d’essais et de qualification, la France et le Royaume-Uni ont notifié en 2020 à Thales la réalisation des premiers lots de systèmes de drones. Quatre modules MLCM (modules robotisés de lutte contre les mines) doivent être livrés à la Marine nationale et autant à la Royal Navy, d’ici 2025. Puis, potentiellement autant après 2025 et d’ici 2030.

 

© MER ET MARINE - GAEL COGNE

 

Chaque module comprend deux drones de surface (USV, pour unmanned surface vehicle) pouvant, chacun, mettre en œuvre deux charges utiles : un sonar remorqué à ouverture synthétique TSAM de Thales pour la détection, la classification et la localisation des mines, ou bien un ROV (remotely operated vehicle, robot téléopéré) appelé MuMNS (pour Multi-Shot Mine Neutralisation System ou système de neutralisation de mines multi-coups) pour l’identification et la neutralisation.

Ces modules sont complétés par deux AUV (autonomous underwater vehicle), des drones sous-marins agissant indépendamment du couple formé par l’USV et son sonar remorqué ou son ROV. Comme le sonar remorqué, l’AUV embarque un sonar de dernière génération SAMDIS offrant une capacité multi-vues en une seule passe. Il remplit d’ailleurs la même mission (détecter, classifier et localiser des mines) que l'USV avec son sonar remorqué, mais de manière complémentaire. S’il est moins rapide et doit remonter à la surface pour communiquer avec la station de contrôle ou le bateau-mère, il est plus discret et peut plonger plus profondément.

 

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© MARINE NATIONALE - MELANIE DENIEL

Le drone A27

 

Le programme MMCM a eu recours à des drones sous-marins du type A27 de la société française ECA. Ces engins d’environ 5 mètres et d’un poids d’1 tonne peuvent opérer jusqu’à 270 mètres de profondeur avec une autonomie d’une trentaine d’heures pour une distance franchissable d’une quarantaine de milles. La Marine nationale expérimente trois de ces drones dans son module prototype, mais ils sont obsolètes. La Royal Navy a donc opté pour le SeaCat du groupe allemand Atlas Elektronik, tandis que la marine française n’a pas encore acté sur son choix. Ainsi, les premiers modules français, livrables d’ici 2025, ne seront pas dotés d’AUV. Thales indique pour sa part qu’une nouvelle génération de sonar SAMDIS d’empreinte mécanique et de consommation fortement réduite doit voir le jour. Elle sera adaptable à différents types d’AUV, dont l’A18, le nouveau drone sous-marin d’ECA.

Le premier module sera livré en avril 2023 à la Royal Navy sans son ROV, dont la configuration identification est achevée, mais pas celle pour la neutralisation de la charge. Ce module livré aux britanniques ne sera donc complété que six mois plus tard, fin 2023. La Marine nationale recevra, pour sa part, son premier module en octobre 2023. Le programme a pris un peu de retard. Lors de la signature du contrat de production, en 2020, il était prévu de livrer le premier module en 2022. Actuellement, « les premiers sous-systèmes sont soit finis d’être produits, soit en cours de finition et d’acceptation », explique Philippe Commarmond, directeur du programme chez Thales. « Les essais en mer, pour le premier système débutent en ce moment ».

L’USV Artémis

A Brest, la délégation de l’Otan a pu voir le sonar remorqué présenté sur le site de Thales avec son berceau et son conteneur, mais aussi se rendre au Centre opérationnel (POC) du module prototype de la Marine nationale logé sur un site de la direction générale de l’armement (DGA) et assister au retour à la base navale de l’USV équipé de son robot téléopéré.

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