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Toulon ou Brest ? Le ministre de la Défense avait initialement prévu de trancher d’ici la fin de l’année concernant le port où seraient entretenus les futurs sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda. Ce ne sera pas le cas. « J’y pense tout le temps, sauf que l’échéance n’est pas maintenant. Je prendrai les décisions concernant l’entretien des Barracuda en temps et en heure », a déclaré Jean-Yves Le Drian à l’occasion de son déplacement en Bretagne, où il accompagnait le premier ministre.

A la décharge du ministre de la Défense, ce dossier est extrêmement complexe. Il voit s’opposer depuis des années les partisans du maintien de l'entretien des SNA à Toulon à ceux appelant au transfert de cette activité vers Brest. Pour ces derniers, s’il n’est pas question de baser les bâtiments en Bretagne, il s’agit surtout, pour les arrêts techniques majeurs, de mutualiser les installations de maintenance en profitant de celles dédiées aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins basés à l’Ile Longue. 

La question se pose d'autant plus fortement aujourd'hui que les infrastructures toulonnaises, vieillissantes, nécessiteront si elles doivent être maintenues de très lourds investissements. Au-delà des aspects techniques et opérationnels, il y a également autour de cette affaire d'importants enjeux économiques et sociaux, qui expliquent notamment la farouche opposition des Varois au départ de cette activité, qui fait travailler de nombreux sous-traitants locaux et génère des centaines d'emplois. 

La décision finale devrait probablement intervenir l’an prochain, la livraison du premier des six Barracuda, actuellement en construction sur le site DCNS de Cherbourg, devant intervenir en 2017. Les nouveaux bâtiments remplaceront les SNA du type Rubis, dont les grandes maintenances sont réalisées à Toulon. Ces arrêts techniques majeurs de 16 à 18 mois, qui voient notamment le rechargement du coeur nucléaire du bâtiment, sont les opérations de maintenance les plus lourdes dont bénéficient les sous-marins. Elles interviennent tous les 7 ans pour les Rubis, un  rythme qui sera réduit avec leurs successeurs, dont les ATM n'interviendront que tous les 10 ans. 

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