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L’équipementier finistérien BOPP SA retourne dans le giron de son ancien propriétaire, Louis Bopp, qui a racheté les 80% que possédait Piriou dans la société depuis 2004. Spécialisée dans la conception, la fabrication et la vente d’équipements de pont mécaniques, hydrauliques et électriques (treuils, guindeaux, appareils à gouverner), l’entreprise a été créée en 1945 par Jacques Bopp, le père de Louis, ce dernier en ayant pris la présidence en 1979. Il a alors assuré la croissance de l’affaire familiale, installée sur la presqu’île de Crozon, par des prises de participations dans différentes sociétés, comme ENAG, Hydro-Armor et Kerdranvat, tout en faisant l’acquisition du Nantais BLM. Le groupe BOPP devient alors un fournisseur important, à travers le monde, d'équipements destinés aux navires et plateformes pétrolières, permettant d’élargir son marché historique de la pêche.  En 1993, Louis Bopp avait cédé la totalité de son groupe, dont la société éponyme fondée par son père, à la holding France Marine, qui l'a revendue cinq ans plus tard au groupe américain National Oilwell Varco. Lorsque celui-ci a choisi de s’en séparer, en 2004, Piriou et Rémi Boënnec ont décidé de l’acquérir, avec pour but affiché de préserver le dernier fournisseur français d’équipements de pont, au demeurant partenaire historique de Piriou, notamment pour la construction des grands thoniers senneurs.

 

 

Poursuite de la diversification

 

 

Sous l’impulsion de ses nouveaux actionnaires, BOPP a vu doubler son chiffre d’affaires en 9 ans, celui-ci devant atteindre 10 millions d’euros pour 2013. L’entreprise s’est, dans le même temps, internationalisée et diversifiée vers le remorquage, l’offshore pétrolier et le secteur de la défense (elle a par exemple réalisé le système de mise à l’eau d’embarcations rapides du patrouilleur français L’Adroit). Actuellement dirigée par Rémi Boënnec, BOPP, qui emploie 70 personnes, est implantée à Lanvéoc (site industriel et ingénierie) et s’est installée récemment à Boulogne-sur-Mer (services et activité historique de support aux flottilles et chantiers locaux). La société est également présente en Chine, à Dalian et Ningbo pour l’assemblage d’équipements et des prestations de services sur des programmes liés à l’offshore pétrolier.

 

Si BOPP reste un fournisseur clé pour Piriou, ce dernier estime que « le lien qui les réunit au niveau capital devient aujourd’hui plus un problème qu’un avantage compétitif ». Le groupe concarnois a donc cherché à céder sa participation. Avec néanmoins en tête de trouver un investisseur de confiance permettant de préserver la société. C’est ainsi que Louis Bopp, qui s’est depuis 20 ans consacré à d’autres projets, notamment dans l’industrie et l’immobilier, a été sollicité pour reprendre la barre. « Quand Rémi Boënnec, m’a demandé si la reprise des participations de Piriou dans la société pourrait être un sujet pour moi, j’ai pris un temps de réflexion. Nous nous sommes rencontrés avec Pascal Piriou et mon profil semblait correspondre à la « philosophie » de l’opération. En tant que dirigeant de la société, j’avais toujours entretenu d’excellents rapports avec les chantiers, et ma connaissance du métier et du milieu a sans doute été déterminante dans le bon déroulement des échanges et l’issue rapide des négociations », explique Louis Bopp.  

 

 

Développement impératif à l’international

 

 

Une solution qui satisfait pleinement Pascal Piriou : « Céder notre participation à Louis Bopp est la meilleure solution pour garantir la pérennité de Bopp SA, le fournisseur dont nous avons besoin. Cette opération maintient l’indépendance de la société qui risquait sinon d’être avalée par l’un de ses concurrents étrangers avec les risques sociaux que l’on imagine pour la société installée en Presqu’ile de Crozon. Louis connaît l’entreprise mieux que personne, les clients, les marchés, le personnel, bref, il est l’homme qui nous garantira la présence de BOPP SA à nos côtés dans nos plans de développement, y compris à l’étranger ».

 

Un développement à l’international stratégique pour l’équipementier breton, qui fait face à un marché français morose et doit, par conséquent, parvenir à accroître significativement son positionnement hors de l’Hexagone.

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