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En attente depuis deux décennies dans la base navale de Brest, les ex-Bévéziers et La Praya, qui ne répondent désormais plus qu’aux numéros de coque Q835 et Q834, ont quitté jeudi 22 octobre le gigantesque bunker de l’ancienne base sous-marine allemande (où ils étaient stockés) pour être transférés vers le port de commerce en vue de leur démantèlement. Une ultime navigation avant de disparaitre d’ici l’été prochain, au terme d’un chantier mené la société Navaleo, filiale du groupe Les Recycleurs Bretons.

 

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© MICHEL FLOCH

L'ex-Bévéziers dans la forme 1 (© : MICHEL FLOCH)

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© MICHEL FLOCH

Les ex-Bévéziers et La Praya dans la forme 1 (© : MICHEL FLOCH)

 

Vers 8h00, le personnel et tous les moyens nautiques de la société coopérative des lamaneurs de Brest ont d’abord pris en charge l’ex-Bévéziers dans l'ancienne base sous-marine, aidés par le Robuste, l’un des remorqueurs brestois de Boluda. La vieille coque est arrivée à l'entrée de la forme 1 peu après 9h30 avant d'y être amarrée. Sitôt fait, tous les moyens se sont à nouveau dirigés vers la base navale pour y récupérer cette fois-ci l'ex- La Praya, qui est entré à son tour dans la forme 1 vers 11h45. Entrés en flotte en 1977 et 1978 et respectivement retirés du service en 1998 et 2000, les deux anciens sous-marins de la Marine nationale sont plus poussiéreux que rouillés après une si longue attente. Le fait qu’ils soient restés à l'abri dans l’une des alvéoles de l'ancienne base sous-marine les a en fait bien protégés des intempéries, mais pas des fientes de pigeons et autres mouettes...

 

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© MICHEL FLOCH

L'ex-Bévéziers dans la forme 1 (© : MICHEL FLOCH)

 

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© MICHEL FLOCH

L'ex-La Praya transféré vers depuis la base navale vers le port de commerce (© : MICHEL FLOCH)

 

Diaporama orphelin : container

 

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© MICHEL FLOCH

Les ex-Bévéziers et La Praya dans la forme 1 (© : MICHEL FLOCH)

 

Diaporama orphelin : container

 

On notera que l'ex-La Praya affichait une légère gîte sur tribord qui sera rectifiée rapidement avant de procéder à la vidange de la forme et à l'échouage. Les deux sous-marins vont être mis au sec côte à côte, afin de faciliter les travaux et préserver de l'espace de manoeuvre au fond de la forme. Ils seront déconstruits simultanément. Le chantier devrait durer environ 9 mois et sera assuré par une vingtaine d'ouvriers pendant les périodes de pointe. A l’issue, la forme 1 accueillera un autre ancien sous-marin de cette série, l’ex-Agosta, (1977-1997) en attente à Toulon et qui doit rejoindre Brest en août 2021 sur un moyen de transport maritime.  

 

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© JIFMAR OFFSHORE SERVICES

L'ex-Agosta en 2011, lorsqu'il servait encore de caisson de choc à Toulon (© : JIFMAR)

 

Les derniers sous-marins classiques de la Marine nationale

Ultimes sous-marins français à propulsion classique, les Agosta ont été construits à quatre exemplaires par l’ancien arsenal de Cherbourg (aujourd’hui Naval Group). En dehors des trois unités qui vont être déconstruites à Brest, la série comprenait un quatrième bâtiment, l’Ouessant, qui a servi de 1978 à 2001 dans la flotte française. Remis en service en 2005 pour former les premiers sous-mariniers malaisiens dans le cadre de la vente de deux Scorpène à la Malaisie, l’Ouessant a été offert à ce pays où il a été transporté en cargo fin 2011 pour servir de musée.

 

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© MICHEL FLOCH

L'Ouessant en 2007 (© : MICHEL FLOCH)

 

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Les Agosta mesurent 67.6 mètres de long pour 6.8 mètres de diamètre. Leur déplacement en surface était de 1450 tonnes et atteignait 1725 tonnes en plongée. Aboutissement de plusieurs générations de sous-marins diesels français, ces bateaux étaient armés par un équipage de 54 marins et pouvaient embarquer 20 torpilles lourdes F17 (puis F17 mod2) et missiles antinavire Exocet SM39. Ces armes étaient mises en œuvre au moyen de quatre tubes de 550mm situés à l’avant. Une disposition qui avait constitué à l’époque de leur sortie une nouveauté pour la Marine nationale, dont les sous-marins d’attaque océaniques, jusqu’aux Daphné, disposaient aussi de tubes à l’arrière. Un héritage de leurs ancêtres d’avant-guerre qui avait perduré sur les unités des types Aurore et Narval notamment.

 

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© GIORGIO ARRA

Le sous-marin Daphné, ici en 1982 (© : GIORGIO ARRA)

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© GIORGIO ARRA

Le sous-marin La Praya, ici en 1982 (© : GIORGIO ARRA)

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© GIORGIO ARRA

Le sous-marin La Praya, ici en 1982 (© : GIORGIO ARRA)

 

Avec les deux ultimes Daphné, les Psyché (1969-1997) et Sirène (1970-1998), les Agosta, Bévéziers, La Praya et Ouessant ont constitué la dernière escadrille des sous-marins de l’Atlantique (ESMAT) affectée à la base sous-marine de Keroman, à Lorient, définitivement fermée par la Marine nationale en 1997. Alors que les bâtiments avaient déjà rejoint Brest dès 1995, l’Agosta fut après son désarmement transféré à Toulon, où le bâtiment et ses jumeaux avaient débuté leur carrière avant de partir pour l’Atlantique eu milieu des années 80. L’Agosta fut employé dans la base navale varoise comme « caisson de choc », afin de mesurer l’impact des explosions sous-marines. Une fonction pour laquelle il servait encore il y a quelques années au profit de la DGA .

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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