Aller au contenu principal

Le gouvernement français a présenté la semaine dernière son projet de loi de finances pour 2023. Un PLF qui doit maintenant être discuté et voté au parlement. Pour le ministère des Armées, le budget (hors pensions) s’élève à 43.9 milliards d’euros, soit 3 milliards de plus qu’en 2022. Il poursuit donc sa croissance pour la sixième année consécutive, l’augmentation devant atteindre 36% par rapport au budget de 2018 (34.1 milliards d’euros). La hausse prévue en 2023 doit permettre de poursuivre l’effort de modernisation des armées, avec de nouveaux équipements et la reconstitution des stocks de munitions dans un contexte international bouleversé par la guerre en Ukraine. Cependant, malgré le concept d’« économie de guerre » avancé par le président de la République, les marges de manœuvre restent très limitées, en raison du nombre important de programmes qui doivent être lancés et de nécessaires rattrapages comme par exemple la reconstitution des stocks de munitions. Sans oublier l’inflation, qui consommera une part importante - sans doute un tiers - des crédits supplémentaires.

Suite à un briefing avec la presse du cabinet du ministre des Armées, organisé le mardi 27 septembre et auquel Mer et Marine a participé, vous avez sans doute lu, dans la foulée, un certain nombre d’articles sur le contenu du PLF 2023 pour les forces militaires françaises. Nous avons pour notre part préféré attendre quelques jours afin de clarifier plusieurs points. En effet, les documents diffusés mardi dernier par l’Hôtel de Brienne comprenaient un certain nombre d’erreurs, et pas toujours à la marge (était ainsi mentionnée une commande de 22 hélicoptères de manœuvre pour l’armée de Terre qui en fait n’existe pas). On a aussi pu constater d’étonnants oublis, par exemple pour la Marine nationale l’absence du lancement pourtant prévu en 2023 de deux programmes majeurs, celui des patrouilleurs océaniques (PO) et celui des bâtiments de guerre des mines (BGDM). Après de nombreux allers-retours entre les services concernés, qui ont parfois du mal à accorder leurs violons, on y voit aujourd’hui un peu plus clair, ces recherches nous ayant au passage permis d’obtenir des éléments complémentaires sur certains programmes. 

Concernant les équipements, pour la Marine nationale, les livraisons et commandes de matériels prévues en 2023 sont les suivantes :

 

LES LIVRAISONS PREVUS POUR LA MARINE EN 2023 :

 

Un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA). Il s’agit du Duguay-Trouin, second des six nouveaux SNA construits par Naval Group dans le cadre du programme Barracuda. La tête de série, le Suffren, livré en novembre 2021, a été admis au service actif en juin 2022. Il sera donc suivi l’année prochaine par le Duguay-Trouin, qui a été mis à l’eau au chantier de Cherbourg début septembre. Ses essais doivent commencer cet hiver en vue d’une livraison au premier semestre 2023. Troisième de la série, le Tourville, dont la coque est désormais fermée, sera rapidement installé sur le dispositif de mise à l’eau (DME) dès que son aîné aura quitté la pointe du Cotentin. Le Tourville, dont l’achèvement se terminera sur le DME, devrait rejoindre la flotte française en 2025. Les trois autres SNA de la série, qui seront baptisés De Grasse, Rubis et Casabianca, en sont à différents stades de construction en vue de leur livraison d’ici 2030.

Aller plus loin

Rubriques
Défense
Dossiers
Marine nationale