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(Voir le dernier point effectué samedi soir par le ministère des Armées) Sans surprise, le porte-avions Charles de Gaulle est bien victime d’une épidémie de coronavirus. Sur 66 malades testés suite à l’arrivée à bord d’une équipe médicale spécialisée le 8 avril, 50 marins se sont révélés positifs au Covid-19, a annoncé ce vendredi le ministère des Armées. Par ailleurs, trois marins ont été évacués par voie aérienne le 9 avril, alors que le bâtiment évoluait au large du Portugal. Le Charles de Gaulle, qui compte 1760 marins à son bord, doit arriver dimanche à Toulon, où il faudra organiser la prise en charge de l'équipage. Tout ou partie sera probablement mis en quarantaine, alors qu'il faudra piloter l'évacuation de malades, qui s'ils sont trop nombreux devront être dispatchés entre différents hôpitaux français. Malgré les mesures de protection en place depuis mars (gestes barrières), le caractère très confiné du navire et le nombre de malades déjà diagnostiqués positifs laisse craindre une large diffusion du virus sur le porte-avions, où le Covid-19 circule peut-être depuis plusieurs semaines déjà (voir notre article sur la chronologie de cette affaire). Les malades sont suivis dans une zone isolée, qui pourra recevoir jusqu'à 127 lits, l'équipe médicale du Charles de Gaulle (23 personnes, dont quatre médecins et deux chirurgiens) ainsi que les moyens de l'hôpital du bateau (dont 10 respirateurs), et les personnels arrivés le 8 avril (deux médecins épidémiologistes et un expert en biosécurité ). L'équipage utilise par ailleurs des masques, un stock ayant été embarqué lors de l'escale au Danemark les 29 et 30 mars. 

Voici le communiqué diffusé ce vendredi par le ministère des Armées :

- Suite à l'annonce d'une suspicion de cas de Covid-19 parmi l'équipage du porte-avions Charles de Gaulle, une équipe médicale du service de santé des armées a été envoyée à bord.

- Les tests effectués confirment cinquante cas positifs au Covid-19 à bord. Trois marins ont par ailleurs été évacués par avion afin d’être suivis dans un hôpital en France.

- Le porte-avions poursuit sa route vers Toulon.

L’équipe médicale est arrivée par voie aérienne sur le porte-avions Charles de Gaulle le 8 avril dans l’après-midi. Elle est composée de deux médecins épidémiologistes, d’un expert en biosécurité ainsi que d’un médecin en charge des prélèvements. Ce dernier a quitté le porte-avions dans la soirée du 8 avril afin d’analyser les prélèvements réalisés. Les trois autres médecins sont restés à bord afin de réaliser une enquête épidémiologique. L’objectif est d’identifier le circuit de contamination et d’appuyer le protocole permettant de limiter la propagation du virus.

Les résultats des 66 tests réalisés ont conclu à la présence de 50 cas de Covid-19 à bord du Charles de Gaulle. Aucune aggravation de l’état de santé des marins à bord n’est constatée à l’heure actuelle. Par ailleurs, trois marins ont été évacués à titre préventif le 9 avril au matin.

Ces trois marins ont été évacués par un hélicoptère NH90 Caïman Marine, depuis le porte-avions Charles de Gaulle vers l’aéroport de Lisbonne, au Portugal, où ils ont été pris en charge par un Falcon 900 médicalisé avec à son bord deux médecins et un infirmier. Ils ont été transférés à l’Hôpital d’instruction des armées (HIA) Sainte-Anne, à Toulon. Cette évacuation permet de préserver les capacités médicales du porte-avions Charles de Gaulle autorisant la prise en charge de marins infectés par le Covid-19, en particulier en cas d’évolution de leur état de santé.

En attendant le retour anticipé du porte-avions à Toulon, en coordination avec les recommandations de l’équipe épidémiologique, des mesures visant à renforcer la protection de l’équipage et à limiter la propagation du virus ont été mises en place, complémentaires de celles déjà instaurées par le commandement. En particulier, le port du masque a été généralisé à l’ensemble de l’équipage.

Les marins infectés par le Covid-19, ou présentant des symptômes, continuent de faire l’objet d’une prise en charge spécifique : un suivi médical rapproché est poursuivi, ainsi qu’une mise en confinement dans une tranche du bateau, adaptée spécialement plusieurs jours auparavant. La santé de l'équipage est la priorité de la ministre des Armées et du commandement.

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