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Plus de 10 ans après le début de sa construction, le Duguay-Trouin, second des six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) de la Marine nationale, est sorti à l’air libre, vendredi 26 novembre, sur le site Naval Group de Cherbourg. Le coque de près de 100 mètres de long et plus 4500 tonnes est sortie du hall de construction du chantier Laubeuf en vue de rejoindre le dispositif de mise à l’eau (DME) de la zone Cachin. Un transfert réalisé au moyen de douze berceaux supportés de chaque côté du sous-marin par un marcheur, soit 24 en tout qui déplacent l’imposant colis à une vitesse de 30 mètres par heure selon Naval Group.  

 

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© NAVAL GROUP

Le SNA Duguay-Trouin (© NAVAL GROUP)

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© NAVAL GROUP

Le SNA Duguay-Trouin sortant du chantier Laubeuf (© NAVAL GROUP)

 

La mise à l’eau du Duguay-Trouin interviendra dans les semaines qui viennent. Les essais et mises en route des équipements se poursuivront dans la zone Cachin et la chaufferie nucléaire du bâtiment sera chargée. « Le deuxième SNA de la série entre donc dans sa phase ultime d'achèvement et d'essais. Pour prendre en compte le retour d'expérience du Suffren dans cette phase d'achèvement et d'essais, nous avons adapté l’environnement de Cachin pour en faire un vrai site industriel et ce, avec l'accord de la DGA qui en est propriétaire », précise Naval Group. 

Le Duguay-Trouin, dont le premier équipage a été créé le 9 septembre, débutera ensuite ses essais en mer, probablement autour de l’été, en vue d’une livraison à la flotte française à la fin de l’année 2022. Il rejoindra le premier sous-marin de cette série, le Suffren, livré en novembre 2020 et qui doit être prochainement admis au service actif. Quatre autres SNA suivront. « Avec cette étape et compte tenu de l'avancement des sous-marins suivants nous basculons résolument dans la deuxième moitié du programme et la production en série. Il s’agit maintenant de sortir un sous-marin tous les deux ans environ, donc d’ici 2026, Naval Group aura livré les quatre premières unités. La construction du Tourville et du Grasse se poursuivent à un niveau déjà très avancés dans les nefs du chantier Laubeuf. Cela se déroule de manière nominale, en maîtrisant la complexité technique et les calendriers qui sont partagés avec nos clients DGA et CEA, ainsi que la Marine nationale ».

Les futurs Tourville et De Grasse devraient donc être livrés en 2024 et 2026 puis, si le rythme d’une unité tous les deux ans est maintenu, les Rubis et Casabianca suivront en 2028 et 2030.

 

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© MARINE NATIONALE

Le SNA Suffren (© MARINE NATIONALE)

 

Appelés à remplacer les six SNA du type Rubis, mis en service entre 1983 et 1993, les Suffren, réalisés dans le cadre du programme Barracuda notifié en 2006, sont nettement plus grands, puissants et discrets que leurs aînés. Ces bâtiments de 99.5 mètres de long pour un diamètre de 8.8 mètres et affichent un déplacement d’environ 5300 tonnes en plongée. Ils sont équipés d’une chaufferie nucléaire de la famille K15 d’une puissance de 150 MW, de quoi leur assurer une vitesse en plongée d’au moins 25 nœuds avec un mode de propulsion électrique silencieux et très réactif pour les évolutions tactiques à faible et moyenne vitesses. Comme pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) du type Le Triomphant, le propulseur est caréné sous forme de pompe-hélice. Leur manoeuvrabilité est en outre accrue grâce à des barres de plongée arrière en forme de X.

Mis en œuvre par un équipage de 65 marins, les Suffren disposent de quatre tubes de 533 mm avec une réserve de 20 armes : torpilles F21 et missiles antinavire SM39, mais aussi des MdCN. Ce sont les premiers sous-marins français à disposer de missiles de croisière, leur permettant de frapper des cibles terrestres à très grande distance (le MdCN est donné pour une portée de plus de 1000 kilomètres). Autre nouveauté, les SNA du programme Barracuda peuvent embarquer un module amovible derrière le kiosque. Ce DDS (Dry Deck Shelter) est conçu pour abriter le matériel des forces spéciales, dont le nouveau propulseur sous-marin (PSM3G). Ces sous-marins pourront aussi mouiller des mines sous-marines et mettre en œuvre des drones.

- Voir notre article complet sur le SNA Suffren

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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