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Alors que l’admission au service actif du Suffren, premier des six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) français du programme Barracuda, se profile, son premier sistership sera bientôt lancé. Dans cette perspective, le premier équipage du futur Duguay-Trouin vient d’être officiellement créé. Le jeudi 9 septembre, le vice-amiral d’escadre Jean-Philippe Chaineau, commandant les forces sous-marines et la force océanique stratégique (Alfost), a remis son fanion à l’équipage bleu du SNA Duguay-Trouin à l’occasion d’une cérémonie qui s’est déroulée à la Cité de la Mer à Cherbourg. « Cette remise marque la création de l’équipage d’armement, dont la mission sera de préparer puis de conduire les essais à la mer du deuxième sous-marin du type actuellement en construction », précise la Marine nationale. Lors de cette cérémonie, l’amiral a fait reconnaître le capitaine de frégate Sébastien Renaud (*) comme commandant de cet équipage d’armement. « Les marins de cet équipage sont issus des SNA de type Rubis, ils ont effectué une transformation de compétences grâce à des formations théoriques, des séances sur simulateurs à l’école de navigation sous-marine de Toulon et lors d’embarquements à la mer sur le SNA Suffren. L’équipage continuera à se former pour conduire ensuite les essais à la mer du SNA Duguay-Trouin. Soutenu dans ses missions par le groupement des sous-marins de Cherbourg, l’équipage d’armement montera progressivement en puissance pour atteindre un effectif de 70 personnes ».

 

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© MARINE NATIONALE

Cérémonie de création de l'équipage d'armement du Duguay-Trouin (© MARINE NATIONALE)

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© MARINE NATIONALE

Cérémonie de création de l'équipage d'armement du Duguay-Trouin (© MARINE NATIONALE)

 

A quelques centaines de mètres de la Cité de la Mer, dans le chantier Naval Group de Cherbourg, le Duguay-Trouin, dont la construction a débuté il y a plus de 10 ans et la coque épaisse fermée en décembre 2020, est en achèvement. Aux dernières nouvelles, il doit sortir du gigantesque hall d’assemblage fin novembre pour rejoindre, grâce à des dizaines de « marcheurs », le dispositif de mise à l’eau (DME). Cet énorme ascenseur, quand il est en position basse, fait office de cale sèche pouvant ensuite être remplie d’eau de mer puis ouverte via un bateau-porte sur les bassins de la base navale. Il faudra environ un mois entre le transfert du SNA sur le DME et la mise à l’eau effective.

Les travaux et mises en route des équipements se poursuivront ensuite à flot, avec en particulier l’étape cruciale du chargement du réacteur nucléaire puis sa divergence. Ainsi, le Duguay-Trouin pourra réaliser ses essais en mer l’année prochaine en vue d’une livraison à la Marine nationale toujours planifiée d’ici la fin 2022. Ce nouveau sous-marin sera comme son aîné (et tous les SNA français) basé à Toulon. Quant aux quatre autres SNA du programme Barracuda, tous sont maintenant en chantier, à divers stades de construction. Suite à une dernière remise à plat calendaire du programme l’an dernier, la livraison du troisième de la série, le De Grasse, a glissé de 2023 à 2024 et celle du Tourville de 2025 à 2026. Les deux derniers (Rubis et Casabianca) devraient suivre en 2028 et 2030. 

 

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© MARINE NATIONALE

Le Suffren (© : MARINE NATIONALE)

 

Appelés à remplacer les six SNA du type Rubis, mis en service entre 1983 et 1993, les Barracuda sont nettement plus grands, puissants et discrets. Ces bâtiments de 99.5 mètres de long pour un diamètre de 8.8 mètres et affichent un déplacement d’environ 5300 tonnes en plongée. Ils sont équipés d’une chaufferie nucléaire de la famille K15 d’une puissance de 150 MW, de quoi leur assurer une vitesse en plongée d’au moins 25 nœuds avec un mode de propulsion électrique silencieux et très réactif pour les évolutions tactiques à faible et moyenne vitesses. Comme pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) du type Le Triomphant, le propulseur est caréné sous forme de pompe-hélice. Leur manoeuvrabilité est en outre accrue grâce à des barres de plongée arrière en forme de X.

Mis en œuvre par un équipage de 65 marins, les Suffren disposent de quatre tubes de 533 mm avec une réserve de 20 armes : torpilles F21 et missiles antinavire SM39, mais aussi des MdCN. Ce sont les premiers sous-marins français à disposer de missiles de croisière, leur permettant de frapper des cibles terrestres à très grande distance (le MdCN est donné pour une portée d’environ un millier de kilomètres). Autre nouveauté, les SNA du programme Barracuda peuvent embarquer un module amovible derrière le kiosque. Ce DDS (Dry Deck Shelter) est conçu pour abriter le matériel des forces spéciales, dont le nouveau propulseur sous-marin (PSM3G). Ces sous-marins pourront aussi mouiller des mines sous-marines et mettre en œuvre des drones.

- Voir notre article complet sur le SNA Suffren

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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© MARINE NATIONALE

Le CF Renaud (© MARINE NATIONALE)

 

(*) Biographie du capitaine de frégate Sébastien Renaud :

Agé de 39 ans, le capitaine de frégate Sébastien Renaud est issu de la promotion de l’Ecole Navale 2002, dont il a préparé le concours au Lycée Naval de Brest.

En 2005, en sortie de l’école de spécialité « lutte sous la mer », il occupe les fonctions d’officier « opérations » puis commandant en second sur le patrouilleur La Moqueuse, en Nouvelle-Calédonie.

Il rallie le sous-marin nucléaire d’attaque Casabianca en 2007, au poste de chef des services navigation puis transmissions. Pendant ces deux ans, le théâtre des déploiements du Casabianca s’étend de l’océan Atlantique à l’océan Indien.

En 2009, il prend à Brest le commandement du bâtiment-école Chacal, chargé de la formation à la mer des futurs chefs de quart de la Marine.

Breveté de l’Ecole des Systèmes de Combat et Armes Navales, il est affecté en 2011 comme chef du service « armes tactiques » puis officier « opérations » des sous-marins Saphir et Améthyste, qui se déploient alors principalement en Méditerranée.

En 2014, il est breveté atomicien puis rejoint comme instructeur l’Ecole d’Application des Officiers de Marine. Il y effectue deux missions « Jeanne d’Arc » en océan Indien et mer de Chine sur les porte-hélicoptères d’assaut Dixmude et Tonnerre.

Il revient aux forces sous-marines en janvier 2017, comme commandant en second de l’équipage bleu du SNA Améthyste, alors en fin de période d’entretien majeur. Une fois la disponibilité du sous-marin acquise, il effectue deux cycles en Atlantique et Méditerranée.

Il réussit le cours de commandement de sous-marins en 2018.

Il prend le commandement de l’équipage rouge du sous-marin nucléaire d’attaque Améthyste le 7 octobre 2019 pour effectuer une mission en Atlantique.

De septembre 2020 à mars 2021, il est stagiaire de la 28ème promotion de l’Ecole de Guerre, avant de prendre le commandement du SNA Emeraude.

 

 

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