Aller au contenu principal

Les discussions ont commencé avec différentes marines étrangères en vue de vendre L’Adroit, premier patrouilleur hauturier du type Gowind OPV. Réalisé dans le cadre du projet Hermes, L’Adroit a été construit sur fonds propres par DCNS, qui souhaitait ainsi disposer d’un modèle éprouvé à la mer afin de faciliter les ventes de sa nouvelle gamme Gowind. A titre d’expérimentation, il a été mis à disposition de la Marine nationale suivant un accord de partenariat de trois ans (2012 – 2015) au travers duquel les marins l’utilisent pour leurs besoins opérationnels et y testent de nouveaux équipements (comme le drone aérien Camcopter S-100 de Schiebel). Ces essais servent notamment dans le cadre des travaux de définition du futur programme BATSIMAR (bâtiments de surveillance et d’intervention hauturiers). DCNS, de son côté, s’en sert de vitrine commerciale et profite du retour d’expérience des militaires français pour améliorer son produit. Un partenariat « gagnant – gagnant » qui va, néanmoins, rapidement arriver à échéance. Remis à la Marine nationale en novembre 2011, L’Adroit, qui a été admis au service actif en mars 2012, quittera en effet la flotte française dans un peu plus d’un an. Il n’a, en effet, pas vocation à être acheté par la marine, qui en est certes satisfaite, mais doit atteindre la prochaine loi de programmation militaire (2020 – 2024) pour espérer voir la commande de ses patrouilleurs de nouvelle génération, les BATSIMAR.

 

 

Des prospects en Amérique latine et en Afrique

 

 

DCNS doit donc trouver un client export pour reprendre son bateau. En l’espèce, plusieurs prospects seraient intéressés, notamment en Amérique latine (on parle de l’Uruguay), mais aussi en Afrique. Dans ces deux régions, les besoins en moyens de surveillance et de contrôle des zones maritimes sont en effet très importants, notamment dans le cadre de la protection des installations offshore et des réserves halieutiques, ainsi que la lutte contre les trafics illicites. Pour remplir ces missions, les forces navales sont à la recherche de bâtiments simples, endurants et économiques.

Construit aux normes civiles, L’Adroit peut donc, à ce titre, constituer une opportunité intéressante sur le marché de l’occasion. Et être aussi un tremplin pour DCNS, qui propose à ses prospects de prolonger cette acquisition par la réalisation de nouveaux patrouilleurs. Le premier Gowind OPV pourrait, ainsi, constituer une tête de série à moindre coût et présenterait l’avantage d’être disponible très rapidement. Une solution que l’on peut par exemple imaginer pour l’Afrique du sud, à laquelle DCNS, allié au chantier local Kobus Naval Design (KNB), propose ce type de bâtiment.  

 

 

Un bâtiment de 87 mètres et 1400 tonnes

 

 

Long de 87 mètres et affichant un déplacement d'environ 1400 tonnes en charge, L'Adroit peut accueillir sur sa plateforme un hélicoptère de 10 tonnes (comme le NH90 ou l’EC225) et embarquer en déploiement une machine de 5 tonnes (de type Dauphin/Panther par exemple) logée dans un abri. Sur l’arrière, deux rampes permettent la mise à l’eau d'embarcations rapides de 9 mètres. Pouvant atteindre la vitesse de 21 noeuds, le patrouilleur présente une autonomie de 8000 milles à vitesse économique et peut rester trois semaines en opération, sa disponibilité étant prévue pour atteindre 220 jours de mer par an. Conçu pour la surveillance de grands espaces maritimes, L’Adroit dispose d’une passerelle panoramique, avec vision à 360 degrés, et de radars de veille surface et aérienne Scanter 4100 et Scanter 6000 placés sous un radôme. En dehors de ses deux canons à eau, qui servent de moyens d’action non létaux, l’armement du bâtiment comprend, pour le moment, un canon de 20mm et deux mitrailleuses de 12.7mm, tous manuels. Il est néanmoins possible d’installer des affûts télé-opérés et une artillerie plus puissante, le bateau étant conçu pour pouvoir embarquer une tourelle de 76mm.

 

Aller plus loin

Rubriques
Défense
Dossiers
Naval Group