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Premier bâtiment porte-drones de l’histoire navale, spécialement conçu pour mettre en œuvre des engins autonomes sous-marins, de surface et aériens, le M 940 Oostende a été mis sur cale le 30 novembre, en Bretagne, en vue d’une livraison fin 2024.  

Il s’agit du premier des douze nouveaux bâtiments de guerre des mines belges et néerlandais, qui succèderont aux chasseurs de mines tripartites (CMT) construits dans les années 80. Appelé rMCM pour « replacement Mine Counter Measure », ce programme binational est piloté par la Belgique, qui a retenu en 2019 la solution française portée par Naval Group et ECA Group, réunis au sein de la société Belgium Naval & Robotics (BNR). Alors qu’ECA développe les systèmes robotisés qui seront produits dans une nouvelle usine implantée à Ostende, Naval Group, en charge du bâtiment porteur et de l’intégration de l’ensemble, a confié la réalisation des navires à Kership, sa société commune avec l’industriel breton Piriou, dont le chantier concarnois vient donc de débuter l’assemblage de la tête de série.  

Une première mondiale

Longs de 82.6 mètres pour une largeur de 17 mètres et un déplacement à pleine charge d’un peu plus de 2700 tonnes au neuvage, les futurs chasseurs de mines (Mine Counter Measure Vessels – MCMV) auront une propulsion diesel-électrique (avec trois groupes ABC) leur permettant de naviguer à plus de 15 nœuds pour une distance franchissable supérieure à 3500 nautiques. En plus des deux lignes d’arbres, ils seront équipés de trois propulseurs en tunnel (deux avant, un arrière) et d'un positionnement dynamique. Ces bâtiments mettront en œuvre un système de drones appelé « tool box », qui réunit différents engins robotisés, dont des drones de surface (USV), drones sous-marins (AUV) et robots téléopérés (ROV) développés par ECA. Une véritable rupture technologique. « Nous développons ici le premier véritable porte-drones, c’est une première mondiale », explique à Mer et Marine Eric Perrot, directeur du programme chez Naval Group, qui n’hésite pas à faire l’analogie avec la naissance des premiers porte-avions il y a un peu plus de 100 ans. « C’était autour des années 1920 et cette innovation a bouleversé le combat naval. Un siècle plus tard, nous pensons que nous sommes, avec les drones, au début d’une nouvelle évolution majeure comme celle-ci ».

 

 

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© BNR

 

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© BNR

Représentation des futurs MCMV et de leurs différents drones (© BNR)

 

Un drone de surface doté de plusieurs charges utiles

La tool box a été développée par ECA sur la base de produits existants, déjà vendus par le groupe français à différentes marines à travers le monde. Mais jamais d’une manière aussi complète, avec un tel niveau d’intégration et un bâtiment-mère spécialement conçu pour mettre en œuvre ces engins et analyser en temps réel des montagnes de données. Il y a d’abord les USV du type Inspector 125, embarcations en composite de 12.3 mètres de long pour une largeur de 4.2 mètres et un tirant d’eau de 70 centimètres. Leur déplacement peut atteindre 18 tonnes. La propulsion est assurée par deux moteurs diesels et deux hydrojets, avec une vitesse de pointe de plus de 25 nœuds. L’autonomie peut atteindre selon ECA jusqu’à 48 heures, l’Inspector 125 pouvant évoluer jusqu’à un état de mer 4. L’engin est équipé à l’avant d’un sonar d’évitement de mines (MOAS).  Ces drones de surface sont conçus pour mettre en œuvre différentes charges utiles selon deux grandes missions.

 

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