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Washington a annoncé, le 21 décembre, avoir donné son accord pour la vente de systèmes de catapultage et de récupération d’appareils destinés au porte-avions nucléaire français de nouvelle génération (PA-NG). Selon la Security Cooperation Agency du département à la Défense, le gouvernement français a demandé aux Etats-Unis de pouvoir acheter un système EMALS (Electromagnetic Aircraft Launch System) comprenant deux catapultes électromagnétiques, ainsi qu’un système AAG (Advanced Arresting Gear) avec trois brins d’arrêt. Le coût estimé de ces équipements est annoncé à 1,321 milliard de dollars. L’installation, les essais et la mise en service des systèmes sur le PA-NG sont prévues entre 2033 et 2038. Il s'agit de la configuration de base du futur bâtiment, sur lequel l'intégration d'une troisième catapulte (à l'avant) a aussi été étudiée, mais cette option serait évidemment plus onéreuse. 

Développés par le groupe américain General Atomics, les EMALS et AAG sont les nouvelles catapultes et systèmes de récupération électromagnétiques développés aux Etats-Unis pour les porte-avions de classe Gerald R. Ford. Ces systèmes succèderont aux catapultes à vapeur et aux systèmes hydrauliques des brins d’arrêt aujourd’hui en service sur les précédents porte-avions américains et sur le Charles de Gaulle.

 

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© GENERAL ATOMICS

Le système EMALS employé sur les nouveaux porte-avions américains de la classe Ford (© : GENERAL ATOMICS)

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© GENERAL ATOMICS

Le système AAG employé sur les nouveaux porte-avions américains de la classe Ford (© : GENERAL ATOMICS)

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© NAVAIR

Le système AAG employé sur les nouveaux porte-avions américains de la classe Ford (© : GENERAL ATOMICS)

 

Par rapport au Charles de Gaulle, les catapultes du PA-NG seront plus longues (90 mètres au lieu de 75) et, avec une meilleure maitrise de la montée en puissance de l’énergie, permettront de mettre en l’air des appareils allant jusqu’à une quarantaine de tonnes, avec une souplesse et une flexibilité facilitant également le catapultage de futurs drones embarqués.

Après l’obtention de la FMS (Foreign Military Sale), les EMALS et AAG doivent être commandés à leur fabricant, General Atomics, dans la foulée de la notification du contrat de développement et de réalisation du PA-NG, prévue en 2025. Et après un test de compatibilité d’un Rafale Marine avec ces équipements sur les installations d’essais à terre de l’US Navy à Lakehurst, dans le New Jersey (à partir de 2022). En dehors des catapultes et brins d’arrêt, la France se procurera également auprès des Etats-Unis des systèmes d’aide à l’appontage.

 

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© NAVAL GROUP

Le pont d'envol du PA-NG (© : CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE - NAVAL GROUP)

 

Officiellement lancé en 2021, le programme PA-NG vise à remplacer le Charles de Gaulle en 2038 par un bâtiment de nouvelle génération nettement plus gros. Le futur porte-avions français mesurera 305 mètres de long pour 79.5 mètres de large (39 à la flottaison) et affichera un déplacement de 75.000 tonnes à pleine charge. A comparer aux 261 mètres de long, 64 mètres de large et 42.500 tpc de son aîné, opérationnel depuis 2001. Il sera plus gros que les Queen Elizabeth britanniques (280 mètres de long, 73 de large max, 65.000 tpc) et s’approchera du gabarit des nouveaux porte-avions américains de la classe Gerald R. Ford (331 mètres de long, 78 de large et environ 101.600 tpc). Le PA-NG est dimensionné pour mettre en œuvre au moins une quarantaine d’aéronefs, dont 30 avions de combat de nouvelle génération (NGF) qui succèderont aux Rafale et doivent être développés dans le cadre du programme SCAF. S’y ajouteront des avions de commandement et de guet aérien E-2D Advanded Hawkeye, des hélicoptères et des drones.

Le programme est pour mémoire placé sous la maîtrise d’ouvrage conjointe de la DGA et du CEA, la maîtrise d’œuvre ayant été confiée à « MO Porte-avions », société commune de Naval Group (65%) et des Chantiers de l’Atlantique (35%) pour la plateforme et son intégration d’ensemble, en cotraitance avec TechnicAtome, maître d’œuvre des chaufferies nucléaires. Des travaux d’interface sont par ailleurs conduits en parallèle pour la bonne prise en compte des besoins opérationnels mais aussi les capacités d’évolution du PA-NG, un point crucial pour permette au bâtiment de pouvoir intégrer de nouvelles technologies, armements et aéronefs. Ces travaux vont être notamment menés avec MBDA pour l’intégration des armes et munitions, ainsi qu’avec Dassault Aviation pour la mise en œuvre des moyens aériens, mais aussi Thales ou encore Safran. 

Le programme en est au stade des études mais les premiers travaux de production ont débuté cette année pour les deux futures chaufferies nucléaires du bâtiment, du type K22, qui seront les plus puissants réacteurs embarqués produits jusqu’ici en France (220 MW contre 150 MW pour les deux K15 du Charles de Gaulle).

La construction de la coque débutera quant à elle partir de 2025 aux Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, le bâtiment devant rejoindre Toulon d’ici 2035 pour le chargement de ses réacteurs et le début de ses essais, prévus l’année suivante.

- Voir notre article détaillé sur le programme PA-NG

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs

 

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