Aller au contenu principal

Les Chantiers de l’Atlantique ont signé ce mois-ci un contrat de sous-traitance avec le groupe italien Fincantieri pour la réalisation de sections de coques destinées aux quatre futurs bâtiments ravitailleurs de forces (BRF) de la marine française. Dans ce cadre, le chantier Fincantieri de Castellammare di Stabia, près de Naples, produira la partie avant de chaque navire. Les sections seront ensuite remorquées à Saint-Nazaire, où elles seront assemblées aux parties arrière, produites en France. Les Chantiers de l’Atlantique assureront l’armement et l’intégration de l’ensemble, puis les essais des BRF, en partenariat avec Naval Group, en charge du système de combat de ces bateaux.

La production pour le premier BRF doit commencer début 2020 à Castellammare di Stabia, Saint-Nazaire devant mettre en chantier la partie arrière l’été prochain. La section italienne sera remorquée à Saint-Nazaire en 2021 puis soudée à la section française. Le « C35 », comme on l’appelle sur les bords de Loire, sera livré à la Marine nationale à partir de la fin 2022. Son premier sistership (D35) sera en flotte avant la fin 2025, les deux dernières unités de la série devant être achevées en 2027 (E35) et 2029 (F35). La dernière section italienne doit quant à elle rejoindre la France en 2027.

Appelés à remplacer le pétrolier-ravitailleur Meuse (désarmé en 2015), ainsi que les bâtiments de commandement et de ravitaillement (BCR) Var, Marne et Somme, les BRF mesureront (pour les deux premiers du moins) 194 mètres de long, pour une largeur de 27.4 mètres, une jauge de 28.700 GT et un port en lourd de 14.870 tonnes. Leur tonnage à pleine charge atteindra 31.000 tonnes (environ 16.000 lège), ce qui en fera les plus lourdes unités de la flotte après le porte-avions Charles de Gaulle. Le choix du successeur de ce dernier, qui doit intervenir en 2020, déterminera la taille des deux derniers BRF. Les E35 et F35 sont en effet jumboisables, avec la possibilité de les allonger d'une dizaine de mètres afin de porter leur capacité d'emport en combustible à 16.000 m3 au lieu de 13.000. Une option laissée ouverte si le ou les futurs porte-avions français ne sont pas à propulsion nucléaire et réclame(nt) donc des capacités supplémentaires en combustible.

Ce programme est pour mémoire conduit sous bannière européenne par l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR), qui a notifié le 30 janvier dernier, pour le compte de la Direction Générale de l’Armement (DGA), le contrat à un groupement formé par les Chantiers de l’Atlantique (mandataire) et Naval Group. BRF fait l’objet d’une coopération franco-italienne. Dans ce cadre, plutôt que de développer une nouvelle plateforme, les français sont partis du design conçu par Fincantieri pour le nouveau ravitailleur de la marine italienne, le Vulcano, en achèvement à flot et qui a déjà fait l’objet d’une construction dans plusieurs chantiers : Castellammare di Stabia a produit la partie avant, alors qu’un autre site de Fincantieri, Riva Trigoso, réalisait la partie arrière, l’ensemble étant ensuite jonctionné et achevé à Muggiano (La Spezia). Officiellement, les BRF sont une évolution du Vulcano mais au-delà du fait qu’ils sont plus grands que le ravitailleur italien (193 mètres de long pour 24 mètres de large et 23.500 tpc) les ingénieurs français ont, pour répondre aux besoins et standards de la Marine nationale, repris une très grande partie des études et largement modifié les espaces internes, aboutissant à des bateaux finalement assez différents.

 

203093 lss vulcano
© FINCANTIERI

Vulcano (© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

203099 brf flotlog ravitailleurs logistique
© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE

BRF (© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

Aller plus loin

Rubriques
Défense Construction navale
Dossiers
Marine nationale Chantiers de l'Atlantique Fincantieri