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On sait un peu plus sur les objectifs du ministère de la Défense concernant le programme des frégates multi-missions (FREMM) après la présentation par Jean-Yves Le Drian du projet de loi de programmation militaire 2014 - 2019 adopté le 2 août en Conseil des ministres. Fin juin, le ministre avait indiqué que 11 FREMM seraient bien construites pour la Marine nationale, alors que la réduction du nombre de frégates de premier rang (de 18 à 15 d’ici 2025) dans le nouveau Livre Blanc sur la Défense laissait entendre que 3 bâtiments seraient abandonnés.

 

 

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© MARINE NATIONALE - MAEL PRIGENT

La FREMM Aquitaine avec un hélicoptère NH90 (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Les « FREDA » construites plus tôt 

 

 

Le projet de LPM, qui devra être confirmé par le parlement, où le texte sera examiné et éventuellement modifié à l’automne, confirme la cible de 11 frégates, avec néanmoins une adaptation notoire. Alors que les deux dernières devaient être des unités dérivées (appelées FREDA) dédiées à la défense aérienne, afin de remplacer les Cassard et Jean Bart en 2021 et 2022, on apprend que ces bateaux ne seront pas les 10 et 11ème, mais les 7 et 8ème. Des unités pour lesquelles il est question d’une « capacité renforcée de défense aérienne ». Il conviendra donc de voir s’il s’agit simplement d’une adaptation à minima de la FREMM de base, avec emport de 32 missiles Aster 15 et Aster 30 (au lieu de 16 Aster 15 et 16 missiles de croisière naval) et un radar Herakles plus puissant, tout en conservant un sonar remorqué ; ou bien si la marine a les moyens de développer une vraie version de défense aérienne de la FREMM. Le repositionnement des « FREDA » plus tôt dans le programme, probablement à l’initiative de la marine, est une excellente chose.

 

 

Les FREMM sont réalisées à Lorient par DCNS (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

 

6 frégates livrées en 2019 au lieu des 8 prévues

 

 

D’abord, puisque la construction des FREMM va être étalée dans le temps et que, pour maintenir le remplacement des Cassard et Jean Bart au début des années 2020 (ces bâtiments étant limités par leur système d’armes principal, le missile SM-1 MR), il convenait d’avancer les FREDA. Ainsi, le projet de LPM ne prévoit que 6 FREMM livrées en 2019, contre 8 prévues jusqu’ici. En moyenne, la cadence de production à partir de la seconde frégate passerait donc d’une livraison tous les 10 mois à une tous les 14 mois (pour mémoire, jusqu’en 2008, le programme  prévoyait 17 FREMM avec une unité produite tous les 7 mois). On notera à ce propos qu'en attendant que la LPM soit entérinée par le parlement, les discussions se poursuivent entre DCNS et le ministère de la Défense quant à l'adaptation du calendrier et du rythme de production. 

Reste que le second avantage d'un remaniement du programme est que, quoiqu’il arrive ensuite, la marine française pourra maintenir une composante de bâtiments de défense aérienne forte de quatre unités (avec les Forbin et Chevalier Paul, mises en service en 2010 et 2011). C’est un seuil sous lequel l’Etat-major estime ne pas être mesure de pouvoir assurer efficacement la protection des bâtiments précieux (porte-avions et BPC notamment) contre des attaques d’avions et de missiles.

 

 

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© DCNS

La FREMM Aquitaine et le BPC Dixmude (© : DCNS)

 

 

La définition des 3 dernières unités actée en 2016

 

 

Concernant les trois dernières FREMM, le ministère de la Défense précise que la « définition » de ces bâtiments, c'est-à-dire les capacités dont ils seront dotés, sera actée en 2016. Une manière aussi, éventuellement, de fixer une échéance visant à décider du maintien, ou non, de la construction de ces bâtiments, dont le dernier exemplaire, si le rythme de production se poursuit après 2019, ne devrait pas être opérationnel avant 2025. Soit 20 ans après le lancement du programme, ce qui nécessitera évidemment des évolutions  technologiques et de possibles modifications en fonction des besoins opérationnels futurs.  

Pour mémoire, la tête de série du programme FREMM, l’Aquitaine, a été livré en décembre 2012 par DCNS à la Marine nationale, qui doit prononcer son admission au service actif dans les prochains mois. Destiné au Maroc, le second bâtiment de la série, le Mohammed VI, sera livré fin novembre, alors que la seconde FREMM tricolore, la Normandie, aura débuté ses essais en mer en vue d’être prise en main par la flotte française en 2014. Les trois suivantes sont à différents stades de fabrication sur le site DCNS de Lorient.

Longues de 142 mètres pour un déplacement de 6000 tonnes en charge, les FREMM peuvent mettre en œuvre, pour la « version de base » française, 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, 16 missiles de croisière MdcN/Scalp Naval, 16 missiles surface-air Aster 15, quatre tubes lance-torpilles (avec une réserve de 19 MU90), une tourelle de 76mm, deux canons de 20 mm et des mitrailleuses, ainsi qu'un hélicoptère Caïman Marine (NH90) Les équipements électroniques comprennent notamment un radar multifonctions Herakles, un sonar de coque UMS 4110, un sonar remorqué Captas 4. 

 

 

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© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

Sonar Captas 4 de l'Aquitaine (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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