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La découpe de la première tôle de l’Amiral Ronarc’h, première des cinq nouvelles frégates de défense et d’intervention (FDI, ex-FTI) de la Marine nationale, s’est déroulée le jeudi 24 octobre sur le site Naval Group de Lorient. Alors que les deux dernières unités du programme des frégates multi-missions (FREMM), l’Alsace et la Lorraine, sont en cours de construction, le chantier breton ouvre une nouvelle page de son histoire industrielle avec les FDI. Premiers bâtiments de combat entièrement numériques (si l’on excepte les Zumwalt américains), ces unités appelées à remplacer les cinq actuelles frégates du type La Fayette, et qui sont aussi déclinées par Naval Group sur le marché export, vont constituer le cœur de la production lorientaise dans la décennie qui vient.

 

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© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

La FREMM Alsace en achèvement à flot à Lorient (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Lorient se modernise pour relever le défi

Le site, qui s’était déjà profondément modernisé au cours des années 2000 dans le cadre du programme FREMM, a lancé un nouveau plan d’investissement de grande ampleur pour s’adapter aux enjeux de la FDI et de sa version export, la Belharra. Mais aussi poursuivre sur sa lancée avec les corvettes de la famille Gowind, exclusivement vendues sur le marché international. Sur deux ans (2019-2020), 27 millions d’euros sont investis dans l’outil industriel, en particulier l’acquisition de nouvelles machines, la construction de trois cabines de peinture à température dirigée, ou encore le déploiement d’outils de réalité virtuelle, lunettes et tablettes, afin par exemple de contrôler certains équipements en sortie de production, comme des tuyaux, et vérifier le montage à bord des bateaux. Avec FDI, les plans papiers vont disparaitre, les ouvriers et techniciens étant progressivement équipés de tablettes sur lesquelles ils pourront consulter la maquette numérique 3D des frégates et de leurs différents locaux. Une petite révolution pour l’ancien arsenal, dont la forme de construction couverte date de 1920. L’arrivée de nouveaux outils et l’optimisation des process industriels doit permettre de gagner en qualité et en rapidité d’exécution, l’objectif étant de pouvoir produire les futures frégates en 30 mois seulement, contre 42 au mieux pour les FREMM.

 

 

Cinq unités à mettre en service entre 2025 et 2030

L’Amiral Ronarc’h, qui devrait débuter ses essais en mer en 2022, est prévu pour rejoindre la flotte française au second semestre 2023. Le temps de s’approprier cette frégate de nouvelle génération, expérimenter ses capacités, faire au besoin des mises au point et éprouver le bâtiment avec une traversée de longue durée en eaux chaudes comme en eaux froides, la Marine nationale pense prononcer l’admission au service actif de la première FDI en 2025. La même année, Naval Group livrera la seconde unité de la série, qui prendra le nom d’Amiral Louzeau et aura deux ans de décalage par rapport à son aînée. La cadence de production sera ensuite d’une frégate tous les 18 mois. Les troisième (Amiral Castex) et quatrième (Amiral Nomy) FDI rallieront la Marine nationale entre 2026 et 2028, la cinquième (Amiral Cabanier) devant les rejoindre en 2029 pour une mise en service en 2030.

Bien plus puissants que les La Fayette (unités de 125 mètres de long pour 15.4 mètres de large et environ 3800 tonnes en charge) mais plus compacts que les FREMM (142 x 20 mètres, 6000 tpc), les « Amiraux » mesureront 121.6 mètres de long pour 17.7 mètres de large et auront un déplacement en charge de 4460 tonnes au neuvage.

 

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© NAVAL GROUP

(©  DGA)

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© NAVAL GROUP

(©  NAVAL GROUP)

 

La révolution numérique

C’est avec ces frégates que la révolution numérique va pleinement s’installer sur les bâtiments de combat. Fini les calculateurs et baies informatiques dédiés à chaque grand système, comme le système de combat (CMS) ou le système intégré de management de plateforme (IPMS). Premières frégates digitalisée, les FDI s’appuient sur une architecture informatique de nouvelle génération, la quasi-totalité de la puissance de calcul embarquée étant concentrée dans deux data centers. Elle sera ensuite employée au profit des différents systèmes sous la forme d’applications. Ce changement complet de paradigme présente plusieurs avantages, comme une grande facilité à intégrer de nouveaux logiciels ou équipements numérisés, à une époque où la technologie évolue à grande vitesse. Ce sera donc un atout crucial pour permettre à ces bateaux d’évoluer très vite et, ainsi, rester au meilleur niveau tout au long de leur durée de vie, soit une trentaine d’années au moins. Cette architecture va aussi offrir une puissance de calcul plus importante pour les différents systèmes et répond à l’un des grands enjeux du moment : la cyberdéfense.

 

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