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En août 2018, les Etats-Unis envoyaient un signal politique fort, destiné notamment à la Russie et à la Chine, avec la réactivation de la 2ème Flotte, huit ans après sa mise en sommeil. Dévolue aux opérations en Atlantique nord mais aussi dans l’Arctique, elle a été déclarée pleinement opérationnelle le 31 décembre 2019. « Dans un environnement sécuritaire de plus en plus complexe au niveau mondial, nos alliés comme nos concurrents savent parfaitement que bon nombre des routes maritimes les plus actives se trouvent en Atlantique nord. Combiné à l’ouverture de voies de navigation dans l’Arctique, cet espace de compétition ne fera que croître et le dévouement de la 2ème Flotte au développement et à l’emploi de forces compétentes garantira que notre nation est à la fois présente et si besoin prête à combattre dans la région », a déclaré le vice-amiral Andrew Lewis, commandant de la 2ème Flotte. Celle-ci a son quartier général à Norfolk et ne dispose pas, pour l'instant du moins, d'une armada de bâtiments qui lui sont affectés, comme c'était auparavant le cas (plus d'une centaine d'unités au moment de sa désactivation en 2011). Elle s'appuie pour l'heure sur les bâtiments et aéronefs stationnés sur la côte Est des Etats-Unis, ainsi que ceux qui évoluent en Atlantique jusqu’en Europe du nord, où elle a conduit au mois de juin dernier, en Baltique, son premier exercice dans cette zone avec des forces navales européennes. La mission de la 2ème Flotte s’inscrit d’ailleurs pleinement dans une logique de coopération transatlantique, en particulier avec les autres pays de l’OTAN dans cette région. En septembre, elle a aussi établi un centre opérationnel avancé à Keflavik, en Islande. Fort d’une trentaine de personnels pour le moment, il est à même d’assurer le commandement et la coordination d’une force navale, et contribue à la connaissance et au suivi de situation au cœur de l’Atlantique nord.

La réactivation et maintenant la montée en puissance de la 2ème Flotte s'inscrit dans le cadre de la volonté des Etats-Unis de réinvestir dans cette grande région, dont l'intérêt stratégique avait décru suite à l'effondrement de l'URSS puis le recentrage vers la zone Asie-Pacifique. Mais les convoitises autour du potentiel économique de l'Arctique, auquel s'intéressent fortement Pékin et Moscou, tout comme le regain d'activité de la flotte russe, en particulier de ses sous-marins, ont convaincu Washington de s’y ré-intéresser.

 

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