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Spécialisés dans les secours en mer, les hélicoptères Dauphin de la flottille 35F de l'aéronautique navale sauvent, chaque année, de nombreuses vies. Plaisanciers, pêcheurs, marins au commerce, passagers de ferries ou de paquebots... Suite à un naufrage ou un accident, les hommes de la 35F, qui travaillent de concert avec des équipes médicales, notamment du Service de santé des armées et du SAMU, interviennent 24h/24, 7j/7 et dans des conditions météo parfois difficiles. Dans quelques années, ils devront faire face à de nouveaux types d'intervention avec l'implantation, au large des côtes françaises, de vastes parcs éoliens offshores. Des champs doivent, notamment, être installés au large de la Normandie et de la Bretagne, dans les secteurs du Tréport, de Courseulles-sur-Mer, de Saint-Brieuc et de Saint-Nazaire. Et, en parallèle, de nombreux projets vont voir le jour au large des côtes britanniques, ce qui pourra également nécessiter, en cas de gros accident, l'intervention de moyens français. Les détachements de la 35F basés dans ces secteurs devront donc être rôdés pour oeuvrer au milieu de ces parcs comptant près d'une centaine d'éoliennes géantes, dont le diamètre du rotor peut atteindre 150 mètres. Evoluer en hélicoptère dans un tel site, avec notamment des pales mouvantes, constitue une manoeuvre délicate pour un hélicoptère. Le champ London Array (© : MARINE NATIONALE) Le champ London Array (© : MARINE NATIONALE) Collision impliquant un paquebot près d'un parc éolien Dans ces conditions, les équipages des appareils chargés des missions SAR (Search and Rescue) devront parfaitement maîtriser ce nouvel environnement, afin de mener des interventions en toute sécurité. Même si la construction des premiers parcs français ne débutera pas avant quatre ou cinq ans, la 35F a eu l'opportunité, la semaine dernière, de mener un premier exercice dans un champ éolien offshore situé devant les côtes britanniques. Cette manoeuvre s'est déroulée dans le cadre de la participation de la France à GUARDEX 12. Cet exercice organisé par la Maritime Coastguard Agency (MCA) britannique, qui se déroulera le 2 octobre prochain, prend justement en compte la nécessité d'appréhender les opérations dans l'environnement particulier des implantations d'éoliennes offshores. Le scénario retenu pour l'exercice porte sur la collision d'un paquebot avec un autre navire à proximité d'un champ. A la suite de cet événement, de nombreux blessés seront à déplorer parmi les passagers et les techniciens travaillant sur les pylônes à proximité. Compte tenu de la situation, le MANCHE PLAN sera activé par le MRCC de Douvres (équivalent britannique des CROSS français) qui, en liaison avec le CROSS Gris-Nez, engagera de nombreux moyens français. Entrainement à London Array (© : MARINE NATIONALE) Entrainement à London Array (© : MARINE NATIONALE) Entrainement à London Array (© : MARINE NATIONALE) Entrainement à London Array (© : MARINE NATIONALE) Entrainement à London Array (© : MARINE NATIONALE) Entrainement à London Array (© : MARINE NATIONALE) « Les repères sont différents, il faut s'y habituer » Afin de préparer ces grandes manoeuvres, le 23 mai, le lieutenant de vaisseau Jean-Daniel Widmaier et son équipage du Dauphin basé au Touquet ont effectué un entraînement SAR au milieu de la London Array, un champ d'éoliennes au large de la Tamise. Objectif : simuler une évacuation médicale à partir de la plateforme d'une éolienne, structure spécialement conçue pour les hélitreuillages, qui se trouve derrière la turbine, à 85 mètres au dessus des flots. « L'approche en hélicoptère de ce champ d'éoliennes est assez impressionnante. Les éoliennes culminent à 150 mètres de haut. Plusieurs passages permettent de simuler le treuillage d'un blessé à la sangle puis d'un blessé dans une civière, les repères sont différents, il faut s'y habituer », explique le capitaine Widmaier. Cet entrainement inédit pour un hélicoptère de la Marine nationale sera réitéré dans les mois à venir, avec d'autres hélicoptères mais aussi des moyens nautiques, comme les vedettes des sauveteurs de la SNSM, qui pourraient aussi être sollicités en cas d'accident dans, ou à proximité des champs éoliens offshores. Entrainement à London Array (© : MARINE NATIONALE) Entrainement à London Array (© : MARINE NATIONALE) Entrainement à London Array (© : MARINE NATIONALE) Hélitreuillage sur un Dauphin (© : MARINE NATIONALE)

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Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) EMR : éolien offshore posé et flottant