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Comme nous l’indiquions la semaine dernière, la coque du second des cinq sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de première génération dont la déconstruction a été confiée à Naval Group a disparu après 18 mois de travaux à Cherbourg. Il s’agissait de L’Indomptable, mis en service en 1976 et désarmé en 2005, sur lequel les travaux sont se achevés en août. Il était entré dans le bassin n° 5 en mars 2020 afin d’y être mis au sec et découpé, succédant à un premier SNLE, Le Tonnant (1980-1999), installé dans cette même forme en septembre 2018 et dont l’élimination avait été menée à bien en février 2020.

Après de longues années d’attente, laissant le temps à quelques végétaux de se développer dans ses plaques de pont, Le Foudroyant (1974-1998) leur succède maintenant. La vieille coque, 47 ans après sa mise en service et 23 ans après son désarmement, a pris place le 9 septembre dans le bassin 5, assistée par les remorqueurs et pousseurs de la base navale. Il aura disparu en 2023. Ne restera alors plus que Le Terrible (1973-1996) et L’Inflexible (1985-2008), que Naval Group prévoit maintenant de déconstruire d’ici 2026 (au lieu de 2027 comme prévu initialement).

 

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© NAVAL GROUP

La coque de l'ancien SNLE Le Foudroyant dans le bassin 5 (© : NAVAL GROUP)

 

Ce contrat a été notifié en 2016 par la Direction Générale de l’Armement, qui avait supervisé en amont le démantèlement des installations nucléaires des bâtiments. Dans cette perspective, la tranche réacteur des cinq sous-marins (une section d’environ 8 mètres de long) a été découpée pour être traitée séparément. Les vieilles coques ont ensuite été ressoudées en prévision de leur déconstruction. A l’issue, elles ne mesurent plus que 120 mètres de long.

Les travaux ont donc été confiés à Naval Group, qui en assure la maitrise d’œuvre et travaille avec deux grands partenaires : Veolia pour la valorisation des déchets et Neom (filiale de Vinci) pour tout ce qui concerne le désamiantage. Chaque coque représente notamment 6000 tonnes environ d’acier à traiter, dont près de 90% est recyclé. Le chantier mobilise une soixantaine de personnes. « Pionnier des technologies navales sous-marines, Naval Group maîtrise l’ensemble du cycle de vie des SNLE : conception, réalisation, entretien/modernisation, démantèlement et déconstruction. Fort de cette maîtrise, et pour le compte de son client la Direction Générale de l’Armement, Naval Group est fier, aujourd’hui, de poursuivre avec ses partenaires, un programme totalement inédit en France », a déclaré Olivier Lezin, directeur du programme de déconstruction des ex-SNLE, à l’occasion du début du chantier sur Le Foudroyant.

Longs de 128.7 mètres (avec la tranche réacteur) pour un diamètre de 10 mètres et un déplacement qui atteignait 8000 tonnes en plongée, ces SNLE étaient armés par 135 marins. Ils pouvaient mettre en œuvre 16 missiles balistiques M4 (d’origine pour L’Inflexible et après refonte dans les années 80 pour les quatre autres) et disposaient de quatre tubes lance-torpilles.

Seul le premier SNLE de cette série, et premier sous-marin nucléaire français, Le Redoutable (1971-1991), a été conservé. Il a été transformé en musée à la Cité de la Mer de Cherbourg en 2002 après le retrait de sa tranche réacteur et son remplacement par un tronçon de la Turquoise, l’un des deux SNA du type Rubis dont la construction avait été abandonnée suite à l’effondrement de l’URSS.

Les six Redoutable ont pour mémoire été remplacés par les quatre SNLE du type Le Triomphant, mis en service dans la Marine nationale entre 1996 et 2010 et qui ont été modernisés. Des bâtiments auxquels succèderont les futurs sous-marins nucléaires de troisième génération (SNLE 3G) dont la construction va bientôt débuter sur le site Naval Group de Cherbourg en vue d'une livraison de la tête de série en 2035. Et en attendant, le chantier de la pointe du Cotentin continue de réaliser les nouveaux sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) du programme Barracuda dont le second exemplaire sera mis à l'eau dans les mois qui viennent

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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