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Après un bref emballement médiatique lié à une annonce américaine mal interprétée, Athènes et Paris ont très rapidement mis les points sur les « i ». Samedi 11 novembre, la Grèce a confirmé son choix d’acquérir des frégates de défense et d’intervention (FDI) françaises, conformément à l’accord annoncé le 28 septembre dernier. La France a indiqué que les contrats avaient été signés il y a plusieurs jours et le ministère grec de la Défense a précisé que le processus final est en cours pour leur entrée en vigueur, les textes allant notamment être présentés pour vote au parlement.

L’accord franco-grec porte sur trois FDI, qui seront construites à Lorient par Naval Group, avec des livraisons prévues en 2025 pour les deux premières et en 2026 pour la troisième, le tout pour un montant de 3 milliards d’euros (dont trois ans de maintien en condition opérationnelle après réception par le client). S’y ajoute une option pour une quatrième unité, qui si elle est confirmée serait livrée en 2027. Les accords pour le moment conclus ne comprennent pas des corvettes du type Gowind, que la France a proposé à la Grèce comme alternative à la modernisation de ses quatre frégates du type Meko 200 HN, mises en service entre 1992 et 1998.

Le bref coup de chaud médiatique faisait suite au feu vert, donné le 10 décembre par le département américain à la Défense à la vente potentielle par Lockheed Martin de quatre frégates du type MMSC (version export des LCS) et leur armement à la Grèce, pour un montant de 6.9 milliards de dollars. A cela s’ajoute les autorisations pour la modernisation des Meko de la marine hellénique, pour 2.5 milliards de dollars. Il s’agissait simplement de l’aboutissement d’un processus légal, habituel aux Etats-Unis, qui voit toute exportation d’armement soumise à l’accord du gouvernement américain, dont les décisions sont rendues publiques. Il en va de même en France, avec la commission interministérielle pour l'étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG), dont les décisions sont cependant plus discrètes. Le communiqué du département à la Défense précisait d’ailleurs que la vente des MMSC et la rénovation des Meko restait soumise au choix du lauréat de l’appel d’offres international lancé par la Grèce. Le gouvernement français a de plus indiqué qu’il avait été prévenu en amont, par son homologue américain, de cette annonce.

Suite à la crise diplomatique provoquée par le pacte AUKUS, qui s’est soldé par l’annulation du contrat des sous-marins australiens conclu avec la France en 2016, un nouveau coup de Trafalgar anglo-saxon aurait été incompréhensible. Surtout que l’apaisement avec Paris passe par des « compensations » américaines, Washington ayant probablement laissé le champ libre aux Français sur certains marchés internationaux, dont la Grèce et probablement au Moyen-Orient.  

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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