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Des systèmes de surveillance intégrés permettent de contrôler en temps réel le trafic maritime, les mouvements portuaires et la situation autour d’infrastructures critiques

La montée en puissance des intérêts maritimes et, en parallèle, le développement des risques et menaces, comme les accidents de mer, la protection de l’environnement, le terrorisme et les trafics illicites, poussent de nombreux pays à se doter de moyens de sécurité et de sureté maritimes, tant pour la surveillance de leurs eaux et du littoral, que pour celle des infrastructures portuaires et offshores.

 

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(© SIGNALIS)

 

Des systèmes intégrés, appelés VTS (Vessel Traffic Service), permettent de suivre le trafic maritime dans les ports et les grands axes maritimes côtiers, comme les détroits, grâce à la superposition de différents renseignements provenant par exemple de radars, de caméras de surveillance et du système d’identification automatique (AIS) dont sont dotés les navires de commerce. Des dispositifs plus complexes, les CSS (Coastal Surveillance Systems) sont aussi développés, afin de couvrir des zones plus vastes et d’intégrer des moyens plus importants. Suivant les régions, les besoins varient. En Europe, il s’agit de prévenir les accidents maritimes et lutter contre les trafics illicites alors qu’en Asie, il faut en plus compter avec la piraterie. Au Moyen-Orient, la prévention du terrorisme est l’une des raisons du développent des systèmes de surveillance, notamment sur les infrastructures critiques.

 

Leader mondial du secteur, Signalis, filiale d’Airbus Defense & Space et Atlas Elektronik, a déjà équipé de nombreux pays pour leur permettre de surveiller et protéger leurs littoraux, leurs ports et leurs installations sensibles, par exemple des complexes pétroliers et gaziers ou des sites offshore.  L’entreprise a par exemple œuvré dans le détroit de Malacca, dans la région du golfe Persique et pour de très nombreux ports à travers le monde, dont 80% des ports chinois en VTS, le canal de Panama ou encore les garde-côtes allemands.

 

En 2014, Signalis a achevé le déploiement en France de SPATIONAV V2, considéré comme le système de surveillance maritime le plus complet et le plus intégré actuellement en service. Couvrant l’ensemble du littoral français et certains territoires d’Outre-mer, ce dispositif est conçu pour fédérer et traiter les informations fournies par tous les capteurs déployés sur la côte (radars, systèmes électro-optiques, goniomètres, AIS) ainsi que ceux de moyens déportés (navires, aéronefs, satellites), auxquels s’ajoutent les informations provenant de services de renseignement. Les administrations concernées par la surveillance maritime disposent, ainsi, d’une vision globale et en temps réel de la situation sur l’ensemble de la zone couverte. Bénéficiant de l’expertise d’Airbus Defense & Security en matière de Cyberdéfense, le système est hautement sécurisé et capable de résister aux attaques informatiques, alors que des protocoles d’accès très stricts limitent l’accès aux données en fonction du degré d’accréditation des opérateurs. Ceux-ci bénéficient d’une nouvelle interface plus ergonomique et intuitive, étudiée avec les utilisateurs pour que le système, malgré sa complexité, soit efficace et simple à opérer. SPATIONAV permet, en outre, les échanges d’informations non seulement entre administrations, mais également entre pays, l’objectif étant à terme d’intégrer  les informations recueillies sur une large zone transfrontalière.

 

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Les applications sont aujourd'hui disponibles sur tablettes (© SIGNALIS)

 

SPATIONAV est une déclinaison de STYRIS, la nouvelle gamme de produits développée par Signalis pour les VTS, CSS et systèmes de surveillance d’infrastructures critiques. En dehors de ce logiciel spécialement conçu pour les applications de surveillance maritime, Signalis propose une offre complète sur les moyens associés, par exemple des radars optimisés pour la détection et la poursuite d’intrus, y compris de petits mobiles de surface ou des objets volant à basse altitude. A cet effet, l’entreprise teste l’efficacité des senseurs disponibles sur le marché sur sa plateforme d’essais de La Ciotat, en France. De cette manière, Signalis peut garantir à ses clients et leur démontrer en conditions réelles les performances du système. 

 

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Plateforme d'essais de Signalis à La Ciotat (© SIGNALIS)

 

Intégration de drones et dirigeables

 

Dans le cadre du projet européen I2C, DCNS a mené à bien, en 2013 et 2014, l’expérimentation d’un système innovant de surveillance maritime utilisant de nouveaux moyens, tels des aérostats et des drones de surface (USV). Complétant les capacités classiques de détection et d’observation littorales et aériennes, ces engins ont été équipés de différents capteurs, comme un radar FMCW pour la détection de petites embarcations, un émetteur/récepteur AIS et un système électro-optique pour le dirigeable, un radar, un AIS et une boule optronique pour le drone. L’emploi de ce dernier permet de clarifier les renseignements collectés par le système de surveillance, afin de confirmer de visuel une situation, tout en enrichissant le système d’autres informations recueillies au fil de la patrouille. Le dirigeable, quant à lui, offre une autonomie considérable et une présence permanente sur une large zone.

 

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Dirigeable et USV utilisés dans le cadre d'I2C (© DCNS)

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Le Zeppelin utilisé pour I2C (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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USV utilisé pour I2C (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pour gérer l’ensemble des données transmises par les moyens déployés, DCNS a développé un système informatique permettant d’analyser de manière dynamique la trajectoire et l’activité des navires, en corrélant les informations recueillies par les vecteurs de surveillance et en les complétant par des données liées à l’environnement (météo, océanographie...) Le dispositif s’appuie aussi sur différentes bases de données, par exemple celles relatives au système AIS, aux mouvements portuaires et aux registres des sociétés de classification, qui donnent toutes les caractéristiques des bateaux (identité, immatriculation, dimensions, cargaison, provenance, propriétaire, historique des contrôles et des avaries, accidents…) ainsi que des photos. Le système, qui offre une image en continu de la situation maritime, comprend des alertes automatiques, se déclenchant en fonction de paramètres établis à l’avance avec les autorités opérationnelles ou directement par les opérateurs. 

 

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Informations transmises par l'USV (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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Suivi du trafic (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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(© DCNS)

 

Lors de la  présentation finale d’I2C à Bruxelles, en septembre 2014, les résultats de l’expérimentation ont été jugés satisfaisants et tangibles. Un succès qui renforce notamment DCNS. Fort de son expérience dans les systèmes de combat et l’intégration de systèmes complexes, le groupe naval propose désormais des systèmes de surveillance maritimes globaux en incluant les bâtiments en mer et les drones qu’ils mettent en œuvre. 

 

 

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