Aller au contenu principal

Le patrouilleur La Tapageuse a appareillé lundi, pour la dernière fois, du port de Papeete, à Tahiti. Après 24 ans d'activité, le bâtiment de la Marine nationale a mis le cap sur Brest, où il sera retiré du service. Un véritable périple pour le patrouilleur, qui doit parcourir 14.000 nautiques, avec 52 jours de mer et 9 escales prévues. Limitée par son autonomie, La Tapageuse réalisera son voyage à travers les océans en faisant des « sauts de puce » avec des ravitaillements à intervalles réguliers. Ainsi, elle va, d'abord, rejoindre Nuku Hiva, sa dernière halte en Polynésie française, avant de gagner Honolulu et San Francisco, aux Etats-Unis. Elle ralliera ensuite Acapulco, au Mexique, avant de poursuivre vers Balboa (Panama) et Carthagène (Colombie). Quittant le Pacifique pour pénétrer dans le golfe du Mexique, via le canal de Panama, le patrouilleur fera ensuite escale à Fort-de-France, en Martinique, avant de remonter vers les Bermudes et de s'arrêter à Hamilton, ultime escale avant sa traversée de l'Atlantique. Celle-ci se fera en deux étapes, avec un arrêt à Ponta Delgada (Açores) puis un dernier transit vers Brest, où le bâtiment doit arriver le 30 juillet. La Tapageuse (© : MARINE NATIONALE) « Une course de fond pour la coque et son équipage » En deux mois et demi, le patrouilleur français va donc parcourir la moitié du globe. Une mission que le commandant de La Tapageuse, le lieutenant de vaisseau Thibault Lavernhe, considère comme « une course de fond pour la coque et son équipage, où le mental sera une des clés du succès, avec un seul objectif : arriver à Brest au complet et en bon ordre ». C'est pourquoi les marins se sont activement préparés ces derniers mois pour mener à bien l'ultime mission de leur bâtiment. Une fois arrivée à Brest, La Tapageuse sera retirée du service actif. Toutefois, elle ne prendra peut-être pas immédiatement sa retraite, une éventuelle cession à une marine étrangère étant envisagée. Dixième et dernier patrouilleur du type P400, La Tapageuse, construite par les CMN de Cherbourg, a été admise au service actif en février 1988. Long de 54.8 mètres pour une largeur de 8 mètres, ce bâtiment présente un déplacement de 480 tonnes en charge. Capable d'atteindre la vitesse de 23 noeuds, son équipage comprend 30 marins. L'armement est constitué d'un canon de 40mm, un canon de 20mm et des mitrailleuses. La Tapageuse sera le sixième P400 à quitter les rangs de la Marine nationale après La Fougueuse, L'Audacieuse, La Boudeuse, La Railleuse et La Rieuse, cette dernière ayant été cédée l'an dernier au Kenya. On notera que La Railleuse, qui était comme La Tapageuse basée en Polynésie, a rejoint Brest le 29 juillet 2011. Son remplacement à Tahiti a été assuré par le redéploiement du patrouilleur Arago, précédemment basé à Toulon. Après le retrait de La Tapageuse, il ne restera plus en service que La Capricieuse et La Gracieuse en Guyane, ainsi que La Glorieuse et La Moqueuse en Nouvelle-Calédonie, ces quatre patrouilleurs devant être désarmés d'ici 2013. Pour l'heure, aucun programme de remplacement n'a été lancé.

Aller plus loin

Rubriques
Défense
Dossiers
Marine nationale