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En présence de nombreuses autorités, dont la présidente Dilma Rousseff, la construction de la partie brésilienne du premier des quatre sous-marins du type Scorpène commandés par le Brésil a débuté sur le nouveau chantier d'Itaguaï Construções Navais (ICN), société commune de DCNS et Odebrecht. Suivant le contrat de 6.7 milliards d'euros signé en septembre 2009, le groupe naval français, en coopération avec son partenaire brésilien, doit livrer quatre sous-marins de la famille Scorpène, réalisés au Brésil en transfert de technologie. Le programme prévoit également l'assistance pour la réalisation d'un nouveau chantier et d'une nouvelle base navale, ainsi qu'une aide pour la conception des parties non nucléaires du premier sous-marin nucléaire d'attaque brésilien. Dilma Roussef lors du lancement de la construction (© : DCNS) Dilma Roussef lors du lancement de la construction (© : DCNS) Pour mener à bien cet ambitieux programme, une école de conception de sous-marins a été ouverte en septembre dernier sur le site DCNS de Lorient, alors qu'environ 130 ingénieurs et techniciens brésiliens sont venus à Cherbourg. Le site normand de DCNS a, en effet, débuté en mai 2010 la réalisation de la partie avant du premier Scorpène brésilien, qui devrait achevée mi-2012 et gagner le Brésil pour être assemblée à la partie arrière. ICN réalisera ensuite l'intégralité des trois bâtiments suivants. « Le début de la construction au Brésil du premier sous-marin S-BR de type Scorpène est l'un des jalons les plus importants du programme. Il indique en effet que les ingénieurs, techniciens et ouvriers qui ont suivi une formation chez DCNS en France ont acquis les connaissances nécessaires pour la réalisation de coque de sous-marins de la dernière génération. Ces équipes brésiliennes maîtrisent, notamment, les techniques de formage et de soudage de l'acier qui compose la coque résistante de ces sous marins. Le franchissement de ce jalon démontre également que le Brésil possède des outils industriels de pointe. Le programme dans son ensemble est supervisé par la marine brésilienne, à travers un vaste transfert de technologie », explique DCNS. Vue du futur Scorpène brésilien (© : DCNS) Des Scorpène allongés Le premier des quatre Scorpène brésiliens devrait entrer en service en 2017. Quant à ses trois sisterships, ils devraient être achevés en 2018, 2020 et 2021. D'une longueur de 75 mètres pour un déplacement de près de 2000 tonnes en plongée, ces bâtiments présenteront un allongement d'environ 9 mètres par rapport aux précédents Scorpène, vendus au Chili, à la Malaisie et à l'Inde. Cet agrandissement permettra de loger un équipage plus important (jusqu'à 45 personnes au lieu de 30) et d'augmenter l'autonomie, avec des réserves supplémentaires pour les vivres et plus de soutes à carburant pour alimenter les moteurs diesels. Au nombre de quatre, ces derniers, fournis par MTU, auront une puissance unitaire de 600 kW. Malgré l'augmentation de la longueur, qui aurait pu laisser penser à l'adoption de barres de plongée en forme de croix de Saint-André (en « X »), l'appareil à gouverner sera finalement classique. Très automatisés, les futurs sous-marins brésiliens seront dotés de tubes de 533mm, permettant la mise en oeuvre d'une vingtaine de torpilles lourdes et des missiles antinavire Exocet SM39. « Ils sont parfaitement adaptés aux besoins de protection et de défense des 8 500 kilomètres du littoral brésilien. Ce sont des sous-marins océaniques polyvalents conçus pour tous types de missions, y compris la lutte contre les navires de surface, la guerre anti-sous-marine, les opérations spéciales et le recueil du renseignement », note DCNS.Concernant le programme de SNA, les Brésiliens espèrent achever leur premier réacteur au milieu de cette décennie. Si le calendrier est respecté, la mise sur cale du premier bâtiment brésilien à propulsion nucléaire pourrait intervenir en 2016, l'admission au service actif étant espérée vers 2025. (© : DCNS) Le chantier et la base navale de Sepetiba Parallèlement à la commande de sous-marins pour le Brésil, DCNS est chargé, avec le groupe de BTP brésilien Odebrecht, de réaliser une nouvelle base et un chantier naval près de Rio de Janeiro. Pour mener à bien ce projet, une société commune, Itaguaï Construções Navais (ICN), a été créée afin d'assurer la conception et la construction de l'infrastructure, puis son exploitation. « C'est la première fois qu'un client a non seulement besoin de prestations de soutien après la livraison des bâtiments, mais en plus la volonté de réaliser un chantier capable de construire des sous-marins avec des méthodes modernes », explique Philippe Poirier, directeur du programme chez DCNS. Chantier Lauboeuf à Cherbourg, base de l'Ile Longue face à Brest, modernisation du site de Lorient... Le groupe français s'appuie sur l'expérience acquise dans ses propres sites et bases de la Marine nationale, ainsi qu'au travers des prestations de soutien réalisées pour des clients export. « DCNS a un réel savoir-faire dans ce domaine. Nous intervenons sur la spécification des besoins et des infrastructures, qu'il s'agisse d'architecture générale d'un chantier naval et de soutien, ou des caractéristiques techniques des installations ». (© : DCNS) Odebrecht assurera, quant à lui, la définition détaillée et les travaux de construction. Implanté en baie de Sepetiba, à 80 km à l'ouest de Rio, le futur site comprendra plusieurs zones. A quelques kilomètres de la mer, les installations industrielles de Nuclep seront mises à niveau afin de permettre à cette société de produire les tronçons de coque résistante des sous-marins. Une fois aménagés, ces tronçons gagneront une nouvelle infrastructure. Cette unité de fabrication de structures métalliques, baptisée UFEM, sera exploitée par ICN et sera chargée de l'intégration des tronçons. Elle disposera de moyens de découpe métalliques pour les structures légères. Les sous-marins prendront forme, à l'image du site DCNS de Cherbourg, dans un grand hall d'assemblage. Une fois terminés, ils seront transférés sur une plateforme élévatrice, à partir de laquelle ils seront mis à flot. Pour la maintenance, le site disposera, enfin, de 2 formes de radoub capables d'accueillir un sous-marin nucléaire d'attaque. Les travaux, qui ont débuté à l'été 2010, nécessiteront de gagner 80 hectares sur la mer. Après le programme brésilien, d'autres contrats de ce genre peuvent-ils être décrochés ? Pour Philippe Poirier, ce n'est pas impossible : « Ce type de marché est très lié à des processus de réalisation et d'entretien des sous-marins. Chaque concepteur et constructeur a ses propres méthodes et un savoir-faire. Mais, dans le cadre du développement des transferts de technologie, cette activité est sans doute appelée à se développer ».

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