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Les nouveaux hélicoptères de l’aéronautique navale française vont bientôt pouvoir mettre en œuvre la torpille légère MU90. L’intégration de cette arme sur le Caïman Marine, version tricolore du NH90 NFH (Nato Frigate Helicopter), est en phase finale de qualification chez l’industriel, en l’occurrence NH Industries, consortium formé par Eurocopter (62.5%), AugustaWestland (32%) et Fokker (5%). La livraison est attendue prochainement par la Marine nationale, qui débutera alors une phase d’évaluation technico-opérationnelle en vue d'aboutir à la mise en service opérationnelle de la MU90 sur le Caïman. Ce dernier disposera alors de son système d’armes anti-sous-marin complet. En plus des deux torpilles pouvant être embarquées par l’hélicoptère, celui-ci met déjà en œuvre le sonar trempé FLASH Sonics et des bouées acoustiques numériques, ainsi que le système de traitement du signal associé. Ces équipements, fournis par Thales, sont conçus pour la détection de sous-marins, que l’hélicoptère, basé sur une frégate, peut ensuite attaquer grâce à ses torpilles.

 

 

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© EUROCOPTER

Caïman Marine déployant un sonar FLASH (© : EUROCOPTER)

 

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© DGA

Torpille MU90 (© : DGA)

 

 

Une torpille de nouvelle génération

 

 

Développée par DCNS, Thales et WASS (groupe Finmeccanica), qui la commercialise au sein du GEIE Eurotorp, la MU90 est une torpille légère de nouvelle génération. Longue de 2.96 mètres pour une masse de 295 kg, cette arme de 324mm de diamètre est dotée d’une source d’énergie intégrant des piles thermiques à oxyde d’argent et aluminium. Cette technologie, développée par DCNS, produit une énergie très importante, offrant une grande autonomie et une optimisation de la vitesse. La MU90 peut, ainsi, s’approcher discrètement de sa cible avant de disposer de la puissance maximale pour la phase d’attaque. Pouvant être mise en œuvre par petits fonds (25 mètres) ou grande profondeur (autour de 1000 mètres), la MU90 est une torpille intelligente, avec des capacités de détection très importantes et une forte résistance aux contre-mesures adverses. Capable d’atteindre la vitesse de 50 nœuds, sa portée est d’environ 12 kilomètres. En dehors des hélicoptères, la MU90 peut être déployée par des avions de patrouille maritime, comme l’Atlantique 2, ou par des frégates au moyen de tubes lance-torpilles.

 

 

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© EUROTORP

Tir d'une MU90 depuis une frégate (© : EUROTORP)

 

 

Qualification progressive du système d’autodéfense

 

 

Concernant le Caïman Marine, on notera qu’en dehors de ses capacités anti-sous-marines, l’appareil est actuellement en phase de qualification de son système d’autodéfense anti-missile. Un premier tir de leurres a été conduit avec succès mi-juin au centre d’essais de la Direction Générale de l’Armement à l’île du Levant. Les essais vont se poursuivre dans les prochains mois afin de permettre à toutes ses composantes de fonctionner de manière autonome, notamment la partie liée à la détection d’un départ de missile devant entrainer automatiquement le déploiement des contre-mesures. L’ensemble du système d’autodéfense du Caïman doit être validé début 2014 à l’occasion de l’exercice EMBOW, organisé par l’OTAN. Cet équipement permettra de protéger l’hélicoptère contre des tirs ennemis venant d'un bateau ou lors de missions au dessus de la terre. Il pourra également répondre au probable développement de systèmes antiaériens mis en œuvre par les sous-marins contre les aéronefs de lutte ASM.

 

 

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© MARINE NATIONALE - ANTHONY PECCHI

Tir de leurres par un Caïman Marine (© : ANTHONY PECCHI)

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