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Alors que les autres unités du groupe aéronaval font l’objet à Brest et Toulon de mesures spécifiques selon leur situation, le porte-avions Charles de Gaulle, atteint d’une épidémie de Covid-19, est rentré dès hier après-midi à sa base varoise. Arrivé à 15 heures, il est allé se mettre à quai. Le débarquement des malades déjà testés positifs au Covid-19 devait débuter dans la soirée. Une cinquantaine de marins va ainsi rejoindre l’ancien site de l’hôpital d’instruction des armées (HIA) de Saint-Anne, qui avait déménagé dans de nouveaux bâtiments en 2008. Les locaux ont été aménagés pour recevoir les patients en provenance du Charles de Gaulle.

 

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© JEAN-CLAUDE BELLONNE

Le Charles de Gaulle rentrant à Toulon hier (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

Le Charles de Gaulle rentrant à Toulon hier (© MARINE NATIONALE)

 

Pour mémoire, le 8 avril, alors que le bâtiment et ses 1760 membres d’équipage se trouvaient encore en Atlantique, une équipe du service de santé des armées (SSA) était arrivée à bord afin de réaliser les premiers tests sur des marins malades. Sur 66 testés, 50 se sont révélés positifs. Hier matin, d’autres épidémiologistes sont arrivés à bord avec de nouveaux stocks de tests. Pas de quoi cependant effectuer dans l’immédiat des prélèvements et analyses sur l’ensemble des marins présents sur le porte-avions. C’est cependant bien l’objectif de l’état-major de la Marine nationale. Celle-ci indique que des « tests de dépistage seront réalisés pendant la période de confinement et avant les retours au foyer ».

En attendant que tous les tests puissent être effectués et leurs résultats connus, les marins vont être mis en quatorzaine, dans des logements permettant leur isolement au sein de la base navale de Toulon, de la base d’aéronautique navale d’Hyères et du Pôle Ecoles Méditerranée à Saint-Mandrier. Le PEM, dont les activités d’enseignement et de formation sont actuellement suspendues, avait déjà accueilli fin mars, en quatorzaine préventive, 194 soldats avant leur déploiement au sein de l’opération Barkhane, en Afrique.

 

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© JEAN-LOUIS VENNE

Une partie des installations du PEM à Saint-Mandrier (© JEAN-LOUIS VENNE)

 

« A ce stade, aucun marin ne suscite d’inquiétude, y compris les trois qui ont été évacués par voie aérienne », assurait-on dimanche après-midi à l’état-major de la marine. Trois marins du Charles de Gaulle avaient pour mémoire été évacués « à titre préventif » le 9 avril alors que le porte-avions évoluait au large du Portugal. Ils avaient été transportés par un hélicoptère Caïman Marine jusqu’à l’aéroport de Lisbonne, où un avion Falcon 900 médicalisé les avait pris en charge en vue de leur transfert vers l’HIA Saint-Anne.

Concernant le groupe aérien embarqué, le gros du personnel des flottilles engagées dans la mission Foch est bien sûr toujours à bord. Mais la vingtaine d’avions du GAé, Rafale Marine des flottilles 11F et 12F, et Hawkeye de la 4F, ont pu quitter samedi le porte-avions et sont rentrés dans leurs bases bretonnes respectives, à Landivisiau (Finistère) pour la chasse et à Lorient-Lann-Bihoué pour les avions de guet aérien. « Les marins du ciel suivent le même protocole de dépistage et de confinement que le reste de l’équipage. Les aéronefs bénéficieront d’un processus de désinfection. Cette opération est réalisée en étroite collaboration avec les autorités civiles et sanitaires, afin d’établir dans les meilleures conditions possibles le retour des marins dans leurs foyers », indique la marine. Idem pour les trois hélicoptères du GAé, un Caïman Marine et deux Dauphin Pedro, qui ont rejoint leur base d'Hyères. 

 

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© MARINE NATIONALE

Retour d'un Rafale Marine de la 11F à Landivisiau samedi (© MARINE NATIONALE)

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Retour des Rafale Marine à Landivisiau (© MARINE NATIONALE)

 

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© MARINE NATIONALE

Retour des Hawkeye à Lann-Bihoué (© MARINE NATIONALE)

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© MARINE NATIONALE

Contrôle médical des équipages de Hawkeye (© MARINE NATIONALE)

 

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Pour la suite, le porte-avions va se mettre en conditions de gardiennage à quai avec équipage réduit au minimum. Il ne conservera à son bord qu’une centaine de personnels nécessaires à la sécurité et la maintenance de ses installations, dont les deux chaufferies nucléaires. Le processus de désinfection du bâtiment devrait rapidement débuter.

 

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© MARINE NATIONALE

(© MARINE NATIONALE)

 

Pour ce qui est de l’escorte du Charles de Gaulle, là aussi des protocoles sont mis en place. A Toulon, il s’agit de la frégate de défense aérienne (FDA) Chevalier Paul, qui a précédé le porte-avions en rentrant dès hier matin dans la base navale, où elle s’est également mise à quai. Selon l’état-major, il n’y a pas à ce stade de suspicion de coronavirus à bord, mais l’équipage (environ 200 marins) va faire l’objet d’une quatorzaine préventive.

 

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© MARINE NATIONALE

Arrivée à Toulon de la frégate Chevalier Paul (© MARINE NATIONALE)

 

Deux autres unités qui étaient intégrées au GAN, la frégate anti-sous-marine (FASM) La Motte-Picquet et le bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) Somme, sont quant à elles arrivées samedi à Brest. Elles n’ont toutefois pas rejoint la base navale immédiatement et se sont mises temporairement en mouillage d’attente en grande rade. Une équipe d’épidémiologistes de l’HIA Sainte-Anne est arrivée depuis Toulon samedi à bord d'un avion de liaison Xingu, le personnel médical et le matériel étant ensuite transféré sur la FASM et le BCR par un hélicoptère Lynx.

 

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La Somme et le Motte-Picquet au mouillage en rade de Brest (© MARINE NATIONALE)

 

Les médecins vont mener à bord des enquêtes épidémiologiques pour savoir si le Covid-19 a pu s’inviter sur ces bateaux. En fonction du résultat, les équipages (environ 250 marins pour la frégate et 160 pour le ravitailleur) seront gérés selon les mêmes procédures qu’à Toulon. Dimanche, en fin de journée, le Motte-Picquet était revenu à quai, la Somme étant toujours au mouillage. 

Enfin, concernant le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) qui était intégré au groupe aéronaval, ce bâtiment ne pose à priori pas de problème, puisqu’il est dit-on resté en mer sans contact avec l’extérieur pendant plus de deux mois  

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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