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Neuvième des dix-sept anciens avisos français du type A69, le Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff, qui était opérationnel depuis 1980, a été retiré du service le 31 juillet dans la base navale de Brest. Il l'avait regagné le 21 juillet, de manière assez discrète, à l'issue d'une ultime mission au profit de la Force océanique stratégique (Fost). Les opérations de préparation de son désarmement ont depuis débuté, en vue d’une future intégration dans la filière de démantèlement.

 

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© MICHEL FLOCH

Dernier retour de mission à Brest pour le LV Le Hénaff, le 21 juillet (© MICHEL FLOCH

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© MICHEL FLOCH

Dernier retour de mission à Brest pour le LV Le Hénaff, le 21 juillet (© MICHEL FLOCH

 

Alors que la Marine nationale ne compte plus que six unités de ce type en service, l’Enseigne de Vaisseau Jacoubet (1982), jusqu’ici basé à Toulon, a rejoint le 19 juillet la pointe Bretagne, où il est désormais stationné. Cela permet de maintenir une flottille de trois A69 à Brest avec les Premier-maître L’Her (1981) et Commandant Blaison (1982). Il en reste également trois à Toulon : Commandant Ducuing (1983), Commandant Birot (1984) et Commandant Bouan (1984).

Longs de 80 mètres pour une largeur de 10 mètres et un déplacement d'environ 1300 tonnes charge, les A69 sont armés par 85 marins et peuvent accueillir jusqu'à 15 personnes supplémentaires. Initialement conçus pour la lutte anti-sous-marine côtière, ils ont été reclassés patrouilleurs de haute mer en 2009, une mesure accompagnée du débarquement du gros de leur armement (missiles antinavire, torpilles, lance-roquettes ASM). Leur armement comprend aujourd'hui une tourelle de 100mm, deux canons de 20mm, des mitrailleuses de 12.7mm et un système surface-air à très courte portée Simbad (deux missiles Mistral sur poste manuel). 

Comme ses jumeaux, le Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff est né à Lorient, où son assemblage a débuté en mars 1977. Mis à l’eau en septembre 1978, il avait été admis au service actif en février 1980. Il commande alors, à Cherbourg, la 1ère division d’avisos avant de rejoindre Brest, qui deviendra son port-base jusqu’à la fin de sa carrière, dont la Marine nationale détaille les grandes lignes :

« Déployé souvent, aussi bien dans le golfe de Guinée qu’en Méditerranée ou dans le golfe de Gascogne, le Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff s’illustre régulièrement dans des domaines aussi variés que les missions de soutien à la Force Océanique Stratégique, la lutte contre les narcotrafics, les opérations extérieures et le sauvetage de naufragés.

Ainsi, en 2002, au cours de l’opération Moby Dick, son intervention permet l’interception du cargo Winner, suspecté de trafic de stupéfiants. Quatre ans plus tard, en 2006, c’est le Cantamar IV qui est arraisonné, permettant la destruction d’une tonne et demi de cocaïne.

Le Lieutenant de vaisseau Le Hénaff intervient également sur des théâtres de conflits. La décennie 2010 est marquée par sa participation à de nombreuses opérations : plusieurs missions Corymbe, Harmattan et Unified Protector en 2011, puis Serval et Sangaris en 2013. Lors de l’opération Harmattan, l’équipage essuie le feu, et s’illustre par son sang-froid et sa combativité. L’année suivante, mobilisé à l’issue d’un déploiement de longue durée en Afrique, il démontre une nouvelle fois sa résilience en participant à la recherche des débris du M51 lors de l’opération STEROPES.

Le Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff s’est également illustré en situation de sauvetage en mer : en 2004, il porte assistance bâtiment battant pavillon nigérien Dona Elvira. Quinze ans plus tard, au cours de la mission Sophia, il recueille au large des côtes Libyennes 173 naufragés, dont 19 femmes et 17 enfants

La carrière opérationnelle du Lieutenant de vaisseau Le Hénaff s’est achevée par une mission de soutien à la Force Océanique Stratégique, mission pour laquelle il avait été conçu et dont il s’est acquitté avec efficacité et professionnalisme tout au long de ces quarante dernières années.

Efficace, endurant et polyvalent grâce à la qualité de ses équipages successifs, le PHM Lieutenant de vaisseau Le Hénaff a parcouru au cours de sa carrière opérationnelle près d’un million de milles nautique, sur tous les océans du monde. Cela représente un peu moins de 45 tours de la terre ».

Les A69 seront remplacés tout comme les trois patrouilleurs de service public (PSP) du type Cormaran basés à Cherbourg par dix nouveaux patrouilleurs océaniques dont les premiers doivent être livrés en 2025. Les six derniers PHM seront normalement retirés du service entre 2023 et 2028. 

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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