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Deux morts et une dizaine de blessés. C’est le bilan officiel de l’incendie survenu en fin de semaine dernière sur le porte-avions russe Kuznetsov, actuellement en refonte dans la région de Mourmansk. Le sinistre, qui s’est déclaré jeudi dans la soirée, n’a été définitivement éteint que vendredi matin, après une nuit de lutte contre les flammes par les équipes de pompiers. Une opération de soudure pourrait être à l’origine du feu, qui aurait ravagé 600 m² de locaux à bord du bâtiment.  Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l’accident.

C’est en tous cas un nouveau coup dur pour la marine russe et son bâtiment amiral, qui a débuté en 2017 un arrêt technique majeur destiné à le moderniser en vue d’une remise en service en 2021. En octobre 2018, le dock flottant dans lequel le Kuznetsov se trouvait avait coulé suite à un dysfonctionnement et une grue s’était abattue sur le pont du navire.

Unique porte-avions russe, le Kuznetsov, mis sur cale en 1982 à Nikolaev, en Ukraine, a été mis en service en 1991. Initialement appelé croiseur lourd porte-aéronefs, ce puissant bâtiment de 304 mètres de long pour 60.000 tonnes de déplacement en charge dispose d’une piste oblique avec brins d’arrêt et, pour lancer ses avions, d’un tremplin à la proue. Il est conçu pour mettre en œuvre une trentaine d’aéronefs, dont des avions de combat S-33 Flanker auxquels s’ajoutent depuis quelques années des MiG-29K.  Mais ce bateau à propulsion conventionnelle, comme sa désignation originelle le désignait, était aussi un croiseur lourdement armé, avec 12 missiles antinavire SS-N-19 et près de 200 missiles antiaériens SA- N-9, sans compter l’artillerie.  Dans le cadre de sa refonte à mi-vie, une partie de l’armement, notamment les SS-N-19 (logés dans des silos sous le pont d’envol), doit être débarquée en vue d’accroître la capacité d’emport en aéronefs.

Bien qu’étant loin de rivaliser avec les capacités de projection de puissance aéronavale des porte-avions nucléaires américains et du Charles de Gaulle français, le Kuznetsov, que la Russie a notamment déployé sur le théâtre syrien en 2016, n’en reste pas moins un atout militaire important et, surtout, un outil diplomatique pour Moscou. Même les si les dégâts provoqués par l’incendie de la semaine dernière sont très importants, il y a donc fort à parier, sauf dommages incurables mais cela ne parait pas être le cas, que le bâtiment sera réparé. Ne serait-ce que pour maintenir une capacité aéronavale et les savoir-faire qui vont avec au sein de la flotte, en attendant que la Russie ait les moyens de construire, comme elle le souhaite, de nouveaux porte-avions. On se rappelle d’ailleurs que l’ex-croiseur porte-aéronefs russe Admiral Gorshkov, bien que ravagé par une explosion et un incendie en 1994, avait finalement été réparé, refondu en porte-avions et vendu à l’Inde. Les travaux avaient pris huit ans au lieu de quatre mais le bâtiment datant de 1987 avait fini par reprendre la mer et navigue depuis 2013 au sein de la marine indienne sous le nom de Vikramaditya.

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