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Dix mois et demi après son départ pour Cherbourg afin d’y être réparé, le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Perle a retrouvé Toulon le dimanche 31 octobre. Comme pour le voyage aller, en décembre 2020, le transport de retour a été assuré par le Rolldock Storm, dans la cale duquel le SNA a été installé. Le navire semi-submersible et son précieux colis avaient quitté la pointe du Cotentin le 25 octobre, leur transit étant placé sous haute surveillance par la Marine nationale. Après avoir passé la nuit aux appontements Milhaud, le Rolldock Storm est entré hier en fin de matinée dans les bassins Vauban en vue de débarquer la Perle, cela dans des conditions météo peu favorables avec de la pluie et du vent. 

 

Diaporama orphelin : container

 

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© FRANCIS JACQUOT

Arrivée à Toulon dimanche (© FRANCIS JACQUOT)

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© JEAN-LOUIS VENNE

Arrivée à Toulon dimanche (© JEAN-LOUIS VENNE)

 

Diaporama orphelin : container

 

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© JEAN-CLAUDE BELLONNE

Arrivée à Toulon dimanche (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

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© JEAN-LOUIS VENNE

Arrivée à Toulon dimanche (© JEAN-LOUIS VENNE)

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© FRANCIS JACQUOT

Dans les bassins Vauban hier (© FRANCIS JACQUOT)

 

A Cherbourg, les équipes de Naval Group ont procédé à la découpe de la partie avant de la Perle, ravagée par l’incendie survenu le 12 juin 2020 alors que le bâtiment était en cale sèche à Toulon dans le cadre d’un arrêt technique majeur (IPER). Cette partie, irrécupérable, a été remplacée par une section équivalente (mais un peu plus longue) de l’ex-SNA Saphir, du même type, désarmé en 2019 à Cherbourg. Ce chantier de réparation, unique en son genre, concerne en fait un tiers environ des installations du sous-marin, soit 55 sur 157. En plus des opérations de découpe et de soudage, mais aussi la confection de nouveaux ponts et cloisons, les travaux comprennent quelques 2000 reconnexions sur 120 câbles électriques (50% de câbles gainés, 50% de câbles souples) et pour la tuyauterie 60 collecteurs à souder.

 

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© NAVAL GROUP

Les sections des deux sous-marins découpées à Cherbourg  l'hiver dernier (© NAVAL GROUP)

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© NAVAL GROUP

Les sections des deux sous-marins découpées à Cherbourg  l'hiver dernier (© NAVAL GROUP)

 

L’opération représente 250.000 heures de travail sur le plan industriel, auxquelles il faut ajouter 100.000 heures d’études, réalisées notamment via une maquette numérique et ayant nécessité la création et la mise à jour de 2000 plans et documents. En tout, 300 personnes ont été mobilisées par Naval Group, qui va achever à Toulon la reconnexion des réseaux et reprendre l’arrêt technique majeur de la Perle là où il avait été interrompu par l’incendie.

Après avoir intégré la partie avant de l’ancien Saphir, massif compris, la Perle, qui mesurait initialement 73.6 mètres pour un déplacement de 2670 tonnes en plongée, voit sa longueur augmenter d’environ 1 mètre et son déplacement de 68 tonnes. Cela du fait de la conservation d’un anneau supplémentaire, les parties avant de la Perle et du Saphir n’ayant pas été découpées exactement au même endroit (cela pour faciliter la reconnexion des installations internes). Ce léger agrandissement permet de créer deux nouveaux locaux, un gain appréciable en matière d’emménagement à bord de ce sous-marin particulièrement compact où l’espace est une denrée très rare.

 

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© MARINE NATIONALE - ROMUALD LE HENAFF

La Perle remorquée vers le Rolldock Storm le 22 octobre à Cherbourg (© MARINE NATIONALE - ROMUALD LE HENAFF)

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© MARINE NATIONALE - ROMUALD LE HENAFF

La Perle rembarquant sur le Rolldock Storm le 22 octobre à Cherbourg (© MARINE NATIONALE - ROMUALD LE HENAFF)

 

Une fois débarquée du Rolldock Storm, la Perle rejoindra la zone Missiessy de la base navale de Toulon, où sont entretenus les SNA. Elle sera remise en cale sèche pour l’achèvement des travaux de réparation et la poursuite de son IPER, comprenant notamment le rembarquement de ses principaux équipements (heureusement débarqués pour maintenance au moment du sinistre) et le rechargement de sa chaufferie nucléaire. Il s’agit du dernier arrêt technique majeur de ce bâtiment, admis au service actif en 1993 et qui est le plus récent des six SNA du type Rubis. Son retour en flotte est prévu au premier semestre 2023, la Perle devant rester en service jusqu’en 2029/2030, période durant laquelle elle sera remplacée par le dernier des six nouveaux SNA de la classe Suffren. Pour compenser son indisponibilité jusqu’en 2023, le Rubis, qui devait être désarmé en 2021, a été prolongé jusqu’à la fin 2022, ce qui a nécessité un arrêt technique complémentaire cette année comprenant un ultime rechargement de son cœur nucléaire.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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