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Partis le 19 mars de Brest sur le pont du cargo néerlandais Jumbo Jubilee, les chasseurs de mines tripartites (CMT) Pégase et Sagittaire ont été débarqués le 10 avril à Abu Dhabi. Après trois semaines de transit via la Méditerranée, le canal de Suez, la mer Rouge, le golfe d’Aden et l’océan Indien, sous la surveillance notamment d’une équipe de protection de la Marine nationale, le Jumbo Jubilee, comme pour l’embarquement à Brest, s’est servi de ses deux grues, d’une capacité de 900 tonnes chacune, afin de remettre à l’eau les deux bâtiments français.

 

 

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© MARINE NATIONALE

Le Pégase débarqué du Jumbo Jubilee à Abu Dhabi (© MARINE NATIONALE)

 

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© MARINE NATIONALE

Remise à l'eau du Sagittaire, le 10 avril (© MARINE NATIONALE)

 

 

Cette opération, conduite par le département Service Maritimes Industriels Spécialisés (SMIS) de la compagnie française Marfret, chargée par l’armée française d’assurer le transport des CMT jusqu’aux Emirats Arabes Unis, est une première (voir notre article sur la complexité technique de l’opération). Jusqu’ici, la marine française, qui déploie tous les deux ans un groupe de guerre des mines (GGDM) dans la région du golfe Persique, faisait naviguer ses chasseurs depuis la France, avec le soutien d’un bâtiment logistique. Plus rapide, la formule cargo permet d’économiser le potentiel des CMT, de réaliser des gains sur le combustible et les frais de personnel, tout en évitant de mobiliser une unité de soutien (l’assistance et le commandement de la force pouvant être assurés depuis la base navale française d’Abu Dhabi). Une initiative intelligente dans cette période budgétairement très contrainte.

 

 

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© MICHEL FLOCH

Départ de Brest du Jumbo Jubilee avec les deux CMT, le 19 mars (© MICHEL FLOCH)

 

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© MICHEL FLOCH

Départ de Brest du Jumbo Jubilee avec les deux CMT, le 19 mars (© MICHEL FLOCH)

 

 

Début de mission le 21 avril

 

 

Pour le côté opérationnel, le déploiement régulier d’un groupe de guerre des mines dans cette région permet d’y assurer la liberté de navigation, notamment autour du détroit d’Ormuz (où passent les pétroliers approvisionnant l’Europe), de mieux connaître les fonds marins et de coopérer avec les marines riveraines. Fort de 138 marins, le GGDM déployé cette année participera notamment, avec le Pégase, le Sagittaire et l’état-major de guerre des mines, à l’exercice IMCMEX (International Mine Countermeasures Exercise), qui se déroulera au mois de mai avec les Américains et les Britanniques. « La guerre des mines constitue un domaine d’expertise des armées françaises reconnu, qui contribue à la crédibilité de la dissuasion (notamment en sécurisant les chenaux empruntés par les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, ndlr) et à la sûreté de nos approvisionnements, permettant ainsi de renforcer notre capacité d’action. Les unités de guerre des mines ont vocation à être projetées au sein d’une force navale nationale ou interalliés. Chaque année, l’exercice IMCMEX permet d’entraîner les différentes composantes déployées dans le cadre d’un groupe de guerre des mines dans un scénario interalliés », précise la Marine nationale.

On notera qu’après le débarquement du Pégase et du Sagittaire, une petite période est nécessaire pour réarmer les deux CMT, dont les équipages ont été acheminés sur place par voie aérienne (en dehors d’une équipe de quelques marins assurant le gardiennage durant le transit sur le Jumbo Jubilee). Les bâtiments doivent appareiller le 21 avril pour débuter leur mission, qui durera trois mois. A l’issue, ils rentreront en France de la même manière, à bord du cargo.

 

 

Le CMT Pégase, ici à Brest (© MARINE NATIONALE)

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