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Le HMS Queen Elizabeth, premier des deux nouveaux porte-avions de la Royal Navy, a quitté les eaux britanniques pour son premier déploiement, qui va le conduire jusqu’en Asie du sud-est. Après avoir participé à l’exercice international Strike Warrior au large de l’Ecosse, puis avoir croisé son sistership le HMS Prince of Wales en essais mer, le bâtiment est repassé par sa base de Portsmouth, où il a accueilli le premier ministre Boris Johnson puis la reine Elizabeth II avant d’appareiller le samedi 22 mai dans la soirée.

 

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© ROYAL NAVY

Première rencontre à la mer des HMS Prince of Wales et HMS Queen Elizabeth (© ROYAL NAVY)

 

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Il fait désormais route avec son escorte vers la Méditerranée, où il doit retrouver la semaine prochaine le groupe aéronaval français. Emmené par le porte-avions Charles de Gaulle, ce dernier achève la mission Clemenceau 21, qui a vu le GAN appareiller de Toulon fin février pour un déploiement en Méditerranée orientale, mer Rouge, océan Indien et golfe Persique, où le groupe aérien embarqué a notamment participé aux opérations de lutte contre le groupe terroriste Daesh. Avant son retour à Toulon (d’où il repartira rapidement pour une sortie dédiée à l’école de l’aviation embarquée), le Charles de Gaulle va rencontrer pour la première fois le HMS Queen Elizabeth. L’occasion pour les groupes aéronavals français et britannique de s’entrainer ensemble, alors que les deux pays ont suite aux accords de Lancaster House, en 2010, travaillé à la constitution d’une Combined Joint Expeditionary Force (CJEF) leur permettant désormais de pouvoir rapidement mener une opération conjointe interarmées.

 

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© MARINE NATIONALE

Le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

 

Le HMS Queen Elizabeth embarque un groupe aérien constitué d’une trentaine d’appareils, soit 18 avions de combat à décollage court et appontage vertical F-35B, ainsi que des hélicoptères, dont sept Merlin (quatre gréés pour la lutte anti-sous-marine et trois pour l’alerte lointaine). La chasse embarquée est mixte, avec 8 F-35B du 617 Squadron de la Royal Air Force et 10 autres du VMFA-211 de l’US Marine Corps. Une coopération permettant de renforcer l’interopérabilité anglo-américaine, mais qui est aussi, et surtout, liée au fait que le Royaume-Uni ne dispose pas encore d’assez de F-35B pour fournir un groupe aérien embarqué suffisamment important au HMS Queen Elizabeth.

 

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© ROYAL NAVY

F-35B sur le HMS Queen Elizabeth (© ROYAL NAVY)

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© ROYAL NAVY

Merlin d'alerte lointaine sur le HMS Queen Elizabeth (© ROYAL NAVY)

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© ROYAL NAVY

Le HMS Queen Elizabeth (© ROYAL NAVY)

 

L’escorte du porte-avions est quant à elle imposante. Elle comprend les destroyers lance-missiles HMS Diamond et HMS Defender, qui assurent la défense aérienne, les frégates HMS Richmond et HMS Kent pour la lutte anti-sous-marine, ainsi que l’un des nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque du type Astute. S’y ajoutent la frégate néerlandaise Evertsen et le destroyer américain USS The Sullivans. Le soutien logistique de cette force est assuré par les ravitailleurs RFA Fort Victoria et RFA Tidespring.  

 

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© ROYAL NAVY

Le groupe aéronaval britannique (© ROYAL NAVY)

 

Après les manœuvres avec le Charles de Gaulle en Méditerranée occidentale, le groupe aéronaval britannique poursuivra vers la Méditerranée orientale, la mer Rouge et la région du golfe, avec comme pour les Français une participation prévue de ses avions de combat à la lutte contre les groupes terroristes. La flotte britannique poursuivra ensuite son périple vers l’océan Indien puis dans la zone Asie-pacifique, avec un passage prévu en mer de Chine méridionale. Des escales sont programmées notamment en Inde, au Japon, en Corée du sud et à Singapour. Durant ce périple de 26.000 nautiques qui durera jusqu’en fin d’année, des interactions sont programmées avec une quarantaine de pays. 

Ce déploiement revêt une dimension politique et militaire majeure pour le Royaume-Uni, qui entend bien fortifier sa diplomatie navale et affirmer la remontée en puissance de la Royal Navy, qui recouvre enfin sa capacité de projection aéronavale, qu’elle avait perdue il y a une décennie. Le HMS Queen Elizabeth et son escorte constituent la plus puissante force navale assemblée par les Britanniques depuis la guerre des Malouines en 1982. 

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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