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Le groupe franco-belge Galloo et sa filiale Van Heyghen Recycling (VHR) ont été retenus pour déconstruire l'ex-Bouvet, un ancien escorteur d'escadre de la Marine nationale servant depuis de nombreuses années de brise-lames à Lorient. Alors que les services de l'Etat et les industriels organisent les modalités du transfert de la coque, celle-ci sera remorquée en Belgique pour être démantelée. VHR dispose à Gand d'un chantier spécialisé, où a notamment été remorqué fin avril le Tellier, auparavant exploité par GDF Suez. Le vieux méthanier devrait donc être prochainement rejoint par le Bouvet. Depuis l'ex-porte-avions Clémenceau, parti en 2009 aux chantiers britanniques Able UK d'Hartlepool, l'ancien escorteur d'escadre, long de 128 mètres, sera le premier grand bâtiment de la marine française à partir à la déconstruction. L'ex-Bouvet à Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) Mis à l'eau à Lorient en 1953 et admis au service actif trois ans plus tard, le Bouvet était l'un des 18 escorteurs d'escadre du type 47 et du type 53 construits par la France avec l'aide du plan Marshall. Comme trois autres T47, les Kersaint, Dupetit-Thouars et Du Chayla, il fut refondu au début des années 60 en bâtiment de lutte antiaérienne, son armement principal étant constitué d'un système américain Tartar (missiles SM1-MR). Cet équipement est d'ailleurs toujours en service puisque, si le Bouvet a été désarmé en 1982, son Tartar a été envoyé aux Etats-Unis pour modernisation puis installé sur la frégate antiaérienne Cassard, entrée en service en 1988 (celui du Kersait fut quant à lui installé sur le Jean Bart, opérationnel depuis 1991). La coque de l'ex-Saône à Toulon (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) La Saône, la Dives et l'Argens en attente à Toulon On notera que d'autres vieux bâtiments de la Marine nationale sont en attente de démantèlement. D'ici la fin de l'année, le marché de la déconstruction des ex-Saône, Argens et Dives devrait être notifié. En attente à Toulon, la coque de l'ancien pétrolier-ravitailleur (1939 - 1981), ainsi que celles des deux ex-bâtiments de débarquement de chars, construits dans les années 60 et désarmés en 1985 et 1986, sont dans un piteux état. Il parait donc difficile de les remorquer vers un chantier lointain. C'est pourquoi une déconstruction locale est envisagée, avec des projets d'implantation d'un site spécialisé au port de Brégaillon. Rien n'est pour autant acté à ce jour. Pour mémoire, des dizaines d'autres coques doivent être déconstruites dans les prochaines années. Suite à l'affaire du Clémenceau, la marine a mis en place des procédures extrêmement précises pour ces marchés, avec trois exigences principales : La sécurité des personnels sur les chantiers, le respect de l'environnement et la traçabilité des matières polluantes. L'Argens en 2009 (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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