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Après trois jours d’escale, le porte-hélicoptères britannique HMS Ocean a appareillé hier de Toulon pour se positionner au large de l’île de Beauté. En compagnie du transport de chalands de débarquement HMS Bulwark et du bâtiment de projection et de commandement français Dixmude, le navire amiral de la Royal Navy va participer à l’exercice Corsican Lion. Ces manœuvres franco-britanniques sont organisées dans le cadre de la constitution d’une Combined Joint Expeditionary Force (CEJF).

 

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© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE

Le HMS Ocean quittant Toulon (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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© ROYAL NAVY

Le HMS Bulwark et un BPC français (© : ROYAL NAVY)

 

Montée en puissance du concept de corps expéditionnaire binational

Ce concept de corps expéditionnaire franco-britannique a vu le jour dans le cadre des accords de défense de Lancaster House, signés à Londres en novembre 2010. Depuis, les forces armées françaises et britanniques ont renforcé leur coopération et s’entrainent régulièrement afin de permettre la montée en puissance progressive du CEJF et, dans le futur, pouvoir mener de manière totalement intégrée des opérations militaires à l’étranger.

 

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© MARINE NATIONALE

Exercice Corsican Lion en 2012 (© : MARINE NATIONALE)

 

Comme c’est le cas pour les forces aériennes et terrestres, les marines des deux pays ont déjà mené de nombreux échanges et participé à des exercices aéromaritimes ou interarmées de plus ou moins grande ampleur. Le dernier en date, Griffin Rise, remonte au mois de juin, lorsqu’une trentaine d’officiers de la Force aéromaritime française de réaction rapide (FRMARFOR) ont intégré un état-major britannique à bord du HMS Ocean, qui évoluait en mer Baltique. Après cet entrainement de commandement relativement « théorique », Corsican Lion sera l’occasion de réaliser des manœuvres conjointes avec différentes unités et d’importants moyens.

 

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© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

Chaland de débarquement britannique (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : ROYAL NAVY)

 

Une vingtaine d’hélicoptères et des Royal Marines à débarquer

Alors que le Dixmude embarque une dizaine d’hélicoptères de combat et de manœuvre de l’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT), le HMS Ocean compte à son bord 12 appareils, dont des Apache, Merlin, Wildcat et Chinook. Le HMS Bulwark va, quant à lui, pouvoir déployer grâce à ses chalands de débarquement quelques 250 Royal Marines et leur matériel. Un avion de patrouille maritime Atlantique 2, de l’aéronautique navale française, sera également engagé.

 

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© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE

Apache à bord du HMS Ocean (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE

Chinook à bord du HMS Ocean (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Les moyens sont donc importants, même s’ils sont moindres que pour la première édition de Corsican Lion, en 2012, où le groupe aéronaval et le groupe amphibie français, ainsi que le corps expéditionnaire britannique avaient été engagés. Il y avait alors une douzaine de bâtiments, une quarantaine d’aéronefs, environ 4000 marins et aviateurs, près de 1000 hommes de troupe et commandos, ainsi que 111 véhicules.

Le prochain entrainement franco-britannique est prévu au printemps 2016. Baptisé Griffin Strike, il se déroulera cette fois en Atlantique et impliquera des moyens plus conséquents que Corsican Lion.

 

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© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE

Le HMS Ocean en rade de Toulon (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Le HMS Ocean

Mis en service en 1998, le HMS Ocean est, en attendant la livraison des nouveaux porte-avions de la classe Queen Elizabeth, le plus grand bâtiment de combat de la Royal Navy. Long de 203 mètres pour une largeur de 34 mètres et un déplacement en charge de près de 22.000 tonnes, ce porte-hélicoptères est armé par 285 marins, auxquels s’ajoutent 180 personnels pour le groupe aérien. Ce dernier peut comprendre 12 appareils lourds, mis en œuvre depuis les six spots d’appontage du pont d’envol, relié à un hangar par deux ascenseurs. Contrairement aux TCD du type Albion, dont le HMS Bulwark fait partie, ou aux BPC français, le HMS Ocean n’est pas conçu pour les opérations amphibies. Toutefois, même s’il n’a pas de radier, il dispose sous bossoirs de quatre petits chalands du type LCVP pour le transport de matériel et de personnel.

 

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© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE

LCVP sous bossoir (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Ceux-ci sont transbordés sur les LCVP au moyen d’une porte latérale (qui sert également aux manœuvres à quai) et d’une porte arrière pouvant être prolongée par des pontons flottants. Ces portes communiquent avec un garage pouvant loger 40 véhicules, le bâtiment étant dimensionné pour accueillir 500 hommes de troupe (800 pour une courte période). Doté de solides moyens d’autodéfense (trois systèmes multitubes Phalanx, quatre canons de 20mm et des mitrailleuses), le HMS Ocean a pour mission principales la projection aéromobile. Depuis la mer, il peut en effet déployer des troupes au moyen de ses hélicoptères ou mener des raids contre des cibles terrestres avec ses appareils de combat.

 

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© MARINE NATIONALE

Le Mistral français et le HMS Ocean au large de la Libye en 2011 (© : MARINE NATIONALE)

 

Baptême du feu en Libye

Il a, pour ce type d’opérations, connu son baptême du feu en 2011 avec l’intervention militaire en Libye. Aux côtés des BPC français, le HMS Ocean a notamment mis en œuvre les hélicoptères de l’armée de terre britannique, en particulier des Apache, pour attaquer des positions tenues par les troupes fidèles au colonel Kadhafi. Une première pour l’Army et la Navy, qui ont à cette occasion appris à travailler ensemble, à l’image de ce que la Marine nationale et l’ALAT font depuis des années.

 

Apache et Sea King sur le HMS Ocean (© : ROYAL NAVY)

 

Le tandem français avait d’ailleurs été particulièrement efficace en Libye, réalisant 90% des frappes menées par les hélicoptères, contre seulement 10% pour les Britanniques. Une différence qui s’expliquerait par plusieurs facteurs : le manque d’habitude pour ce type d’opération, la mise en œuvre de nouveaux matériels et des règles d’engagement différentes, les Britanniques lançant un raid pour un objectif précis alors que les Français travaillent plutôt par zones d’action, ce qui permet de traiter plus de cibles. 

 

En images : Le HMS Ocean à Toulon

 

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Le HMS Ocean à Toulon mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean à Toulon mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean à Toulon mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean à Toulon mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean à Toulon mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean à Toulon mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean à Toulon mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean à Toulon mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean à Toulon mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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Le HMS Ocean quittant Toulon hier matin (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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