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Un an après le début de sa construction au chantier Socarenam de Saint-Malo, la coque de l’Auguste Bénébig, premier des six nouveaux patrouilleurs d’outre-mer (POM) de la Marine nationale, a été mise à l’eau en fin de semaine dernière. Dès samedi, elle a quitté le port malouin pour être remorquée vers celui de Boulogne-sur-Mer, où Socarenam va assurer son armement. Livrable en 2023, ce bâtiment sera basé en Nouvelle-Calédonie, qui ne compte plus qu’un vieux patrouilleur encore opérationnel, La Glorieuse (datant de 1987), après le retrait du service de La Moqueuse en 2020. L’Auguste Bénébig, ainsi que l’un de ses cinq jumeaux, le Jean Tranape, sont donc particulièrement attendus à Nouméa afin de moderniser et renforcer les moyens navals français stationnés dans ce territoire du Pacifique sud.

Le second POM de la série, le Teriieroo a Teriierooiterai, a vu sa construction débuter en juin dernier à Saint-Malo et devrait lui aussi entrer en flotte en 2023, avec Papeete, en Polynésie française, comme port d’attache. Suivra l’Auguste Techer, destiné à La Réunion, puis à Nouméa le Jean Tranape qui sera donc le quatrième de cette classe. Celle-ci s’achèvera avec les Philippe Bernardino et Félix Eboué, qui seront respectivement basés en Polynésie et à La Réunion. Tous doivent être livrés d’ici la fin 2025.

Le programme POM a pour mémoire été notifié le 24 décembre 2019 par la Direction Générale de l’Armement (DGA) à un groupement constitué de Socarenam et de la société de services CNN MCO. Cette dernière assurera un contrat de maintien en condition opérationnelle de cinq ans après la livraison des bâtiments. La conception a été confiée au bureau d’architecture Mauric, avec lequel Socarenam avait déjà travaillé (ainsi que CNN MCO) pour le précédent programme des trois patrouilleurs Antilles Guyane (PAG).  

Plus grands que les PAG, les futurs POM ont comme eux une coque en acier et des superstructures en aluminium. Longs de 79.9 mètres pour une largeur de 11.8 mètres et un tirant d’eau de 3.5 mètres, ils afficheront un déplacement d’environ 1300 tonnes à pleine charge. Dotés d’une propulsion diesel-électrique, ils pourront atteindre la vitesse de 24 nœuds et franchir 5500 milles à 12 nœuds, pour une autonomie de 30 jours sans ravitaillement. L’équipage sera de 30 marins, avec la capacité d’accueillir 24 passagers.

 

237278 patrouilleurs POM
© MAURIC / SOCARENAM

(© MAURIC / SOCARENAM)

 

Conçus pour mettre en œuvre un drone aérien à voilure fixe ou tournante, ces patrouilleurs commenceront par embarquer un système de mini-drone marine (SMDM) comprenant deux engins légers à voilure fixe DVF 2000 Aliaca (Survey Copter) lancés au moyen d’une petite catapulte et récupérés dans un filet.

Les POM seront par ailleurs équipés d’un canon téléopéré de 20 mm Narwhal (Nexter), ainsi que des mitrailleuses de 12.7 et 7.62 mm. L’armement et les capteurs (notamment la suite radar Kelvin Hughes Mk11 SharpEye) seront gérés par un système de mission Lyncea développé par Nexeya.

Complétant les PAG La Confiance, La Résolue et La Combattante, livrés par Socarenam entre 2016 et 2019, les POM vont permettre d'achever le renouvellement des patrouilleurs stationnés outre-mer. Ils remplaceront les vieilles unités encore en flotte et combleront aussi de longs trous capacitaires dans certains territoires liés au fait que des bâtiments ont déjà été désarmés depuis plusieurs années sans avoir encore été remplacés. Le gain sera d’autant plus appréciable que les nouveaux patrouilleurs offriront des capacités sensiblement accrues.  

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

 

 

 

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