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La cérémonie de mise sur cale du premier des 12 futurs bâtiments de guerre des mines belges et néerlandais s’est déroulée hier au chantier Piriou de Concarneau. Ce programme, connu sous le nom rMCM (replacement Mine Counter Measure), est porté industriellement par Naval Group et ECA Group, réunis au sein de la société Belgium Naval & Robotics. La solution proposée par le tandem français a pour mémoire été retenue en 2019, à l’issue d’un appel d’offres international. Elle est basée sur un bateau-mère de plus de 82 mètres et 2700 tonnes de déplacement à pleine charge spécialement conçu pour mettre en œuvre des drones de surface (USV), des drones sous-marins (AUV), des robots téléopérés (ROV) et des drones aériens (UAV).

Chaque bâtiment pourra embarquer deux USV du type Ispector 125 pouvant être équipés d’un sonar remorqué T-18M ou d’un AUV A-18M pour la détection des mines ; et dans une troisième configuration de ROV SeaScan et K-Ster C pour l’identification et la destruction des mines. Tous ces engins sont conçus et réalisés par ECA, qui les produira dans une nouvelle usine implantée à Ostende, en Belgique. Des USV modifiés pourront quant à eux remorquer une drague. Les bâtiments pourront également déployer des drones aériens Skeldar V-200 (Saab) qui seront employés pour la détection de mines flottantes ou serviront de relais radio pour accroître le rayon d’action des drones maritimes.

 

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© BNR

(© NAVAL GROUP)

 

Naval Group, qui conçoit ces navires, en a confié la réalisation à Kership, sa société commune avec Piriou. Concarneau réalisera intégralement la tête de série, livrable fin 2024 à la Belgique, qui pilote ce programme binational (les Pays-Bas étant quant à eux en charge des futures frégates belgo-néerlandaises). Ce premier bâtiment portera le numéro M 940 et sera baptisé Oostende, en hommage à la bien-connue cité portuaire belge de Flandre, dont il prend le nom en langue flamande (d’où les deux « O »). Le bourgmestre de la ville était d’ailleurs présent à la cérémonie de mise sur cale, aux côtés du chef de la Défense belge, l’amiral Michel Hofman et son homologue néerlandais, le général Onno Eichelsheim, ainsi que Pierre Eric Pommellet, président de Naval Group.

 

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© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

Les deux premiers blocs du futur Oostende (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le second bâtiment verra sa coque produite par le chantier Kership de Lanester, près de Lorient, son armement étant ensuite conduit à Concarneau en vue d’une réception mi-2025 par la marine néerlandaise. Le rythme de production sera ensuite d’une unité tous les six mois, avec des livraisons alternativement à la Belgique et aux Pays-Bas, jusqu’à mi-2030. La troisième unité, qui sera donc pour la Belgique, doit également être produite à Concarneau. Les autres devraient voir leurs coques construites en Europe de l’Est. Elles seront ensuite ramenées chez Piriou pour armement, les équipes de Naval Group se chargeant de l’intégration du système de combat, des capteurs et de l’armement.

Au sein des marines belges et néerlandaises, ces nouveaux bâtiments remplaceront les chasseurs de mines tripartites (CMT) conçues et réalisés dans les années 80 en coopération avec la France. Cette dernière pourrait d’ailleurs rejoindre le programme rMCM, moyennant une adaptation de la plateforme belgo-néerlandaise à un système de drones différent. La Marine nationale va en effet s’équiper d’une solution développée par Thales, dont le premier exemplaire va être livré incessamment.

Nous reviendrons en détail, dans les jours qui viennent, sur le programme rMCM.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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