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Mis en suspens l’an dernier suite à la crise entre Paris et Londres après l’annonce de l’alliance AUKUS et l’annulation du contrat des sous-marins australiens, le programme franco-britannique de futurs missiles antinavire et de croisière (FMAN/FMC) a été remis sur les rails. Vendredi 18 février, la France et le Royaume-Uni ont signé un accord gouvernemental et les contrats associés avec MBDA pour lancer la phase de pré-développement des futurs missiles. « Ces travaux de préparation porteront essentiellement sur le développement coordonné d’un programme de missiles de frappe dans la profondeur et antinavires de prochaine génération. Deux concepts complémentaires de missiles seront évalués, en vue de les rendre opérationnels d'ici la fin de cette décennie : un concept subsonique à signature radar réduite et un concept supersonique fortement manœuvrant. Ces deux concepts répondront aux exigences formulées par la France et le Royaume-Uni et doivent apporter un changement radical dans la capacité des armées à engager des navires, des matériels, des objectifs durcis et des moyens de défense anti-aérienne, à de très grandes distances et dans des environnements de plus en plus contestés », explique MBDA.

Après la brouille diplomatique de 2021, la raison l’a donc emporté. Il s’agit en effet d’un programme stratégique pour les deux pays et leurs industriels, en l’occurrence MBDA France et MBDA UK.

Issu du traité de défense franco-britannique de Lancaster House (novembre 2010), le projet FMAN/FMC a été officiellement lancé en 2017 avec un premier contrat portant sur une étude de concept destinée à sélectionner les solutions les plus prometteuses de missiles répondant aux besoins exprimés par les forces armées des deux pays. A l’issue de ces travaux, menés à parts égales entre MBDA France et MBDA UK, une nouvelle étape débute donc en vue d’une mise en production des nouvelles armes vers 2024/25.

Ce programme a pour but d’assurer la succession des missiles antinavire Exocet et Harpoon en service dans la Marine nationale et la Royal Navy, ainsi que les missiles de croisière aéroportés Scalp EG/Storm Shadow employés par les aviations des deux pays (et à terme le missile de croisière naval – MdCN – français développé à partir du Scalp). Tous ont une durée de vie post-2030, en dehors des Harpoon américains de la marine britannique qui doivent normalement être retirés du service à partir de 2023 (la France a plus de marge puisque le nouveau standard de l’Exocet MM40, le block3C, devrait entrer en service cette année).

L’objectif des deux pays, en réunissant les successeurs de ces différentes armes au sein d’un même programme, est d’obtenir un maximum de communalités entre FMAN et FMC pour réduire les coûts de développement, de production, et de maintenance. Les deux futurs engins ne seront cependant pas les mêmes. A l’issue des études conduites depuis 2017, il semble que Français et Britanniques soient d’accord sur le fait que le futur missile de croisière devra privilégier un très haut niveau de furtivité, ce qui oriente le choix vers un engin subsonique. En revanche, si les Français sont convaincus que le prochain missile antinavire doit être supersonique, les Britanniques estiment qu’une version subsonique mais furtive présente un intérêt, ce qui pourrait déboucher éventuellement sur le développement de deux vecteurs pour le FMAN.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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© MBDA

Ce que pourrait être un FMAN supersonique (© : MBDA)

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© MBDA

Ce que pourrait être un FMC furtif (© : MBDA)

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