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Tout comme leurs homologues en Nouvelle-Calédonie et à La Réunion, les forces armées françaises en Polynésie vont s’enrichir au début de la prochaine décennie de deux nouveaux patrouilleurs d’Outre-mer (POM). Le premier de ces bâtiments, qui feront donc partie d’une série de six unités, doit rejoindre Papeete en 2022. Il remplacera l’Arago, ancien navire hydrographique de 59 mètres et 970 tonnes de déplacement en charge datant de 1991. Après avoir effectué la première partie de sa carrière en Polynésie, il avait rejoint Toulon en 2002 pour être converti en patrouilleur. Exploité depuis la base navale varoise jusqu’en 2011, il avait retrouvé Papeete à la fin de cette même année, afin de compenser partiellement le désarmement des P400 La Railleuse et La Tapageuse.

Avec la livraison d’un second POM pour la Polynésie, prévue en 2024, le trou capacitaire qui perdure depuis cette époque sera enfin comblé. L’Arago sera néanmoins retiré du service dès l’arrivée du premier de ces patrouilleurs de nouvelle génération, précise le commandant des forces armées en Polynésie dans une interview parue hier sur Mer et Marine.

Prévue par la nouvelle loi de programmation militaire, la commande des POM n’est pas encore notifiée. Ces bâtiments devraient être dérivés des trois patrouilleurs légers guyanais (PLG), bâtiments de 61 mètres et 750 tonnes réalisés par Socarenam. Les deux premières unités (La Confiance et La Résolue) sont entrées en service en 2017 en Guyane, le troisième PLG allant être livré en 2019 pour renforcer les moyens navals aux Antilles.

 

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© EMA/FAG

PLG (©  EMA)

 

Ils seront comme leur nom l’indique basés dans les territoires ultramarins, à raison de deux exemplaires en Nouvelle-Calédonie, deux autres en Polynésie française et les deux derniers à La Réunion. Ils permettront notamment de remplacer les derniers P400, La Glorieuse et La Moqueuse, basés à Nouméa, ainsi que Le Malin à La Réunion (où il existe comme en Polynésie un trou capacitaire en matière de patrouilleurs depuis plusieurs années).

Le programme POM permettra de recouvrer le niveau des capacités navales qui prévalait Outre-mer jusque dans les années 2000, et même de l’accroître avec des bâtiments modernes et plus adaptés. Ainsi, la marine disposera en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie d’une flotte homogène constituée, pour chaque territoire, d’une frégate de surveillance du type Floréal, de deux POM et d’un bâtiment multi-missions (B2M). Le même format sera disponible à La Réunion, avec en plus le patrouilleur polaire L’Astrolabe, qui sert durant l’été austral au ravitaillement des bases scientifiques en Antarctique. Quant à la zone Antilles/Guyane, elle comptera deux frégates de surveillance, trois PLG et un B2M.

 

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© MARINE NATIONALE

Frégate de surveillance (©  MARINE NATIONALE)

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© MARINE NATIONALE

B2M (©  MARINE NATIONALE)

 

Des chalands de débarquement de nouvelle génération seront également construits pour renouveler les moyens de la flottille amphibie à Toulon, mais également équiper certains territoires ultramarins : Mayotte, Nouméa, Fort-de-France et Dégrad-des-Cannes. 

On notera enfin que les moyens aéronautiques seront également renouvelés avec pour commencer le remplacement des cinq vieux avions de surveillance maritime Falcon 200 Gardian basés en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. La loi de programmation militaire entérine en effet le lancement du programme AVSIMAR (avions de surveillance et d’intervention maritime), avec une cible finale de 13 appareils en 2030 (pour remplacer également les 8 Falcon 50 de la marine) et une première commande de 7 avions sur la LPM, dont les 3 premiers seront livrés en 2024 et 2025.

 

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© DASSAULT AVIATION

Falcon 200 Gardian (©  DASSAULT AVIATION)

 

Côté hélicoptères, les dernières Alouette III (embarquées notamment sur certaines frégates de surveillance) vont quant à elles être remplacées par des Panther, avant l’arrivée des futurs HIL, développés sur la base du H160 d’Airbus.

 

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© MARINE NATIONALE

Alouette III (©  MARINE NATIONALE)

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