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L'ancien bâtiment de soutien Skredsvik, de la marine suédoise, va reprendre du service pour protéger des navires civils contre les pirates. Il va, ainsi, devenir l'un des plus gros bateaux utilisés pour ce type de mission par une société privée. Racheté par une entreprise de protection basée au Moyen-Orient et conseillée par la société française RVR International, l'ex-Skredsvik va rejoindre la mer Rouge dans les prochains jours. Il sera, notamment, affecté à la protection de navires de commerce dans le golfe d'Aden et, compte tenu de sa taille, pourra mener à bien des escortes de convoi, en complément des moyens militaires déployés sur zone. Car, malgré la mobilisation de nombreuses marines militaires, les besoins sont semble-t-il réels dans le golfe d'Aden : « Les marines tentent de sécuriser le rail mais la surface à protéger est énorme. C'est pourquoi il y a de la place pour des moyens fournis par des sociétés privées », estime-t-on chez RVR International, cabinet en conseil maritime et sûreté maritime. Réduite ces trois dernières années en raison de la présence de nombreux moyens militaires, la pression dans le golfe d'Aden pourrait de nouveau s'accentuer. Car, en plus de la Somalie, des pirates partent également, aujourd'hui, d'Erythrée, et la situation très instable au Yémen fait craindre une nouvelle émergence, depuis ce pays, de candidats aux attaques de navires de commerce. Et le problème dépasse largement le golfe d'Aden, puisque la piraterie se développe aussi sur une bonne partie de l'océan Indien, jusqu'au canal du Mozambique, vers les Seychelles et les Maldives, ainsi qu'au large de l'Inde. Dans ce contexte, les besoins en moyens de protection sont importants et, les marines ne disposant pas de suffisamment d'effectifs pour couvrir cette zone immense, les sociétés privées développent leur activité. Depuis plusieurs années, des équipes de protection constituées pour la plupart d'anciens militaires embarquent sur des navires marchands ou des yachts, afin d'assurer leur protection. Vue de l'ex- Skredsvik du temps de la marine suédoise (© : DROITS RESERVES) Développement d'un outil naval En parallèle, les professionnels du secteur tendent à développer un outil naval. Ainsi, une société française, elle-aussi conseillée par RVR, a récemment acquis un navire de 25 mètres destiné à des missions de protection dans le sud de l'océan Indien. Dans le secteur d'Aden, d'anciens chalands de débarquement suédois ont été repris pour effectuer des escortes. Mais la lenteur de ces unités pousse les entreprises à acquérir, pour les navires de commerce plus rapides, des bâtiments plus gros, comme l'ex-Skredsvik, capable d'atteindre 20 noeuds. Long de 49.9 mètres pour une largeur de 8.5 mètres, ce navire de 375 tonnes en charge a été construit en 1981 et a été versé aux garde-côtes suédois 10 ans plus tard, avant de terminer sa carrière comme navire de support aux plongeurs démineurs de la marine suédoise. Désarmé en 2006, il avait été récupéré par un armateur privé, qui l'a maintenu en très bon état (son sistership, le Stern - ex-Kbv 171 - est en service dans la marine belge. Navire robuste, réalisé en composite avec une certification glace (Ice class1C), il compte deux moteurs Hedemora 16 V de 1647 kW. Capable d'accueillir 35 personnes, l'ex-Skredsvik embarquera une équipe de protection embarquée privée. En dehors des armes emportées par les gardes, il ne devrait toutefois pas utiliser d'artillerie légère (type 12.7mm) montée en batterie, ce qui pourrait poser des problèmes avec la législation internationale, même si certains Etats de pavillon sont plus souples avec l'embarquement d'armes. On notera que ce navire dispose d'une capacité de remorquage, d'une petite plateforme pour les manoeuvres hélicoptère, ainsi que d'embarcations rapides. En dehors du golfe d'Aden, l'ex-Skredsvik pourrait être amené à évoluer dans d'autres secteurs, dans la zone de l'océan Indien, par exemple dans le cadre du transit de navires marchands isolés ou de convoyage de grands yachts.

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