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Le ministère des Armées a dévoilé hier son projet de loi de finances (PLF) pour 2022. Un budget de la défense française qui continue de croître, puisqu’il atteindra 40.9 milliards d’euros l’année prochaine (dont 1.2 milliard provisionné pour les opérations extérieures), contre 39.2 milliards en 2021, 37.5 milliards en 2020 et 35.8 milliards en 2019, première année de l’actuelle loi de programmation militaire (LPM) qui doit s’étendre jusqu’en 2025. « C’est un budget historique au service de la remontée en puissance de nos armées (…) Pour la quatrième année consécutive, notre budget respecte strictement la trajectoire de ressources tracée par le Président de la République dans la loi de programmation militaire. Cela n’avait pas été le cas depuis des décennies », déclare Florence Parly, la ministre des Armées, qui continue notamment, au-delà de l’impérieuse nécessité de moderniser les forces françaises dans un monde de plus en plus dangereux, d’insister sur le puissant levier que représentent les commandes militaires pour l’économie française et l’emploi sur tout le territoire national.

 

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© MINARM

Extrait du document de présentation du PLF 2022 pour le ministère des Armées (© : MINARM)

 

De nombreuses livraisons sont prévues en 2022 pour l’ensemble des armées. Concernant la Marine nationale, le PLF prévoit l’entrée en flotte :

- du second des six sous-marin nucléaires d’attaque du programme Barracuda, le Duguay-Trouin

- de la huitième et dernière frégate multi-missions et seconde de la série dotée de capacités de défense aérienne augmentées (FREMM DA), la Lorraine

- de la seconde des trois frégates du type La Fayette rénovées, le La Fayette

- du premier des quatre bâtiments ravitailleurs de forces (BRF), le Jacques Chevallier (qui était pourtant annoncé comme devant glisser à début 2023 suite à un aménagement du plan de charge des Chantiers de l’Atlantique)

- du premier des quatre modules de lutte contre les mines (MLCM) basés sur des moyens robotisés commandés fin 2020 (huit son prévus)

- de quatre avions de patrouille maritime Atlantique 2 modernisés au standard 6 (six auront été livrés entre 2019 et 2021, huit autres allant suivre d’ici fin 2024)

- de quinze stations navales connectée au nouveau satellite de communication Syracuse IV, la FREMM DA Lorraine allant être la première unité de combat de la marine à mettre en œuvre ce système.

 

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© MINARM

Extrait du document de présentation du PLF 2022 pour le ministère des Armées (© : MINARM)

 

Côté commandes, en revanche, 2022 sera une année beaucoup plus calme pour les forces en matière de gros équipements, si ce n’est pour l’armée de Terre. Pour l’heure, aucune commande de navire n’est mentionnée pour la marine dans le budget de l’année prochaine. Les seules commandes évoquées dans la présentation publique du PLF sont celles de 29 postes d’aide à l’interprétation des images (SAIM), un système d’accès au réseau intranet RIFAN pour les futures frégates de défense et d’intervention (FDI) et 11 nouvelles stations navales de communication par satellite. Il y aura également le lancement en 2022 de la capacité exploratoire pour la surveillance et l’intervention dans les grands fonds marins, avec l’acquisition d’un drone sous-marin (AUV) et d’un robot téléopéré (ROV) capables de plonger jusqu’à 6000 mètres.

 

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© MINARM

Extrait du document de présentation du PLF 2022 pour le ministère des Armées (© : MINARM)

 

Le glissement de certains programmes, comme les nouveaux patrouilleurs océaniques (PO), bâtiments de guerres de mines (BGDM) et bâtiments hydrographiques de nouvelle génération (BH NG), se confirme en tous cas. On notera également qu’il n’est pas fait mention de la commande des six nouveaux patrouilleurs de la Gendarmerie maritime.

Il faut dire aussi que pour soutenir le plan de charge du chantier Naval Group de Lorient, la seconde FDI a été commandée en anticipation dès 2021 au lieu de 2022, s’ajoutant aux commandes déjà notifiées depuis 2019 : le sixième SNA, la première FDI, les quatre BRF, six patrouilleurs d’outre-mer (POM), les six premiers des quatorze engins de débarquement amphibie standards (EDAS), les études du porte-avions de nouvelle génération (PA-NG), le lancement du programme des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de troisième génération (SNLE 3G), ou encore les sept premiers avions de surveillance maritime Albatros, un second prototype de système de drone aérien pour la marine (SDAM) et dix systèmes de mini-drones pour la marine (SMDM), ainsi que de nombreuses petites unités, notamment portuaires, qui ne sont généralement pas mentionnées dans les PLF. S’y ajoutent la modernisation des infrastructures dans les bases navales.

A noter enfin que dans les 23 millions d’euros consacrés par le PLF à la lutte anti-drone, on trouve l’expérimentation en 2022 d’une arme laser à bord d’un bâtiment de la Marine nationale, après une expérimentation à terre depuis le site DGA de Biscarosse cette année du système Helma-P de la société Cilas.

- Voir le site du ministère des Armées pour télécharger le document de présentation du PLF 2022

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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