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Une troisième frégate multi-missions est désormais basée à la pointe bretonne. Il s’agit de la Normandie, qui a rallié hier la base navale de Brest. Elle était partie le 1er juillet du site Naval Group de Lorient, qui l’a construite, et doit être livrée à la Marine nationale dans le courant du mois.

D’ici là, le bâtiment, actuellement armé par un équipage de conduite de 70 marins commandés par le capitaine de vaisseau Jean-Baptiste Soubrier, poursuit ses essais avec à bord de nombreux techniciens de Naval Group et des sous-traitants. Le transit entre Lorient et Brest a par exemple été l’occasion, mercredi, d’effectuer des tirs avec l’artillerie principale, une tourelle de 76mm, ainsi que les deux canons télé-opérés de 20mm dont dispose la frégate. Celle-ci a également enchainé les manœuvres hélicoptère, jusqu’à 3 heures du matin hier, avec un Caïman, type d’appareil qui constituera l’un de ses principaux moyens d’action.

 

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© MICHEL FLOCH

La Normandie arrivant à Brest hier (© MICHEL FLOCH)

 

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© MICHEL FLOCH

La Normandie dans la base navale de Brest hier (© MICHEL FLOCH)

 

Mais la grande nouveauté de la Normandie par rapport à ses aînées réside dans le fait qu’il s’agit de la toute première FREMM à pouvoir mettre en œuvre des missiles surface-air Aster 30. Non seulement elle a comme la précédente unité de cette classe, la Bretagne, reçu au neuvage deux lanceurs Sylver A50, mais elle a en plus vu son système de combat et sa conduite de tir adaptés à ce missile, dont elle sera nativement équipée, avec une dotation pouvant comprendre un panachage de 16 missiles Aster 15 et Aster 30. Le second offre pour mémoire une portée doublée par rapport au premier, permettant d’accroître le volume d’interception d’aéronefs hostiles ou de missiles antinavire assaillants. La Bretagne sera dotée des mêmes capacités à l’occasion d’un futur retrofit. En plus d'améliorer leur propre autodéfense, ces frégates pourront également mieux protéger d'autres navires. 

Les quatre premières FREMM de la série, les Aquitaine, Provence, Languedoc et Auvergne, sont quant à elle dotés de lanceurs Sylver A43, plus courts que les A50 et ne pouvant mettre en œuvre que des Aster 15 (moins longs que les Aster 30).

 

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© MICHEL FLOCH

La Normandie arrivant à Brest hier (© MICHEL FLOCH)

 

Longues de 142 mètres pour un déplacement de 6000 tonnes en charge, les FREMM sont armées par un équipage normal de 123 marins, dont 14 pour le détachement aérien. Elles sont notamment équipées d’un radar multifonctions Herakles, un sonar de coque UMS 4110 et un système remorqué Captas 4 combinant un sonar actif à très basse fréquence et une antenne linéaire passive. Ces moyens de lutte anti-sous-marine sont complétés par l’hélicoptère embarqué, en l’occurrence un Caïman Marine (version française du NH90 NFH) doté d’un sonar trempé FLASH et de bouées acoustiques. Cet appareil peut aussi emporter des torpilles légères MU90, qui équipent également les FREMM (deux tubes sur chaque bord).

Les nouvelles frégates françaises peuvent en plus des Aster mettre en œuvre 16 missiles de croisière MdCN, conçus pour détruire des cibles terrestres durcies situées à un millier de kilomètres. Le reste de l’armement comprend jusqu’à 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, une tourelle de 76mm et deux canons télé-opérés de 20mm Narwhal. S’y ajoutent deux brouilleurs, deux lance-leurres anti-missile et deux lance-leurres anti-torpille. Dans le domaine des opérations spéciales, ces frégates sont par ailleurs en mesure de projeter des commandos, soit par voie aérienne avec leur hélicoptère ou des moyens externes, soit par la mer. A cet effet, les deux niches à embarcations, une sur chaque bord, sont conçues pour accueillir les semi-rigides des commandos marine, ECUME comme ETRACO.

Livrables en 2021 et 2022, les deux dernières unités de la série, les futures Alsace et Lorraine, auront des capacités renforcées en matière de défense aérienne. Elles n’embarqueront pas de MdCN mais verront leur dotation en Aster passer à 32 missiles (voir notre article détaillé sur les FREMM DA).

A Brest, la Normandie, dont l’admission au service actif est prévue en 2020, s’ajoute à l’Aquitaine et la Bretagne. Pour l’heure, sont stationnées à Toulon les Provence, Languedoc et Auvergne. Cette dernière ralliera Brest en 2022 lorsque les futures Alsace et Lorraine auront rejoint Toulon.

 

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© MICHEL FLOCH

La Normandie et l'Aquitaine à Brest (© MICHEL FLOCH)

 

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