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Officiellement mis en service le 26 juin dernier, le Harry DeWolf, premier des six nouveaux patrouilleurs polaires de la marine canadienne, effectue actuellement sa première mission dans les eaux glacées de l’Arctique. Le bâtiment, parti le 3 août de la base navale d’Halifax, sur le littoral atlantique, a mis le cap vers les côtes du Labrador pour s’engager dans le passage du nord-ouest, qu’aucun navire militaire canadien n’a emprunté depuis 64 ans. Ce week-end, le Harry DeWolf se trouvait dans le Dolphin Strait, au large du Nunavut, à peu près à mi-chemin de cette mythique traversée du grand nord canadien.

 

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© MARINE ROYALE CANADIENNE - CPL SIMON ARCAND

Le Harry DeWolf le 21 août dans la baie Crocker (© MARINE CANADIENNE - CPL SIMON ARCAND)

 

Dans le cadre de ce premier déploiement opérationnel, d'une durée de quatre mois, il participe d’abord à la mission Nanook, une opération annuelle de l’armée canadienne visant à surveiller les régions septentrionales du pays (Yukon, Territoires-du-Nord-Ouest, Nunavut et Labrador) et préparer les forces militaires à protéger ces territoires en cas de besoin. Puis, après le passage du nord-ouest, le patrouilleur franchira le détroit de Béring pour partir vers le sud et des eaux plus chaudes. Car c'est un véritable tour de l’Amérique du Nord qu'il a entrepris et son retour en Atlantique se fera via le canal de Panama. Durant ce périple, il doit participer à Carribe, opération conjointe du Canada et des Etats-Unis pour lutter contre le narcotrafic dans l’Est du Pacifique et les Caraïbes.

Construit dans le cadre du programme NPEA (Navires de Patrouille Extracôtiers et de l’Arctique), initié en 2007, le Harry DeWolf a vu son assemblage débuter au chantier Irving d’Halifax en mars 2016. Mis à l’eau en octobre 2018, il a été livré le 30 juillet 2020 à la marine canadienne, qui a multiplié les essais pendant un an, notamment en zones polaires.

Long de 103.6 mètres pour 19 mètres de large, il affiche un déplacement de plus de 6600 tonnes en charge, ce qui en fait le bâtiment de combat le plus lourd réalisé jusqu’ici au Canada. Doté d’une coque brise-glace, il peut naviguer à la vitesse de 3 nœuds dans une épaisseur de banquise allant jusqu’à 1 mètre. Sa vitesse maximale en eaux libres est de 17 nœuds, pour une distance franchissable de 6800 milles à 14 nœuds. L’autonome, très importante, peut atteindre 120 jours. La partie énergie-propulsion comprend quatre diesel-générateurs de 3600 kW chacun et deux moteurs de propulsion d’une puissance unitaire de 4500 kW. S’y ajoutent un propulseur d’étrave pour faciliter les manœuvres et une paire d’ailerons stabilisateurs afin d’améliorer le confort lorsqu'il n'évolue pas dans les glaces.  

L’équipage est de 65 marins, le bâtiment pouvant loger 20 personnes supplémentaires. Doté de différentes embarcations, dont deux semi-rigides de 8.5 mètres capables de dépasser 35 nœuds, l’Harry DeWolf dispose aussi de capacités fret permettant de transporter du matériel, notamment en conteneurs, ainsi que des véhicules. Il peut s’agir de camions pickups ou encore d’engins de types quads et motoneige permettant de déployer des équipes sur la banquise et à terre. La manutention peut s’effectuer au moyen d’une grue d’une capacité de levage de 20 tonnes. 

Equipé de puissants moyens de communication et de surveillance, ainsi qu’un système de combat fourni par Lockheed-martin, ce patrouilleur peut mettre en œuvre un hélicoptère, y compris le CH-148 Cyclone. L’armement est centré sur de l’artillerie, dont un canon télé-opéré de 25 mm BAE Mk 38. On notera que Safran équipe le bâtiment avec une centrale inertielle BlueNaute et un système optronique Vigy Observer. 

Seconde unité de cette série, le Margaret Brooke, mis à l’eau en novembre 2019, a été livré par Irving le 15 juillet dernier. Suivront les Max Bernays, William Hall, Frédérick Rolette et Robert Hampton Gay.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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© MARINE CANDIENNE - CPL DAVID VELDMAN

(© MARINE CANDIENNE - CPL DAVID VELDMAN) 

 

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