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Merci à nos lecteurs de ne pas tenir compte de notre article d’hier sur les nouveaux sous-marins suédois qui, écrit dans des conditions un peu « particulières », comprenait de grosses erreurs, ce dont nous nous excusons.

Saab n’a pas enregistré la commande de deux bâtiments supplémentaires, mais une rallonge budgétaire conséquente, de 510 millions d’euros, pour la construction des deux premières unités du type A26, commandées en 2015 pour un montant de 820 millions. La livraison de la tête de série (qui prendra le nom de Blekinge), initialement prévue en 2022 et qui avait été déjà repoussée à 2024, est maintenant renvoyée à 2027, alors que son jumeau, le futur Skåne, voit son achèvement reporté à 2028 (au lieu de 2023 puis 2025). En fait une renégociation du marché initial, le nouveau contrat signé avec la FMV, l’agence du ministère suédois de la Défense en charge de l’acquisition d’équipements, porte également sur des développements complémentaires, en particulier l’intégration sur l’A26 de la nouvelle torpille de 400 mm Torped 47 développée par Saab.

Toujours est-il que cette réactualisation du programme n’est pas une bonne nouvelle mais un coup dur pour le groupe suédois, qui a repris en 2014 le chantier Kockums de Karlskrona, où la construction du premier A26 a débuté l’année suivante. Cette ancienne entreprise publique était passée sous pavillon allemand en 1999, une évolution qui s’était soldée par une baisse de l’activité et d’importantes pertes de compétences, poussant la Suède à reprendre en main cet outil considéré comme stratégique pour la souveraineté du royaume scandinave dans le domaine naval. La reprise par Saab avait été assortie du lancement du programme A26 et, pour réduire les risques et coûts de développement, combinée avec la refonte de deux des trois sous-marins suédois du type Gotland mis en service dans les années 90. Une stratégie de mutualisation et d’évolution technologique progressive qui n’a manifestement pas été suffisante pour une reprise sereine de la construction de bateaux noirs de nouvelle génération à Karlskrona.

Dans un communiqué, le chef du département naval de la FMV a reconnu que la situation du chantier suédois lorsque les Allemands sont partis était plus grave que ce qui avait été imaginé. Et, par conséquent, sa remontée en puissance et la récupération des compétences nécessaires plus longue et coûteuse que prévu : « L'état du chantier naval était surestimé lors de l'acquisition en 2014. Le travail de reprise de capacité et de modernisation du chantier a d'abord été laborieux. Bien que cela soit maintenant sur la bonne voie, il a été nécessaire de renégocier le contrat. De plus, il existe un certain nombre de commandes supplémentaires qui donneront à l'A26 des capacités supplémentaires, notamment en intégrant la Torped 47, ainsi que des pièces de rechange supplémentaires », explique Patric Hjort. Ce dernier se veut néanmoins confiant quant à la capacité de Saab à mener à bien le programme : « Ils ont supporté les efforts initiaux et s'améliorent au fur et à mesure qu'ils développent leurs compétences. Saab est un fournisseur stratégiquement important qui contribue à une capacité de défense importante, ce qui a été démontré notamment dans les résultats obtenus sur le programme, ainsi que dans les travaux menés pour la refonte à mi-vie de deux des sous-marins du type Gotland ». 

Cet important glissement du calendrier et les surcoûts du programme ne vont cependant pas féliciter le travail des Suédois sur le marché export, où se positionnent avec des déclinaisons de l’A26 sur plusieurs projets internationaux.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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