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Après le Courbet, qui vient de réintégrer la flotte française, la seconde des trois frégates du type La Fayette (FLF) bénéficiant d’un programme de rénovation est maintenant en chantier. Il s’agit du bâtiment tête de série, le La Fayette, sur lequel les travaux ont débuté le 4 octobre, à Toulon, en vue d’une remise en service à l’été 2022. Le Courbet, dont la modernisation avait débuté le 5 octobre 2020, a quant à lui été réceptionné par la Direction Générale de l’Armement le 13 septembre dernier et remis à la Marine nationale, qui multiplie les essais pour s’approprier les nouvelles capacités du bâtiment. Dernière unité concernée par ce programme, l’Aconit verra sa rénovation débuter au second semestre 2022 pour s’achever en 2023.

Grâce à cette rénovation, d’un coût de 400 millions d’euros les La Fayette, Courbet et Aconit, mis en service en 1996, 1997 et 1999, voient leur durée de vie passer de 30 à 35 ans.

Ce chantier porte sur le remplacement du système de combat (le SDI a fait place au SENIT), ainsi que la défense surface-air, la batterie Crotale CN2 d’origine étant débarquée. Deux systèmes Sadral lui succèdent, avec chacun six missiles Mistral 3 à poste. Provenant des anciennes frégates du type F70, ils ont été positionnés sur le toit du hangar hélicoptère, de chaque bord mais légèrement en décalé l’un par rapport à l’autre. Une évolution qui a entrainé l’intégration de nouvelles structures de support dans le hangar. Les installations de lancement des Exocet MM40 sont également modernisées pour pouvoir mettre en œuvre la dernière version de ces missiles antinavire, le Block 3c, qui entrera en service en 2022.

Autre modification majeure de cette rénovation : l’ajout d’une capacité de lutte anti-sous-marine avec l’intégration d’un sonar de coque actif/passif KingKlip Mk2 identique à celui qui équipera les futures frégates de défense et d’intervention (FDI). Dans ce cadre, les équipes de Naval Group ont notamment créé une brèche et supprimé des éléments de structure existants. Un nouveau bloc de coque a été conçu et fabriqué à Lorient afin de pouvoir accueillir l’antenne sonar ainsi que son dôme. Ce bloc a ensuite été soudé sur la carène de la frégate, ce qui a nécessité la reconstruction des éléments de structure environnants. Le dôme sonar, en composite, mesure 5 mètres de long pour 1.5 de large et 1.8 de haut. D’autres améliorations ont été apportées au niveau des capteurs, dont l’installation d’un nouveau système optronique à l’avant de la mâture pour appuyer la conduite de tir radar.

Les bâtiments bénéficient en outre d’importants travaux structurels pour assurer la robustesse et la stabilité de la coque malgré une prise de poids au fil des années (le déplacement augmente encore de 80 tonnes avec cette rénovation).

 

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© FRANCIS JACQUOT

Le Courbet après rénovation (© FRANCIS JACQUOT)

 

Après la réception du Courbet, la DGA note que « le calendrier du projet a été pleinement respecté, malgré la crise sanitaire. Les travaux de rénovation se sont conclus par une phase d’essais à la mer. Ils ont permis de démontrer les capacités de manœuvrabilité du bâtiment malgré l’augmentation du déplacement (plus de 80 tonnes), de confirmer le maintien des niveaux de discrétion acoustique, d’atteindre les objectifs de vitesse maximum mais aussi de valider l’intégration d’un nouveau système de direction de combat aux performances accrues », et souligne « la prouesse technique » que représente « l’intégration physique et fonctionnelle de la capacité de détection sous-marine », précisant que durant les essais, « les performances de ce sonar, le KingKlip Mark II, se sont révélées très satisfaisantes ». 

Ainsi modernisés, ces trois FLF vont pouvoir rester en service jusqu’au début des années 2030 et, ainsi, attendre la mise en service des cinq nouvelles FDI, qui doivent être livrées en 2024 pour la tête de série et, si la commande grecque se confirme, en 2026, 2027, 2028 et 2029 pour les suivantes. Quant aux deux autres frégates du type La Fayette, les Surcouf (1997) et Guépratte (2001), elles feront l’objet d’une modernisation plus succincte qui doit leur permettre de naviguer jusqu’à leur trentième anniversaire. Des travaux essentiellement structurels, le système d’armes n’étant pas modernisé. Le Crotale sera notamment débarqué. Ces deux frégates, aux capacités militaires réduites, seront versées au segment des patrouilleurs hauturiers lorsque les deux premières FDI seront admises au service actif.  

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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